Editoriaux - Histoire - Réflexions - Société - 11 décembre 2019

Un Musée du terrorisme, c’est bien. Lutter contre le terrorisme, c’est mieux !

Alors qu’on commémore, ce mercredi, le triste anniversaire de l’attentat de Strasbourg, Le Figaro revient sur le projet de « Musée du terrorisme ». La mission de préfiguration, qui doit rendre ses travaux au premier trimestre 2020, est présidée par Henry Rousso. Historien réputé, ce chercheur au CNRS est spécialiste de la mémoire collective et de la Seconde Guerre mondiale. Il est ou a été membre de nombreux conseils scientifiques de musées, comme le Mémorial de la Shoah ou le Musée de la Seconde Guerre mondiale de Gdansk.

Le 19 septembre 2018, le président de la République avait annoncé la création d’un Musée mémorial dédié aux victimes des attentats. De son côté, le Premier ministre avait déclaré que ce musée serait un « lieu de mémoire et de recueillement, un musée d’histoire ouvert sur l’avenir et un espace de recherche, de transmission et d’éducation pour les adultes comme pour les plus jeunes ». Les objectifs prioritaires de la mission sont notamment de préparer l’appel d’offres pour la construction du musée, de proposer un lieu d’implantation et de réfléchir aux aspects pédagogique, scientifique, mémoriel et institutionnel du projet. Souhaitons qu’il ne tombe pas dans les travers esthétiques et idéologiques à la mode.

Il est certainement opportun de construire un lieu où les générations actuelles et futures pourront se souvenir des victimes des attentats terroristes de ces dernières années et apprendre comment et pourquoi des islamistes – pour les appeler par leur nom – ont assassiné au hasard des innocents dans le seul but de faire parler de leur cause, de susciter la peur et de montrer qu’ils peuvent agir n’importe où, fût-ce avec peu de moyens. Ce musée, sous prétexte de ne froisser personne, s’élargira-t-il à d’autres attentats ? Ce serait mettre sur le même plan les crimes systématiques des terroristes islamiques et l’action d’individus ou de groupuscules isolés, plus ou moins déséquilibrés ou égarés par leurs passions.

Dans tous les cas, il serait inconvenant que le pouvoir instrumentalisât la création de ce musée pour faire oublier ses lacunes et ses faiblesses en matière de lutte contre le terrorisme. Il est bon de manifester des signes de respect envers les victimes de ces actes odieux, mais il est du devoir de nos gouvernants de prendre des mesures efficaces pour les empêcher. Quand on connaît les relations intéressées qu’ils entretiennent avec des pays du Proche-Orient, aux liens ambigus avec le terrorisme, quand on constate leurs réticence à nommer les choses, on peut se demander jusqu’à quel point ils sont capables de protéger les Français.

Il est vrai qu’on trouve des personnes pour qui le terrorisme est légitime ou illégitime, selon qu’il répond ou non à leurs convictions. Lors de son discours inaugural, le nouveau patron des Verts s’est enorgueilli que sa mère fût « porteuse de valise pour le FLN algérien » sans qu’aucun membre du gouvernement ne s’en émeuve. Tous les habitants de l’Algérie, pieds-noirs ou musulmans fidèles à la France, qui ont été les témoins des massacres commis par le FLN apprécieront. Ils aimeraient bien qu’on n’oubliât pas ces crimes qui frappaient à l’aveugle et ressemblaient beaucoup aux attentats perpétrés, partout dans le monde, par l’État islamique.

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