Valérie Hayer a encore frappé : elle veut abolir la « vétocratie ». Quésaco ?

Valérie Hayer veut détruire le peu qu'il reste de la souveraineté des États.
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On connaissait l’autocratie, l’aristocratie et, bien sûr, la démocratie. Valérie Hayer, qu’on ne présente plus aux lecteurs de BV, vient d’inventer un nouveau concept : la « vetocratie ». D’emblée, précisons qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle forme de gouvernement qui consisterait à confier le pouvoir aux vétérinaires. Ils ont assez de travail avec les bêtes pour qu’on ne leur confie pas l’espèce humaine.

Mais d’abord un peu de sémantique. Vous l’aurez peut-être remarqué, la plupart des mots formés avec le suffixe « cratie », « crate » (du grec krátos, le pouvoir) ont aujourd’hui une connotation péjorative, négative, à l’exception, évidemment, du mot « démocratie » : plutocratie, gérontocratie, voyoucratie, bureaucratie, technocratie et, évidemment, eurocratie… Dans le domaine sociétal, les féministes inventèrent, jadis, le mot « phallocratie ». En réaction, le regretté Jean Dutourd, de l’Académie française et des Grosses Têtes de la grande époque, fabriqua, dans l’un des ses billets de France-Soir, le très politiquement incorrect substantif « clitocratie ». Comme une sorte de pendant, si l'on peut dire ainsi, au mot plus haut cité. Et, donc, la vetocratie ? Nous y arrivons.

« Stop à l’unanimité en politique étrangère ! »

Dans un tweet, la députée macroniste au Parlement européen rappelle que, sur France Inter, elle est « revenue sur le soulagement que représente le déblocage du prêt de 90 milliards d’euros de l’UE à l’Ukraine ». « Soulagement » est le nom ; « soulager » est le verbe. En effet, ce prêt, garanti par le budget de l’Union européenne (Nathalie Loiseau affirme qu’il est « gagé sur les avoirs russes » ; si elle le dit…), ne sera probablement jamais remboursé. Mais ce n’est pas le sujet et puis ce n'est pas grave ! Valérie Hayer poursuit : « Mais cet épisode est aussi venu rappeler notre fragilité institutionnelle européenne : il est temps de mettre fin à la vetocratie au Conseil ! Stop à l’unanimité en politique étrangère ! » L’épisode, c’est – vous l’aurez compris - le veto du méchant Orbán qui bloquait ce prêt à l’Ukraine, et ce, dans le strict respect des traités européens, rappelons-le. Donc, Valérie Hayer veut changer les institutions de l'UE.

Tiens, c'est drôle, ça. Gabriel Attal, la semaine dernière, en se confessant au Point, affirmait qu'il fallait changer la Constitution française (sans vraiment dire quoi). Valérie Hayer, elle, c'est aux institutions de l'UE qu'elle veut s'attaquer. Pourquoi pas, mais ils devraient se méfier : François Hollande expliquait, en février dernier, que le RN n'était pas dans l'arc républicain, entre autres raisons, parce qu'il voulait modifier la Constitution... Passons.

 

En tout cas, en ces quelques mots, Hayer résume tout le projet d’une Europe fédérale. En effet, cette dame réalise-t-elle ce que signifie ce « Stop à l’unanimité en politique étrangère » qui ressemble au très stupide « Stop à la guerre » ? Le jour où le principe de l’unanimité en politique étrangère – qui se traduit par le droit de veto – sera aboli, cela signifiera, tout simplement, en creux, qu’il n’y aura plus de politique étrangère des États. Et au bout de la politique étrangère, lorsque la diplomatie a échoué, il y a l’intervention militaire. En règle générale, on appelle ça la guerre. La guerre qui « est la continuation de la politique par d’autres moyens », comme l’écrivait Clausewitz. A-t-on vraiment envie de confier à des eurocrates ce redoutable pouvoir d'envoyer nos enfants se faire tuer ?

