[VIVE LA FRANCE] À Chartres, le week-end Henri IV et sa fameuse poule au pot

poule au pot henri IV

C’était il y a tout juste 430 ans. Le 27 février 1594, en la cathédrale de Chartres, celui qui allait devenir le bon roi Henri était sacré roi de France. Il inaugurait alors un règne de paix, de concorde et de réconciliation qui allait rester, pour l’Histoire, une ère de prospérité pour le peuple de France. Un règne malheureusement interrompu par le sinistre Ravaillac, qui l’assassinat et subit le supplice abominable de l’écartèlement, à la hauteur de son crime qui laissa les Français orphelins.

Qu’il nous paraît lointain, ce temps où le peuple aimait son roi et le souverain son peuple. Ce temps où le chef de l’État n’avait qu’un objectif : celui de servir, protéger, consolider et faire durer l’unité nationale. Ce temps où, mêlant les actes aux paroles, le premier des Français promettait après les années de guerres de Religion, de divisions et de disettes, que chaque famille aurait, le dimanche, sur sa table, la joie de partager une poule au pot !

Plat national que cette volaille en sauce, ce volatile de nos basses-cours préféré aux intrigues de la Cour, ce mets simple, copieux et français plutôt que nos rayons de supermarchés et leurs « saveurs du monde » !

À Chartres, la tradition est maintenue, depuis 430 ans : en souvenir du « Grand Monarque » - qui donne son nom à la meilleure table de la ville -, tous les 27 février, au jour anniversaire du sacre dans la belle cathédrale qui valait bien une messe, on sert, sur toutes les tables, sur toutes les cartes, et jusque dans les familles, le plat national de la poule au pot. On soulève le couvercle fumant de la cocotte, d’où exhale un parfum de bonne chère, de bons légumes, de pot-au-feu, sur le lit desquels trône la viande tendre et fondante de la poule d’Henri, mitonnée dans la sauce blanche et farineuse d’un repas assurément heureux.

Heureux comme un règne de paix retrouvée et de concorde revenue. Heureux comme Henri IV et son panache venu de Gascogne. Heureux comme Dieu en France, selon la formule des Allemands quand ils nous désignaient, avant que nous ne leur préférions à notre art de vivre inimitable leur deutsche Qualität.

Alors, ce dimanche, au-delà de Chartres et partout en France, préparons dans toutes les cuisines familiales ce plat de tradition et d’avenir, ce plat de nos élevages et de nos pâturages, ce plat rabelaisien, cyranesque, mousquetaire, en un mot : français !

Iris Bridier
Iris Bridier
Journaliste à BV

Vos commentaires

25 commentaires

  1. Quel charmant article , Madame , sur notre bonne vieille France et ses traditions….elle renaîtra quand nous aurons refermé les frontières à double tour !!

  2. Aujourd’hui, dans notre pays, ce n’est plus la poule au pot qui est à l’honneur, mais le dindon et ce n’est pas une farce. J’ai bien peur que nos agriculteurs vont finir par l’avoir au menu. Courage à eux..

  3. Lorsque les caveaux de St Denis furent saccagés par les Révolutionnaires, Le cercueil d’Henri IV fut ouvert, le roi apparaissant très bien conservé, et fut placé debout appuyé sur un pilier de l’église, avec la mention « Seul roi dont le peuple ait conservé la mémoire ».

  4. « Labourage et patûrage sont les deux mamelles de la France ». A ne pas oublier en ces temps de discorde. Soutien total à nos agriculteurs, ne vous laissez pas enfumer…..

  5. Super sympa l’article…! Mais la poule ne mijote pas dans la sauce blanche…. juste dans le bouillon de légumes qui servira à faire la sauce, avec un peu de farine…. sinon, catastrophe !!!

    Et puis, ce qui manque, c’est surtout un Bon Roi, ou un bon président, ou une bonne Présidente qui s’occupe du bien de tous les Vrais Français !!!
    N’oubliez pas de VOTER le 9 Juin pour commencer à aller dans le bon sens…

  6. « Heureux comme Dieu en France » Merci de nous rappeler cette expression qui me plonge dans un abîme de nostalgie…

  7. La « Poule au Pot » le dimanche oui, c’est délicieux, mais avec la poule française !
    Sûrement pas une poule de mauvaise qualité et en provenance d’Ukraine.

  8. Le meilleur roi de France, père : de la paix civile, la liberté religieuse, la prospérité grâce au précurseur du colbertisme : Sully. Grâce à lui on sait ce qui marche en politique et en économie : le Souverainisme , c’est à dire la Liberté et le Patriotisme. Le contraire de ce qui foire grave : le macronisme. Il est vrai que ce roi sensé, aimant les Français, très bon père, viril, courageux a grandi loin de Paris, en Occitanie. Le 9 juin on vidange le macronisme.

  9. Il y a quelques années je me réjouissais de de la révolution Française avec les conséquences tragique qu’elle avait engendré mais d’avoir proclamé la république mais depuis l’arrivé de Hollande qui a consolidé la gauche dans l’arc républicain qui s’arrête après les centristes et surtout de la Macronie je me pose vraiment la question de la royauté. Un vaste sujet de réflexions.

  10. Henri IV voulait que tous ses sujets dans le royaume puissent « mettre la poule au pot le dimanche ». Celà signifiait qu’après de longues années de guerre civile et de misères, les paysans allaient pouvoir manger de la viande une fois par semaine. C’était en effet un grand réconfort. Il est normal que l’idée et la chose soient devenues si populaires et même légendaires !

  11. Un roi qui aimait et respectait son peuple . Depuis combien de temps n’avons nous plus un seul élu soucieux du peuple , un seul élu qui ne pense qu’à se remplir les poches . Et depuis 7 ans nous avons le pire de tous , celui qui humilie , méprise et sacrifie son peuple . Français réveillez vous cela ne peut plus , ne doit plus durer .

  12. Avec une référence d’excellente et exacte recette l’article eût été parfait. Mais c’est très bien quand même!

    • Cherchez sur internet, mais c’est aussi simple que le pot au feu, la crème et les champignons en plus, lil est vrai hélas que ce genre de plat, tout comme la blanquette. Les ris de veau, etc n’a plus vraiment de place sur nos tables, heureusement dans certaines régions la choucroute, l’alibi, la garbure, la bouillabaisse etc sont encore à l’honneur et résistent au couscous, sushis, pizzas … ! Mais pour combien de temps avant qu’ils ne passent dans l’oubli, les voyages ont changé le goût des gens et je crains que le plat national dans le futur ne soit que couscous.

      • Je vous remercie; je veux dire que la seule chose qui me gêne un peu sur les photos est que la poule est blanche façon cadavre. C’est le pot-au-feu qui veut ça? Pas d’alternative pour la rendre plus « agréable à l’oeil »? Le ris de veau c’est super miam, (même grillé au feux de bois et servi avec des petits pois); mais sa disparition vient du fait que les Français se le paient de moins en moins puisqu’il fiat partie des plus chers morceaux. Bon dimanche.

    • Encore mieux que la poule , la pintade au pot , moins coriace , plus riche en gout . Elle cuit plus vite que la poule , on peut la cuire en même temps que les légumes et pas 2 heures à l’avance . La sauce blanche est très simple : comme une béchamel , mais avec du bouillon de cuisson à la place du lait . Chaque fois , j’ai l’impression de retrouver mon village d’origine :-)

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