Primaires ou pas primaires ? La droite de gouvernement a toujours eu le don de se poser ces questions existentielles dont ne dépend pas toujours la survie de la mère patrie.

 

Ainsi, le 22 juillet, Gérard Larcher, flanqué de Christian Jacob, président de LR, et de Jean Leonetti, maire d’Antibes et chargé des mêmes primaires, reçoit-il Xavier Bertrand en son bureau sénatorial. But de la rencontre ? Le persuader de participer à ces fichues primaires. Sans surprise, le principal intéressé aurait confirmé ne pas vouloir y participer. Xavier Bertrand est tout ce qu’on veut, hormis benêt.

 

Il est évidemment licite de s’interroger sur cette mode, comme d’habitude venue des USA, au nom d’une prétendue « modernité ». Là-bas, la chose peut certes se concevoir, puisque n’y existent que deux grands partis : démocrates et républicains. Mais ici ? Certes, chaque mouvement doit bien désigner son candidat à la magistrature suprême ; ce qui n’était, jadis, que formalité, quand les mouvements en question étaient dirigés par des chefs incontestés, est désormais devenu infernal sac à embrouilles.

 

Cette désignation se faisait alors en interne, avec vote de militants encartés, à jour de cotisation et avec le maximum d’opacité y afférent. Mais en ces temps de transparence généralisée – autre mode, cette fois venue des pays nordiques et protestants -, il convient d’ouvrir les fenêtres des couloirs aux quatre vents. Résultat ? Une primaire ouverte, qui permet à d’autres formations politiques de venir la parasiter ; tandis que fermée, elle demeure le meilleur moyen pour les minorités agissantes – donc généralement radicales – d’influer en interne sur la désignation du champion. En 2017, c’est Benoît Hamon, au Parti socialiste, qui, fort de son implantation et de ses réseaux organisés, parvient à supplanter le pourtant plus plausible Manuel Valls. Idem pour qui, grâce à d’autres réseaux, ceux d’une partie de la Manif pour tous et des milieux conservateurs, bouscule un autrement plus populaire.

 

Pour résumer, ce système a tout d’une impasse sans entrée ni sortie et qui serait, de plus, en sens interdit. Xavier Bertrand ne s’y est donc pas trompé.

 

Pour tout arranger, il y a ce sondage effectué sous l’égide du CEVIPOF, sondage susceptible d’être pris au sérieux, ayant été réalisé sur un échantillon de près de dix mille Français, alors que ceux qui prévoyaient le triomphe du Rassemblement national aux dernières élections régionales ne reposaient que sur des tranches d’à peine cent citoyens interrogés. Et que dit ce dernier ? Que dans tous les cas de figure, candidature d’Éric Zemmour ou pas, Xavier Bertrand pointerait bon troisième. Mais qu’on ne se réjouisse pas trop vite au RN ou à LREM, sachant qu’il ne serait distancé que de deux points par le deuxième et de quatre par le premier. On pourrait dire que les jeux sont ouverts et que la perspective d’une primaire à droite est plus fermée que jamais… Seulement voilà, des voix de plus en plus nombreuses commencent à prétendre que cette estimation ne serait finalement pas si sérieuse que ça.

 

En attendant le congrès LR de septembre prochain, un membre éminent de ce parti confesse, cité par Le Point : « S’il apparaît que Xavier Bertrand est en mesure de rassembler à l’automne, il faudra se rallier à lui. » Ce sera d’autant plus inévitable que la ligne du futur candidat – entre droite sociale et gauche sécuritaire, pour résumer – est en parfaite adéquation, même si l’immigration s’y trouve oubliée, avec les attentes d’un nombre grandissant de nos compatriotes.

 

Mieux : l’outsider de la droite est centro-compatible, au contraire d’un Laurent Wauquiez, son meilleur ennemi, parti chasser, en vain pour le moment, sur les terres lepénistes. Et il n’est pas sûr que la candidature de vienne chambouler le tiercé électoral.

 

De quoi donner à réfléchir dans l’entourage d’Emmanuel Macron et, surtout, celui de Marine Le Pen.

 

 

 

 

22 juillet 2021

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