Vite, un soutien psy pour l’audiovisuel public, « torturé » par Charles Alloncle
Mardi dernier, les équipes de France Télé et de Radio France étaient à la Scala, la salle parisienne très branchée. C’est Delphine Ernotte qui y tenait la vedette pour « sa première sortie officielle depuis la fin de la vénéneuse commission d’enquête sur l’audiovisuel public », écrit Télérama. Attentif plus qu’un autre à la santé des salariés « choqués, lessivés, blessés » par un tortionnaire nommé Charles Alloncle, le magazine y était et nous fait le récit des horreurs subies par tous ces malheureux. Une cellule de soutien paraît des plus urgentes.
L’objectif de cette réunion « studieuse » portait sur « le rôle – primordial – des médias en temps de guerre informationnelle ». Pour le Français qui s’inquiète du prix de l’essence et pense bêtement au détroit d’Ormuz, Télérama assure qu’en cas de conflit, « les téléspectateurs français plébiscitent leur télé publique, son indépendance et sa fiabilité ». Une donnée qui aurait échappé à Charles Alloncle, dont « l’importance d’un audiovisuel public fort ne faisait guère partie des obsessions […], plus enclin à le dégommer qu’à le défendre ».
« Choqués, lessivés, blessés »
Sans doute près d’appeler le SAMU, les reporters de Télérama rappellent : « Six jours plus tôt, traits tirés, éprouvée, la même [Delphine Ernotte] subissait l’interrogatoire de Charles Alloncle sur les salaires, les relations avec les producteurs, la situation financière du groupe ou l’impartialité supposée de l’information. » Soit, dit le magazine, « un traitement fait de "fake news" et d’exagérations répétées sans relâche », notamment par « les médias Bolloré ».
Reste-t-il des survivants ? Oui, mais dans quel état… Delphine Ernotte, à peine remise de son passage à la question, le dit à ses salariés : « Les interrogations, les mises en cause, les soupçons ont été vécus douloureusement. Je voudrais dire que je connais les blessures que ça a pu causer. » Comme Les Animaux malades de la peste de ce bon La Fontaine, ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés : « Choqués, lessivés, blessés, les salariés sollicités ne cachent pas leur accablement et leur amertume. »
« Le testament de Dati »
Tout cela, nous affirme-t-on, ne repose sur rien. Ce qui a motivé la commission d’enquête ? Oublié depuis longtemps. Les faits et les chiffres avancés par Charles Alloncle ne sont que « fake news », mensonges et manipulations ourdies par l’extrême droite et les médias Bolloré qui se sont attachés les services de Rachida Dati : « "Cette commission, c’est le testament de Dati", s’exclame une figure des médias, considérant que l’extrême droite a dévoyé un outil parlementaire précieux. » On aimerait connaître le nom de la figure en question, mais c’est comme les salaires de France Télévisions : ça ne se dit pas. Toutefois, Télérama l’assure : l’ex-ministre de la Culture « a été la chauffeuse de salle ».
Tout aussi anonyme, un cadre confesse, lui aussi : « Pendant des années, face aux diffamations de CNews ou d’Hanouna, nos chefs nous disaient : "Silence, ne remettons pas une pièce dans la machine." Là, ils ont pris conscience que les attaques n’étaient pas le fait d’individus isolés, mais organisées par un système, qui trop longtemps nous a salis. » Fin limier, c’est finalement Patrick Cohen qui donne la clef de l’énigme : « Dans cette bataille culturelle, le service public est un obstacle à franchir pour les populistes dans leur marche vers le pouvoir.» À moins que ce long plaidoyer larmoyant ne soit le dernier sursaut d’un système cramponné à ses privilèges.
Management toxique et motion de défiance
Christophe Tardieu, secrétaire général de France Télévisions, confie à Télérama : « Cette commission est peut-être l’une des premières dans cette ère de post-vérité où un mensonge répété finit par devenir une vérité. » Quel mensonge ? Celui de la Cour des comptes dont un rapport, en septembre dernier, « étrillait les finances de France Télévisions » ? À moins que ce ne soit la une de L’Humanité qui, en octobre 2025, titrait : « Management toxique et souffrances répétées : un rapport alerte sur les conditions de travail des salariés de France Télévisions » ? On apprenait alors que, « suite à une alerte de la Société des journalistes (SDJ) de France 3 rédaction nationale, le CSE du siège de France Télévisions a[vait] décidé de recourir à une expertise pour risque grave ». Et ça va mieux ?
Pas sûr… On découvre en effet, chemin faisant, que les journalistes de France 3 Île-de-France ont déposé, le 12 avril – soit à la veille du raout à la Scala –, une motion de défiance contre Delphine Ernotte et leur direction. À la question « Accordez-vous votre confiance à Yolaine Poletti-Duflo, directrice régionale, à Christophe Poullain, directeur du réseau France 3, à Delphine Ernotte-Cunci, présidente de France Télévisions, pour garantir la préservation des moyens techniques, la ligne éditoriale, et l’avenir au sein du réseau de France 3 Île-de-France ? », 93 % ont répondu non. On ne sache pas que Charles Alloncle y soit pour quelque chose.
Et encore une facture !
