Editoriaux - Politique - Société - Table - 7 juin 2017

Ce que veut faire M. Macron en matière de terrorisme est insuffisant et incomplet

Au fil des mois, la liste des attentats islamistes en Europe s’allonge de façon effrayante. Et celle des victimes avec elle. Ce sont désormais des centaines de personnes qui, de Bruxelles ou Paris à Londres et Manchester, en passant par Berlin et Düsseldorf, ont perdu la vie sous les attaques de terroristes fanatisés qui ont juré la perte de nos sociétés. Inféodés à Daech, ils tuent indistinctement dans nos villes hommes, femmes et enfants, pour la plus grande gloire du califat.

Cette guerre, qui sévit au cœur même de l’Europe, a été rendue possible par le laxisme et l’imprévoyance de ceux qui nous gouvernent depuis des décennies. Elle signe le résultat, dans le sang et les larmes de nos compatriotes, de politiques migratoires inconsidérées qui n’ont pas su prévenir le terrible fléau qui pourtant s’annonçait. Elle signe aussi l’échec cuisant des tentatives d’intégration ou d’assimilation de populations qui, bien que nées sur nos sols, instruites dans nos écoles et éduquées à nos modes de vie, font le choix de prendre les armes contre ceux qui les ont accueillies.

Ce phénomène d’une rare violence ne s’arrêtera pas avant longtemps. Il constitue même, pour ceux qui prennent la tête de nos États aujourd’hui, l’un des plus grands enjeux à venir. Il leur appartient donc, au nom du mandat qu’ils ont reçu de leurs concitoyens, de tout mettre en œuvre pour combattre et éradiquer cette peste des temps modernes que constitue le terrorisme islamiste.

Pourtant, à en juger par les mesures annoncées par le nouveau président de la République, Emmanuel Macron, pour lutter contre l’État islamique, le pire reste à craindre. Son programme, dès le début de sa campagne électorale, avait suscité les réserves de nombreux professionnels de la sécurité intérieure qui le jugeaient insuffisant et, surtout, incomplet. À n’en pas douter, la France, aujourd’hui plus que jamais, est particulièrement vulnérable. Ses services de renseignement et de police, à la tâche depuis des mois, n’ont pas les moyens nécessaires pour lutter efficacement contre ce terrorisme d’une forme nouvelle, qui voit des individus fortement radicalisés et déterminés, jusqu’à ne pas craindre de mourir, émerger parfois de nulle part pour semer la mort et la désolation au sein de nos populations.

La guerre qui nous a été déclarée ne sera pas gagnée avec de grandes déclarations vides de sens et de portée opérationnelle, telles qu’on nous les sert actuellement. De même, les leçons de civisme à l’attention de ceux qui nous combattent les armes à la main n’ont aucune utilité, sinon démontrer plus encore notre faiblesse. Ainsi, il faut mobiliser tous les moyens humains et juridiques dont notre pays dispose pour aller traquer, tant sur notre sol, que là où ils se regroupent, s’entraînent et combattent, ces individus porteurs d’une lourde menace pour nos vies, nos institutions et nos sociétés. Il faut également intensifier la lutte contre l’État islamique sur les zones de combat. Renforcer, en matière de lutte antiterroriste, les pouvoirs de nos services de renseignement, en particulier ceux du renseignement territorial. Mettre en place un véritable contrôle aux frontières et écarter les fichés S qui représentent un danger avéré pour la sécurité de notre pays. Enfin, mener conjointement une lutte sans merci contre tous les trafics susceptibles d’alimenter le terrorisme. Le temps n’est donc pas aux interrogations sur l’utilité et la finalité des contrôles d’identité comme certains, à gauche, semblent le penser. Mais bien à une action forte et déterminée pour combattre la barbarie islamiste.

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