Le « nouveau Président », comme il s’est désigné lui-même lors de son discours d’investiture, fourmille visiblement de nouvelles idées pour son « nouveau peuple », comme il a qualifié (aussi) les Français.

Ainsi cette curieuse chorégraphie, dans l’hémicycle du Parlement européen, intitulée « Danse l’Europe » pour fêter la fondation de l'Europe. Une contorsion lente de danseurs désynchronisés, ponctuée d’injonctions lénifiantes et insensées - « Relève-toi et fais quelques pas, tu es face à un rideau de lierre, avec une main écarte le rideau, traverse un long couloir, tu retrouves la cascade… » (sic) - quelque part entre la séance d’hypnose et le cours de yoga pour consultant McKinsey stressé par sa journée de boulot. Pour la députée européenne (MoDem) Laurence Farreng, cette danse place la Conférence sur l’avenir de l’ sous « le signe de la culture ». Cette niaiserie passablement ridicule est donc tout ce que la France peut offrir à l’ en matière culturelle ?

Allez, quand même un point positif pour ce petit spectacle : ce n’est sans doute pas volontaire, mais l’allégorie n’est pas mal trouvée… une partition absurde sortant de nulle part, exécutée - dans tous les sens du termes - par des artistes incapables de jouer à l’unisson. Bref, l’Europe.

Puisque l’ ne fonctionne pas, que les Français la trouvent trop pesante - comme le montre la majorité écrasante que représente, tous bords confondus, l’addition des votes « protestataires » à la dernière présidentielle -, on pourrait espérer en toute logique aller vers moins d'Europe ? Penses-tu ! Soignons le mal par le mal et la fuite en avant. L’ancien peuple a fait une indigestion d’Europe dans le précédent quinquennat de l’ancien Président ? Le nouveau peuple reprendra bien un peu (beaucoup) d’Europe avec le nouveau Président ! Celle-ci va croître en volume - la France soutenue par l’ entrebâille la porte pour l’Ukraine par le biais d’une « communauté politique européenne » - et en pouvoir, puisque Emmanuel Macron, marchant dans les pas d’Ursula von der Leyen, s’est déclaré favorable à la généralisation, pour les prises de décision, du vote à la majorité qualifiée. Le traité de Lisbonne - rentré en France par effraction et par la ruse de Nicolas Sarkozy alors qu’une majorité de Français avait rejeté le traité de Constitution européenne - prévoyait qu’un certain nombre de domaines resteraient soumis à la règle de l’unanimité. Ce champ s’est réduit au fil des années mais il reste encore en vigueur pour la politique étrangère, l’immigration, la justice, la fiscalité… sa totale disparition se rapproche dangereusement. En arrière-fond, il y a bien sûr le débat autour de l’embargo sur le pétrole russe qui rencontre l’opposition farouche de trois États, dont la Hongrie.

Si Emmanuel Macron est fluctuant pour à peu près tout, une sorte de Président Pénélope qui défait, la nuit, ce qu’il a fait, le jour - nucléaire, voile islamique, retraite, baccalauréat -, il est point, un seul, sur lequel, droit dans ses bottes, il a une vision : c’est l’Europe. Il n'a d'ailleurs pris personne en traître, il a prévenu : l’élection présidentielle serait, avait-il affirmé, « un référendum sur l’Europe ». Et son Europe à lui, impossible d'en douter, est fédérale.

Mais pour arriver à ses fins, pourra-t-il réellement faire l'économie d'un référendum ? C'est le dernier (maigre) espoir pour ceux qui sont attachés à la souveraineté des États.

En attendant, aujourd’hui, pour la troisième fois, le drapeau européen flotte seul sous l’Arc de Triomphe, dans une relative indifférence. Les Français s’y sont habitués. Ce serait donc ça, le nouveau peuple au sens où l’entend Emmanuel Macron ? Docile et résigné ?

9 mai 2022

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