Charles III oublie que, sans la France, les USA seraient peut-être britanniques…
Le dîner d’État organisé à la Maison-Blanche le mardi 28 avril 2026 n’avait rien d’un simple rendez-vous protocolaire. Dans les salons présidentiels, le roi Charles III a choisi l’arme la plus britannique qui soit, l’humour, pour servir la diplomatie. Ainsi, face au président Donald Trump, devant une assemblée attentive puis hilare, le souverain a lancé une boutade aussi brève qu’efficace. Cependant, derrière cette saillie se cachent de grandes histoires faites de rivalités entre les trônes d’Europe, de conflits mondiaux avant l’heure et d’alliances renversées. La France tient une place majeure comme principal artisan de l’indépendance des États-Unis, à la différence de l’Angleterre.
L’humour britannique
Sa Majesté le roi Charles III, répondant à un propos récent de Donald Trump, déclare avec élégance et malice : « Vous avez récemment déclaré, M. le président, que sans les États-Unis, les pays européens parleraient l’allemand. Oserais-je dire que sans nous, vous parleriez français ? »
Le roi Charles 3 au président Trump :
« Vous avez récemment commenté… si il n’y avait pas eu les États-Unis, les pays européens parleraient allemand. »
« Si ce n’était pas nous, vous parleriez français. » pic.twitter.com/OTxUW8f8D6
— LesNews (@LesNews) April 29, 2026
Cette formule provoque les rires nourris dans la salle, bientôt suivis d’autres traits d’esprit, notamment lorsque le fils d’Élisabeth II dit regretter « que nous, les Britanniques, avons bien sûr tenté notre propre projet de réaménagement immobilier de la Maison-Blanche en 1814 ». Il rappelle l’incendie de l’édifice par les troupes britanniques... Il ajoute, encore, que ce dîner représente « une amélioration considérable » par rapport à la Boston Tea Party de 1773. Autant d'anecdotes qui rappellent que les relations anglo-américaines se nourrissent d’une longue histoire commune, parfois fraternelle, parfois conflictuelle. Pour le président américain, les États-Unis n’ont « pas d’amis plus proches » que les Britanniques, précise Trump.
L’ombre des guerres
La référence la plus probable de cette plaisanterie de Charles III nous ramène d’abord au XVIIIe siècle avec le traité d’Utrecht de 1713, qui affaiblit durablement la position de la France en Amérique du Nord au profit de la Grande-Bretagne. Elle renvoie ensuite, et surtout, à la guerre de Sept Ans, ce conflit que Winston Churchill qualifiera, plus tard, de Première Guerre mondiale et qui opposa, de 1756 à 1763, la France, l’Autriche et leurs alliés à la Grande-Bretagne et à la Prusse. Les combats furent d’une telle ampleur qu’ils s’étendirent bien au-delà de l’Europe, jusqu’en Amérique du Nord, aux Antilles, en Afrique et en Inde.
La Nouvelle-France, non pas celle de Jean-Luc Mélenchon mais cet immense territoire fondé en 1534, s’étendant du Canada à la vallée du Mississippi, se retrouva progressivement submergée par la puissance maritime britannique, malgré son hégémonie terrestre et ses nombreuses alliances avec les tribus amérindiennes. Le moment décisif de cette guerre en Amérique survint en 1759 avec le siège de Québec, où les troupes britanniques du général Wolfe vainquirent celles du marquis de Montcalm. Les deux commandants moururent d’ailleurs durant cette campagne, mais la voie était désormais ouverte à la conquête britannique du Canada. Quatre ans plus tard, le traité de Paris du 10 février 1763 entérina la défaite de la France, qui dut, entre autres, céder le Canada et la plupart de ses possessions continentales en Amérique du Nord à la Grande-Bretagne.
Ainsi, par sa déclaration, Charles III suggérait que si Londres n’avait pas triomphé, une partie de l'Amérique serait peut-être toujours terre française et qu'elle aurait pu faire partie de l’espace francophone, évoluant au fil des siècles sous l’influence de notre pays.
Ce que l’Angleterre oublie de rappeler
Cependant, Sa Majesté omet un élément majeur. Elle oublie de rappeler que sans la France, les États-Unis seraient peut-être restés britanniques. Treize ans après le traité de Paris, les colonies anglaises d’Amérique se soulevèrent contre Londres. Dès 1778, Louis XVI décida de s’allier officiellement aux insurgés et leur fournit de l’argent, des armes et des soldats, dont les noms demeurent encore célèbres par-delà l’océan Atlantique : La Fayette, Rochambeau ou encore de Grasse. En 1781, la victoire de Yorktown fut rendue possible par le blocus naval français, qui empêcha les secours britanniques d’atteindre Cornwallis. Deux ans plus tard, en 1783, c’est aussi en France que le traité de Paris reconnaissant officiellement l’indépendance des États-Unis fut signé.
