Crise diplomatique, réseaux sociaux, « wokisme », cancel culture, mandat Biden… Le conseiller de l’ancien président américain est l’invité de Boulevard Voltaire. Que pense-t-il de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour ? Sont-ils des « Trump à la française » ? Réponses avec Jason Miller…

 

 

 

Vous êtes citoyen américain, spécialiste de la communication et des médias. Vous avez été le porte-parole de Donald Trump en 2016 et en 2020 pendant la campagne présidentielle. Vous êtes le fondateur du réseau social GETTR. Merci d’avoir accepté notre invitation.

Le week-end dernier, les supporters de Donald Trump ont organisé une manifestation devant le Capitole. Selon les médias, elle aurait eu moins de succès que les précédentes. Le mouvement est-il en perte de vitesse ?

 

La plupart des supporters de Donald Trump ne vont plus devant le Capitole car ils savent que c’est une mauvaise idée, après les événements de janvier dernier. C’est donc normal que le mouvement diminue.

 

 

Le personnage de Donald Trump fascine autant qu’il révulse. Qu’est-ce qui vous a séduit, chez lui, et vous a poussé à travailler pour lui ?

 

Donald Trump remettait en cause l’élite et l’establishment. Il représentait vraiment le peuple, contrairement à l’élite politicienne qui se présentait face à lui.

Concernant le deep state, on a une idée de choses très enfouies et cachées. En réalité, les adversaires de Donald Trump se montrent et n’ont pas peur de se montrer au public. Ces oppositions sont visibles.

 

 

Donald Trump a été exclu de Twitter, il a affronté les GAFAM. Que cela révèle-t-il de la société américaine ?

 

Donald Trump a pris le parti de la classe populaire américaine : les travailleurs, les ouvriers, tous ceux qui ont été lésés par les élites politiciennes durant les décennies précédentes. En cela, il s’oppose aux GAFAM qui représentent l’élite des États-Unis.

 

 

Vous avez lancé le réseau social GETTR. Comment comptez-vous contourner la censure des plates-formes Android ou Apple ?

 

Contrairement à Parler, nous avons mis en place, dès le début, une politique de modération très stricte : pas de pornographie, par exemple, ou d’images pouvant inciter au terrorisme. En revanche, nous sommes très attachés à la liberté d’expression sur les thématiques politiques.

 

Parlons un peu de Joe Biden et du retrait des troupes américaines d’Afghanistan…

 

La façon dont Joe Biden a retiré les troupes est un désastre. Donald Trump aurait sans doute fait différemment.

Premièrement, faire revenir tous nos compatriotes américains aux États-Unis, deuxièmement, nos alliés et les personnes qui ont travaillé pour nous, troisièmement, l’équipement militaire et, quatrièmement, faire revenir les militaires.

 

 

L’Australie a rompu le contrat franco-australien d’armement au profit des Américains. Comment aurait agi l’administration Trump ?

 

La manière dont l’administration Biden a traité le contrat franco-australien est à revoir. Sur ce sujet, nous devons tous être alliés contre le Parti communiste chinois. Il aurait fallu voir la France comme un allié pour ne pas la heurter et agir plus efficacement.

 

 

Pour vous, la France est-elle encore un allié des États-Unis ? La Chine est-elle la nouvelle URSS de la guerre froide ?

 

Le combat contre la Chine est celui du prochain siècle, et la France, dans ce combat, est vraiment un allié très fort, car nous n’y arriverons pas tout seuls.

 

 

Aux États-Unis, le mouvement woke considère Donald Trump comme le mal absolu. Le « wokisme » est-il un danger pour les États-Unis et pour l’Occident ?

 

 

Le « wokisme » est très dangereux car il s’attaque à l’identité profonde des personnes : le genre et l’identité. Il est lié à la cancel culture, c’est pourquoi nous avons décidé de créer le réseau social GETTR qui permettra la liberté d’expression politique.

Chez GETTR, nous acceptons tout le monde, même les partisans du mouvement woke.

 

Pensez-vous que Donald Trump se représentera et pourrait être réélu pour un deuxième mandat à la tête des États-Unis ?

 

Sans aucun doute le président Trump se représentera en 2024, il a de bonnes chances de gagner. Ce ne sera peut-être pas contre le candidat démocrate Joe Biden car il a des problèmes de santé. Ce sera contre Kamala Harris ou un autre candidat démocrate.

 

 

Quel est votre meilleur et votre pire souvenir en tant que proche conseiller de Donald Trump ?

 

Le président Trump a de très grandes exigences. S’il vous choisit dans son entourage, vous devez lui apporter des réponses de très haut niveau, même si vous n’êtes pas un expert, c’est un défi !

 

Je retiens qu’il a un très grand sens de l’humour. Lorsqu’on va dans des meetings avec 50.000 personnes, tout le monde est heureux d’être là et nous sommes contents de travailler pour lui.

 

 

La correspondante française de CNN a déclaré qu’il y avait des similitudes entre Éric Zemmour et Donald Trump. On a également vu Steve Bannon rendre visite à Marine Le Pen. Peuvent-ils être considérés comme un Trump français ?

 

Je pense qu’il ne faut pas tomber dans la facilité de dire qu’il y a un Trump français. Ils ont chacun leur charisme. Il faut surtout insister sur leurs particularités pour la France, c’est ce qui compte. On ne doit pas faire du copier-coller.

 

21 septembre 2021

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