Editoriaux - Politique - 3 décembre 2019

Avoir porté les valises du FLN est donc, à EELV, un exemple et un motif de fierté…

On le sait, c’est le passage obligé dans les petites sauteries entre collègues fêtant une promotion – qu’il s’agisse d’un ministère régalien, d’une direction de PME, d’un thèse ou, comme ici, d’un parti politique : il est d’usage, par modestie, de renvoyer tout le mérite au conjoint qui a encouragé et soutenu, aux enfants qui ont supporté, et surtout aux géniteurs qui ont transmis ces précieuses qualités sans lesquelles on-ne-serait-jamais-arrivé-là-où-on-en-est : un père médecin qui a transmis humanité et oubli de soi, une mère professeur de français l’amour des lettres et du travail bien fait, un grand-père avocat le don d’éloquence, une grand-mère paysanne l’endurance et la persévérance…

, nouveau patron de , a donc sacrifié à la tradition lors de son premier discours, le 30 novembre dernier, en remerciant ses parents… de lui avoir « donné le goût de l’engagement et de la désobéissance. […] mon père était fanfariste, ma mère était porteuse de valise pour le FLN algérien et évidemment si je suis là devant vous, c’est un bon mélange des deux, radical et festif ».

Le secrétaire national d’un parti politique français au poids non négligeable, conseiller régional d’Île-de-France, estime donc qu’avoir trahi son pays en guerre, aidé à assassiner des Français, militaires, mais aussi civils, hommes, femmes enfants – acte assez radical, en effet, mais pas très festif, de l’avis des familles des intéressés -, est une qualité. Il est fier d’avoir hérité de ce « goût de la désobéissance » qui a suscité cet « engagement », et le revendique sans complexe – en fanfare, comme papa ! – publiquement. Sans même se demander si, compte tenu des circonstances – le 30 novembre, les corps de nos soldats au Mali n’étaient même pas encore rapatriés -, cet affront « radical et festif » fait à l’armée française ne manquait pas de la plus élémentaire décence.

Il est vrai que Julien Bayou, en Seine-Saint-Denis (c’est là que se tenait le congrès), avait peut-être un public tout acquis. Quelque chose nous dit que cet exemple de désobéissance « parlait » sans doute plus à son auditoire que celui des Chouans pendant les guerres de Vendée.

En dehors des cercles de l’aile dure de la droite, cette déclaration n’a suscité aucune réaction. À peine ici et là fait-on le constat que Julien Bayou est un « activiste marqué à gauche » (La Croix). Vous savez quoi ? On l’aurait parié. Il aime porter les valises, il a ça dans les gènes ? Nul doute qu’il continuera à porter obligeamment, en groom radical et festif, celles de l’ultra-gauche, avec cette pauvre écologie séquestrée à double tour à l’intérieur – quand elle devrait transcender les partis – puisque le « red-green » est à peu près le seul fonds de commerce, la seule chaussure idéologique à son pied qui ne soient pas totalement démonétisés.

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