L’année 2026 marque d’ailleurs le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776, événement que les États-Unis commémorent largement. Ainsi, derrière la boutade de Charles III se dissimule une vérité plus complexe. L’Angleterre a façonné l’Amérique coloniale, la France a contribué à son émancipation et les États-Unis sont nés de cette rivalité européenne, transportée outre-Atlantique.
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37 commentaires
Bien que le rois Charles oublie certaines choses, il n’en est pas moins vrai que M. Mascureau oublie également plusieurs autres. Car il y avait un gentilhomme espagnol du nom de Bernardo de Gálvez qui immortalisa son nom lors de la bataille de Pensacola et qui a contribué de manière significative au triomphe de la jeune nation américaine.
Et en parlant de langues, M. Mascureau sait-il qu’il y a eu un traité appelé le traité de Guadalupe-Hidalgo, datant de 1848? Eh, bien, oui, M. Mascureau, et il signifie que California, Nevada, Utah, Nuevo México, Arizona, Colorado y partes de Wyoming, autrefois mexicaines, elle appartiennent désormais aux États-Unis. Et dans ces territoires on parlait la langue dans laquelle Cervantes écrivit Don Quichotte.
Pour être complet, Charles III a ajouté que « lorsqu’on regarde une carte (des USA), bien des Britanniques pourraient se sentir chez eux, comme d’ailleurs nos cousins et amis Français ». Humour tout Britannique. Mais autant parler histoire à un singe: Trump ne lit jamais rien et est inculte.
Bref, en tout cas c’est bien dommage que la France ait vendu la « Nouvelles France ». Déjà à l’époque, on avait besoin de sous…
Peut-être que Charles III ne vit pas dans le passé, lui !
Comment ont fait les anglais pour garder avec leurs anciennes colonies des relations meilleures que les nôtres ?
Pourtant…
Qu’ils se débrouillent entre atlantistes et qu’ils nous fichent la paix .
Ce » vieux » roi… Un woke pro immigration. Un ami du dangereux Starmer. Deux personnes qui sont en train de » finir » la GB;, un pays où les Britanniques seront très bientôt minoritaires. Aucun intérêt pour ce monsieur.
Bonjour,
Dans les faits, le soutien de la France à la jeune république du Potomac s’est poursuivi bien au-delà de Yorktown et du traité de Paris de 1783. C’est un fait historique méconnu. Je vous invite à consulter mes deux volumes consacrés à ce soutien continu de la France et de ses ingénieurs pendant près d’un siècle, ils sont actuellement en train d’être placés sur le site d’Amazon et seront sous peu proposés à la vente. Faites une recherche sur mon nom. Ma recherche est essentiellement basée sur des sources étasuniennes et révèle ce soutien français continu, incluant une nouvel encadrement militaire (West Point) et les débuts de l’industrie américaine (fabrication en série). La paix entre les États-Unis et la Grande-Bretagne ne sera entérinée qu’avec le traité de Washington en 1871.
Patrick Salin
Le vieux Roi d’Angleterre ferait mieux de s’occuper de l’invasion musulmane sur son propre sol et qui va bientôt le destituer s’il ne meurt pas avant !
Si les pays européens avaient changé de langue à la fin de la deuxième guerre mondiale, ça aurait été pour le russe. L’armée Rouge ne se serait pas arrêtée sur le Rhin.
Rétrospective interessante à remettre dans les mémoires… Merci beaucoup.
Bonne journée
L’anniversaire de la capitulation de lord Cornwallis, le 19 octobre 1781, assiégé dans la citadelle de Yorktown (Virginie) où les vivres et les munitions ne lui parvenaient plus grâce aux lignes de blocus terrestre et naval formées par les ‘ »insurgés » américains et les troupes et navires français, sera magnifiquement célébré dans le » package » (1776, 1778, 1781, 1783) du 4 juillet 2026 sous l’appellation du » 250 ème anniversaire de l’Indépendance des Etats-Unis ».
Les patriotes américains n’ont pas le patriotisme honteux. Eux !
Ce qui est une certitude c’est que sans la France les EU serait Anglais,les EU doivent remercier Louis XVI pour les avoir libéré de l’Anglais,quand au roi d’Angleterre BOF rien à attendre de lui.
En somme, malgré nous autres Français et à cause de certain traité de Paris, de certaine vente de la Louisiane, les Américains, comme le reste du monde, parlent anglais…
Il fallait le rappeler. Merci ! Monsieur de Mascureau.
Oui, absolument, et d’ailleurs de la même façon si ma tante en avait on l’appellerait mon oncle…