[POINT DE VUE] Hantavirus : une conséquence inattendue du tourisme de masse ?
On croyait savoir que le battement d’une aile de papillon pouvait provoquer un cyclone à l’autre bout du monde. Il nous faudra désormais nous accoutumer à l’idée qu’un ornithologue qui observe des oiseaux rares, dans une décharge en Argentine, puisse respirer des particules de crottes de rat et provoquer un début d’affolement – et peut-être une nouvelle pandémie – sur le Vieux Continent. On a des métaphores à la hauteur de son époque.
Réunions de crise et médecins de plateau
Après le coronavirus, de sinistre mémoire, voici donc venir le hantavirus. Rien à voir, nous assure-t-on : l’un était une bonne vieille grippe (ce que les vilains complotistes avaient cru identifier, il y a six ans), dont la létalité n’était absolument pas préoccupante. Bon. Heureux de le savoir, mieux vaut tard que jamais. L’autre, le terrible hantavirus, affiche un taux de létalité estimé à 40 %, ce qui est objectivement beaucoup plus préoccupant. Rien à voir, mais ce sont malgré tout les mêmes recettes (réunions de crise quotidiennes et pouvoirs publics dépassés)… et probablement les mêmes têtes. Buzyn, Véran et Salomon ne reviendront pas : ils sont, à jamais, associés à la terrible pandémie atroce et à ses campagnes de vaccination soviétiques. Cependant, on commence à voir revenir des médecins de plateau, comme il existe, depuis 2022, des généraux de plateau.
En reviendra-t-on aux attestations qu’il faut se signer à soi-même, aux familles verbalisées sur les plages parce qu’elles ne portent pas de masque, aux contrôleurs de la SNCF ou de la RATP qui préfèrent insulter les mauvais citoyens non masqués que d’oser un murmure pour les fumeurs de shit dans les rames, au café qu’il faut boire debout mais pas assis (ou était-ce le contraire) ? On espère bien que non, mais le degré d’incurie et de coercition d’un pouvoir exécutif à l’agonie est toujours difficile à anticiper. En attendant, de même que la guerre en Ukraine avait brutalement guéri du Covid-19, peut-être le hantavirus mettra-t-il, tout aussi brutalement, un terme à la crise qui gronde sur notre sol.
La mondialisation contagieuse
Au-delà de ces considérations plus ou moins sanitaires, il y a peut-être une chose sur laquelle on ne s’est pas encore interrogé : les conséquences du tourisme de masse. Le navire qui emportait des passagers pour une longue croisière incarne ce que pressentait déjà Levi-Strauss dans l’indépassable Tristes Tropiques : la fin de l’aventure, la fin de l’exploration, la fin de l’expérience individuelle, la fin de la différenciation des peuples et des cultures. Foulé aux pieds par des armées de tongs et de Crocs, le sol de notre Terre en devient indistinctement plat. Et, au lieu de rapporter des souvenirs exotiques et des photographies en noir et blanc, dont l’exotisme seul suffisait à colorer la pellicule aux yeux des citadins, les touristes, devenus un grouillement de souris accros au divertissement, ne rapportent significativement plus, de leur dérisoire usage du monde, que des maladies transmises par les rats. Et puis, quand se déclare le virus, confinés mais pas déconnectés, ils pleurent dans leur cabine, devant la caméra de leur smartphone, pour quémander auprès d’un monde indifférent quelques milligrammes de dopamine. Leurs poumons lâcheront avant leur vanité.
A l’heure où nous écrivons ces lignes, il faudrait être médecin ou voyant (nos spécialistes médiatiques eux-mêmes hésitent entre l’un et l’autre) pour savoir ce qu’il va advenir de cette nouvelle forme de virus. Il est plus mortel, mais il est déjà connu, nous dit-on ; comme si c’était une raison d’espérer. Ce qui est certain, c’est que la mondialisation des hommes, des capitaux, des marchandises et, donc, des voyages n’est pas seulement « heureuse » : désormais, elle est aussi contagieuse.
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75 commentaires
La bonne vieille recette pour détourner l attention des braves gens, sidérés par GAZA par L’agression de l IRAN, par l incompétence généralisée de nos politiques ..au bord de la révolte…une bonne épidémie c est comme une bonne petite guerre, ça maintien le peuple soumis et ça fait gagner beaucoup de sous à certains.
C ‘était pas un gros bateau de croisière .. 500 PAX tout au plus . Busyn l ‘hypocrite a déjà fait son show . Donc on est pas sorti du sable avec cette chouette de mauvaise augure !