Derrière ce mot de « vetocratie », dont Mme Hayer semble être très contente d'être l’inventrice, il y a un mot qu'on appelle, depuis des siècles, « souveraineté » : celle des nations, évidemment. Puisque nous en sommes à l'invention de néologismes, nous vous proposons, pour terminer, la « dégageocratie » : le pouvoir de ceux qui entreprennent une vaste politique de dégagisme.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 19/06/2026 à 15:33.

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

75 commentaires

  1. Il y à aussi la Hayertocratie quel drole d’époque pour employer les fin de mot par cratie.

  2. C’est pas avec de tels personnages qu’on inversera le crash de notre pays, dans une année pensez y, pas un politique ayant participé de près ou de loin a de tels gouvernements passés pourra être élus.

  3. La novlangue nous fatigue et n’est là que pour apprivoiser les mougeons qui répètent tout ce qu’ils entendent comme des perroquets !
    Que ces tartuffes se contentent d’apprendre l’immensité du vocabulaire de la plus belle et de la plus complète langue du monde, la nôtre !

  4. Cette dame est dans sa logique totalitaire d’un empire d’extrême droite, pour museler et exploiter les peuples qui ont accepté – par bêtise ou par innocence ? – de se soumettre à son pouvoir.
    Il ne faut pas s’en étonner mais il faut se battre pour notre survie, pour sortir du traquenard europeiste.
    Vive la liberté des peuples ! Sans laquelle la démocratie n’existe pas.

    • Un empire d’extrême droite?? Le socialisme est d’extrême droite maintenant? Il a été nazi,fachiste..oui mais de droite? Non..

  5. Ce n’est pas tant le mot qui me choque que l’idée, cette classe politique est au-dessous de tout, pourtant ils sont tous plus ou moins bardés de diplômes mais manquent de sens pratique et leur carrière est plus importante que le reste. A propos de diplômes un étudiant qui m’est proche étudie dans une école prestigieuse, il entasse des tas de connaissances, bien plus que j’en avais à son âge, mais à son âge j’avais déjà créer mon propre cabinet, on a simplement oublié de lui apprendre à s’en servir, c’est à dire lui apprendre un métier sous prétexte qu’il pourra tout faire sauf sa plomberie évidemment.

  6. Nous avions compris après 2005 et la fin des référendums que votre légitimité ne tient que par inertie et par la force des institutions et de l’appareil d’état détourné au profit d’une caste. Comme la monnaie par ailleurs.

  7. C’est quand même fort de café. On contribue en envoyant de nouveau 90 milliards d’euros à prolonger la guerre et ainsi de détruire encore davantage ce pays que l’Europe devra reconstruire à ses frais. L’Ukraine est insolvable. Donc on paye 2 fois. D’abord en subventionnant le pays et ensuite le reconstruire. On est fous

  8. En tous cas, il y a une « cratie » que l’on n’arrivera malheureusement jamais à supprimer, c’est l’idiocratie…

  9. Il semble que vous ayez oublié la médiocratie : le gouvernement par les médiocres dont un certain E MACRON s’est fait le chantre afin que tous ceux-ci ne lui fassent pas d’ombre et lui permettent, tous les matins, en se regardant dans sa glace, de se dire qu’il est le meilleur, après 9 années de déconstruction de la France.

  10. L’UE coûte à la France 29 Mds et ne lui rapporte que 15 Mds. Rester dans cette organisation est du pur masochisme. FREXIT, vite !!

    • « La cotisation » cette annee 2026 est de 34milliards..sans compter notre part dans la cagnotte ukrainenne 17 milliards..

  11. Je crois que tout le monde a bien compris que les « prêts » à l’Ukraine sont passés par pertes et… aucun profit ! Il faut avouer que Macron depuis 2017 (mon dieu que c’est long !) nous a sorti tout plein de personnes aux idées biscornues, mais au portefeuille bien garn,i qui se moquent que les français doivent se serrer la ceinture afin que l’on balance de l’argent au monde entier, argent qui nous manque sévèrement mais ces gens-là s’en fichent complètement !

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