Enfin, pour le contribuable que la chose intéresse, puisque c’est lui qui finance, nous sommes allés regarder les prix de location de la Scala. La grande salle peut recevoir 500 personnes au coût individuel de 90 euros ; si la salle n’est pas pleine, le minimum à régler est de 12.500 euros entre 8 h et 13 h, et 25.000 euros pour la journée jusqu’à 18 h ou la soirée. On imagine que les personnels de l’audiovisuel public sont assez nombreux pour remplir la grande salle, ce qui monte la facture aux alentours de 45.000 euros pour cette journée de calinothérapie. Autre détail : le grand auditorium de Radio France, sur les bords de Seine, dispose de 1.460 places. N’y avait-il pas un petit créneau de libre, en matinée ?
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42 commentaires
C’était quand » l’Abolition des Privilèges » ?
Pour la Gauche , ce n’est valable que pour les gens de sensibilité de droite.
ça me rappelle un vieux dicton : « Quand y en a Poullain, y’en a pour l’autre « c’est le gâteau de France Télévision mais à force de se sucrer je crains qu’ils n’aient du diabète
il fallait bien que quelqu’un dénonce les outrances financières de l’audiovisuel qui vit grassement avec notre argent merci Monsieur Alloncle il va falloir que ces nantis remboursent ce qu’ils ont odieusement volés aux Français.
On espère
Rassurez moi, ils n’ont pas été torturé par ce méchant Charles Alloncle ?
C’est certain, quand on dégoupille une grenade, ça fait des dégâts !
Mme Ernotte, qui se vante d’avoir dirigé des entreprises depuis 30 ans, vient elle et ses sbires de découvrir la réalité explosive !
Au 21ème siècle, une entreprise publique n’est plus un bandit manchot pour engraisser toute la tribu…
Elle doit répondre aux règles de bonne gestion !
Et surtout, tous ces gens-là doivent rendre des comptes aux français, et en payer les conséquences politiques, ainsi que punitives personnelles et financières.
Ernotte et sa tribu ont détruit le service public de l’information, tout se paie !
Une cellule psychologique s’impose d’urgence pour ces victimes traumatisées par l’agression violente de Charles Alloncle.
La commission a fait du mieux qu’elle pouvait pour tenter de clarifier les dérives scandaleuses qui prévalaient au sein de cette institution pour le moins orientée. Ernotte à tout de même proclamé que la France n’était pas décrite et commentée comme elle était mais comme ils voulaient qu’elle soit. Si ce n’est pas un aveu de partialité, alors c’est quoi ? Quant aux dépenses et salaires excessifs, silence radio scandaleux.
En plus ils ont le culot arrogant de prétendre aux fake news et d’inverser la vérité. Ils ne manquent pas d’air en plus de leur mauvaise foi insultante, se croyant intouchables et au dessus des lois.
Ils méritent tous (au moins ceux qui ont été auditionnés) d’être licenciés pour fautes graves.
Merci à nos présidents d’avoir nommé et renommé cette présidente prétentieuse à la tête de l’institution, ça les rend à minima co-responsables du fiasco.
Grand merci à Mr Alloncle et à la commission pour leur excellent travail dont on attend la publication du rapport qui permettra que des poursuites ciblées puissent être engagées.
Dehors… On ne veut plus vous voir.
J’y suis allé une fois…boite classique et pour les neuneus !
Et nous de subir le terrorisme intellectuel et la censure de ce service « publique » qui nous fait les poches !!!
Je voterais bien pour le fait de pouvoir choisir individuellement de ne pas recevoir les chaînes publiques et de ne pas les payer !
Vous ne voudriez tout de même pas que ernotte « ergotte » sur une énième dépense que cette harpie se permet depuis très ( TROP ) longtemps ! ? …
Je suis impatient de voir ce que va devenir la rédaction de cette « commission d’enquête » …
Quand on jouit de tels privilèges ont met un casque lourd et on reste dans la tranchée. Ces gens qui se partagent un butin de 4 milliards devraient se faire petits.
c’est finalement Patrick Cohen qui donne la clef de l’énigme : « Dans cette bataille culturelle, le service public est un obstacle à franchir pour les populistes dans leur marche vers le pouvoir.»
On voit comment – de manière décomplexée puisqu’il s’agit d’en découdre avec les « populistes » – cette caste supérieure s’affranchit de la loi de 1986 sur la liberté de communication qui énonce en son article 43-11 : [les sociétés mentionnées aux articles 44 & 45 de la loi] « assurent l’honnêteté, l’indépendance et le pluralisme de l’information ainsi que l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion dans le respect du principe d’égalité de traitement »
Et – en plus – ils coutent une fortune
Oui, ils sont » choqués, lessivés, blessés et amers », car ils n’ont pas l’habitude de se confronter au réel de leurs actions. Ils ont dû expliquer, tenter de se justifier et ainsi sont devenus involontairement les acteurs d’un spectacle réjouissant pour nous les contribuables. Cependant j’avoue que la dernière représentation de Mme Ernotte m’a terrifié. Elle nous a laissé entrevoir la partie immergée de l’iceberg métaphore de la future guerre décidée par Macron et VDL Et là, je ne ris plus.
Finalement, ils ont eu plus à gagner en quittant canal+ en intégrant le service public où l’argent, nos impôts, ruisselle sans limite sans qu’ils aient à rendre compte jusqu’à cette commission d’enquête de salubrité publique ! J’attends le boycott des émissions entr’autres de Nagui ou Samuel Etienne….
Ahhh ! Ce vilain Bolloré ! Auteur de tous les maux
« grand auditorium de Radio France, …, dispose de 1.460 places », oui mais la salle aurait paru vide. Je me souviens de rideaux dans la salle des Congrès pour obliger les personnes à se rassembler et à faire masse.