Editoriaux - Manifestations - Société - 19 janvier 2020

Un millier de pompiers dans la rue : « On est face à la haine, ils veulent tuer du pompier »

Les médias, toutes chaînes d’information confondues, n’en ont guère rendu compte… Ils étaient pourtant près d’un millier de pompiers à manifester dans les rues de , ce vendredi, pour dénoncer les violences qui les prennent quotidiennement pour cible. Un cortège composé de sapeurs-pompiers volontaires et professionnels du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, mais aussi des départements voisins du Grand Est, Vosges et de Moselle. Les pompiers en tête de cortège portaient un cercueil pour rappeler leur crainte qu’un ou une des leurs ne meure au cours d’une intervention émaillée de violences, comme ce fut le cas dans la nuit du Nouvel An.

C’est la première fois, de mémoire de journaliste, que les hommes du feu descendaient ainsi dans la rue pour dénoncer la généralisation des violences les ciblant. « J’ai connu 11 soirs de Nouvel An, et celui qu’on vient d’avoir, c’était le pire », témoigne Michael, sapeur-pompier volontaire, sur France 3 Grand Est. « Si ça continue, il y a aura un mort. Ils attendent ça pour réagir… Nous ne sommes pas là pour nous faire agresser. Il faudrait plus de fermeté de la part de la Justice face à ces agissements. Car on ne fait plus face à des agressions, mais à de la haine : il s’agit de tuer du pompier. »

Un témoignage que corrobore, toujours sur France 3, un collègue de Michael, David, 46 ans, lieutenant sapeur-pompier professionnel : « Les pompiers sont conscients des risques inhérents à ce métier. Ils l’acceptent. Mais les agressions ne sont pas censées faire partie de ces risques… Aujourd’hui, je ne peux plus dire à mes équipes que tout ira bien, qu’il n’y aura pas d’incident. »

Marie, sapeur-pompier volontaire, en est consciente : « On se fait caillasser. On se fait même agresser au couteau par des victimes qu’on vient sauver. Ce n’est pas normal. »

Henri, 65 ans, adjudant sapeur-pompier professionnel retraité, dénonce le laxisme de la Justice : « Il faudrait que quelqu’un qui agresse ne soit pas remis en liberté le lendemain de son agression. C’est une tentative de meurtre. C’est même prémédité ! »

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