Ce mardi 1er décembre marquait l’anniversaire de l’entrée en fonction de VDL, Mme , depuis un an, tout juste, à la tête de la Commission européenne.

Pour l’occasion, la blonde allemande devait tenir une conférence de presse. Dans le respect des gestes barrières. N’ayant pas de glorieux bilan à présenter, et sans doute beaucoup plus à regretter qu’à fêter, elle a préféré l’annuler. Le motif est un agenda trop rempli, a dit son entourage.

Il est vrai que la présidente planche, ces jours-ci, sur une épineuse question. Le Brexit toujours pas réglé ? Le veto de la Hongrie et de la Pologne sur le plan de relance européen ? La Turquie, l’Iran ? Le passage aux énergies propres, l’économie décarbonée, la 5G ? Non. La messe de minuit.

La question est épineuse et l’équation difficile à résoudre. Elle agite les cabinets ministériels, les alcôves présidentielles, les chancelleries aussi, les postes-frontières peut-être : les Européens pourront-ils se rendre à la messe de minuit, moment de grâce cher aux catholiques ?

Hélas, le coronavirus n’a que faire des racines chrétiennes de la France et de ses voisins. La bête sournoise, dissimulatrice et sans gêne, transforme ces fêtes de Noël en casse-tête. Chez nous, déjà, où le Président veut traquer les skieurs en goguette, on multiplie les consignes restrictives : ne pas ouvrir trop grand la bouche, parler à voix basse pour éviter les projections, ouvrir les fenêtres, parquer mémé dans la cuisine et pépé dans les toilettes… Je ne veux pas blasphémer ici, mais j’imagine qu’à ce train-là, on ne va pas tarder à interdire de distribuer la communion aux fidèles autorisés à se rendre à l’église.

La messe de minuit, donc. Comme le disait Vincent Hervouët, dans sa chronique matinale sur Europe 1, « n’ayant guère brillé à Pâques, Ursula von der Leyen veut se rattraper à Noël ». Il est vrai que von der Leyen, bien que médecin, s’est elle aussi lamentablement plantée dans la gestion de la crise sanitaire, si bien qu’« on peut dire qu’au printemps, la Covid s’installait en Europe alors que le vide s’installait au sommet », persifle Hervouët.

C’est jeudi que la Commission rendra ses décisions sur les semaines à venir : remonter les pentes en raquettes, côté français, en télésiège, côté suisse, filer vers l’Autriche ? Il paraît que la presse italienne est dans le secret de la Commission, à défaut d’être dans le secret des dieux. Vincent Hervouët l’a lue pour nous et rapporte : le Corriere della Sera et le Tempo prétendent que, « à défaut d’interdire aux familles les chants, les sapins, les cadeaux, la Commission recommanderait la suppression des messes de minuit dans toute l’Europe ».

Vous me direz qu’au degré d’hystérie où nous sommes parvenus, plus rien ne saurait nous étonner. Il est vrai, pourtant, qu’on a peine à y croire, mais dans ces temps d’absolu ridicule où nous vivons, tout est possible. En effet, dit Vincent Hervouët, « le mystère de Noël a de quoi scandaliser la bureaucratie sanitaire, avec ses bergers qui sont interdits de télétravail, la crèche sûrement pas aux normes, l’âne et le bœuf sans contrôle vétérinaire, et je ne parle pas des rois mages que personne ne mettra en quarantaine. Ramener de l’ordre dans ces traditions doit démanger quelques ultras de la Commission européenne. Pourquoi pas ? D’ailleurs, ça tombe bien, parce qu’à Noël, il faut toujours une dinde. »

Bon anniversaire, Mme Leyen !

2 décembre 2020

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