Nicolas Tardy-Joubert, conseiller régional sortant en Île-de-France, s’exprime sur les résultats des élections de dimanche et la perspective du second tour

 

Valérie Pécresse est arrivée en tête des élections régionales en Île-de-France, devant Jordan Bardella et le trio des listes de gauche, dans un contexte d’abstention massive et sans le soutien de son aile « conservatrice ». Comment interprétez-vous ce résultat ?

La première « force » politique de France, c’est l’abstention. On peut le déplorer ou se dire que si les Français sont aussi peu motivés pour aller voter, c’est que l’offre, le comportement de nos politiques, les reniements, les trahisons les exaspèrent. En Île-de-France, la présidente sortante Valérie Pécresse est partie favorite. Il est naturel qu’elle arrive en tête. Mais rien n’est joué face à une gauche socialo-écolo-islamo-marxiste. Valérie Pécresse a perdu 180.000 voix entre le premier tour de 2015 et celui de 2021. Quant au RN, il en a perdu, lui, 295.000.

Si je peux qualifier ce mandat de positif sur les sujets qui sont au cœur des compétences de la région comme les transports, les lycées, l’activité économique, la ligne sociétale faite de « en-même temps » portée par la présidente de région n’est désormais plus de nature à rassurer les électeurs d’une droite de convictions. Ses changements d’alliance qui l’ont fait renoncer, sans les remplacer, aux emblématiques élus de VIA, la voie du peuple et du Mouvement conservateur, pour nouer un partenariat avec le Parti radical très ancré à gauche, inquiète nos électeurs et ils ont raison ! Valérie Pécresse s’est macronisée en faisant entrer de très nombreux colistiers ayant porté les couleurs ou prêts à soutenir LREM. Comment voulez-vous que les vrais électeurs de droite s’y retrouvent ?

 

Au second tour, Valérie Pécresse affronte donc le RN mais aussi la fusion des listes EELV-PS-LFI. Le risque n’est-il pas grand de voir la gauche passer ? D’autant qu’on parle d’une gauche tout sauf modérée.

Élus en 2015, avec la droite de conviction, nous voulions mettre fin à 17 ans de gabegie socialiste. Pari en partie réussi si on en reste à une approche gestionnaire. Mais il faudrait que Valérie Pécresse se souvienne qu’elle a gagné à 60.000 voix près, en donnant des gages à l’électorat conservateur. Cela va être difficile de recommencer sans ce vrai rassemblement qu’elle a refusé à la droite conservatrice.

Pendant ce mandat, j’ai eu plusieurs fois l’occasion d’alerter et de dénoncer des dérives sociétales avec les messages destructeurs et militants portés par le CRIPS, Solidays ou ce soutien affirmé aux associations inter-LGBT (environ 25 millions d’euros sur toutes ces actions au cours du mandat).

J’ai finalement été exclu, en décembre 2020, de son groupe Libres, Républicains et Indépendants pour m’être opposé à un vœu appelant à sanctionner la Pologne pour sa résistance en faveur de la défense de la vie et contre le prosélytisme LGBT (vœu initialement proposé par Jean-Luc Romero et Emmanuelle Cosse). Ayant maintenant écarté ses anciens alliés de droite conservatrice, Valérie Pécresse ne peut pas prétendre à quelque soutien de leur part ! Elle doit maintenant faire confiance à ses alliés libéraux-libertaires pour rester en place. Que les progressistes se mobilisent pour la faire élire. Que Saint-Martin, candidat LREM, retire sa liste pour faire un barrage républicain à l’extrême gauche, ou alors qu’ils fusionnent leurs listes, ce n’est pas si difficile à faire !

 

Dans ce contexte, n’avez-vous pas de consigne de vote à donner ? 

Non, chacun discernera ce qu’il doit faire. Je sais que c’est un peu la panique dans son équipe pour draguer le vote conservateur. Ce qui a été dit et partagé par mes collègues ou moi-même sur différents canaux, mettant en avant l’absence d’opposition à la diffusion de contenus pornographiques auprès des jeunes, a été qualifié de « calomnieux » par son exécutif. C’est une négation incroyable de la réalité, un mensonge. Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Nous avons porté les messages auprès de Valérie Pécresse, de ses équipes, des services, pendant ce mandat, sans être entendus, sans volonté de changer les choses en profondeur, pour être finalement remerciés. Dont acte. Nous ne succomberons pas aux sirènes du progressisme.

23 juin 2021

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