Editoriaux - International - Politique - 27 août 2019

Une première : trois eurodéputés français en Syrie

Thierry Mariani, député au Parlement européen, dans le cadre de ses activités parlementaires, se rend cette semaine en Syrie avec deux autres eurodéputés français pour rencontrer les autorités politiques, culturelles et religieuses du pays.

Depuis huit ans, ce pays connaît la guerre civile la plus meurtrière du XXIe siècle. Au total, près de 400.000 morts, la moitié étant des pertes civiles.

Ce conflit est complexe, il oppose le régime baasiste de Bachar el-Assad, soutenu par une coalition russe et iranienne, contre une kyrielle de mouvements dont des terroristes islamistes (Armée syrienne libre, Armée libre d’Idleb, État islamique). Depuis 2018, le régime de Bachar el-Assad contrôle les deux tiers du territoire syrien habité, dont le couloir stratégique du pays, ce qui peut laisser présager une victoire des forces loyalistes.

Ancien ministre de Nicolas Sarkozy, aujourd’hui député européen (groupe Identité et Démocratie), Thierry Mariani, veut apporter son soutien au régime dans ce contexte de transition. Contacté par notre rédaction, la veille de son départ, il explique : « Le 28 août prochain, nous assisterons à l’inauguration de la Foire économique de Damas, qui a pour but de préparer la reconstruction du pays. » Il sera accompagné de deux autres parlementaires européens, Nicolas Bay et Virginie Joron (Rassemblement national, groupe Identité et Démocratie au Parlement européen), ainsi que d’Andréa Kotarac, ancien conseiller régional La France insoumise d’Auvergne-Rhône-Alpes. Selon l’ancien ministre, la démarche est inédite car « c’est la première fois que trois députés européens se déplacent en Syrie ». Des rencontres avec les autorités du régime sont prévues et, si cela se confirme, avec Bachar el-Assad en personne.

Thierry Mariani souligne que « selon un récent rapport du Conseil de sécurité, la poche d’Idlib est le plus grand dépotoir de combattants étrangers au monde, cette région compte des éléments terroristes contre lesquels se bat le régime syrien ». Sur les exactions commises par le régime baasiste durant ce conflit, à savoir des bombardements répétés sur des populations civiles et l’utilisation d’armes chimiques, Thierry Mariani veut adopter une position pragmatique : « Dans une guerre, les atrocités sont commises des deux côtés, ce n’est pas simplement des gentils contre des méchants. L’important, maintenant, est de soutenir le pouvoir légal syrien contre le terrorisme islamiste. »

Cette visite parlementaire va pourtant à l’encontre de la position officielle de la France, qui se veut être « un soutien fidèle de l’opposition qui représente la Syrie dans les négociations » (France Diplomatie). Pour Thierry Marianni, cette position n’est pas cohérente : « Nous sommes dans une posture bloquée avec la Syrie, la France condamne le régime de Bachar el-Assad mais se réjouit que le régime prenne part à la lutte contre le terrorisme. »

La poche d’Idleb compterait, par ailleurs, une dizaine de ressortissants français ayant rejoint Al-Qaïda comme combattants. Thierry Mariani tranche : « Le meilleur service que peut nous rendre la Syrie, c’est de régler définitivement ce problème. »

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