La « débannonisation » du trumpisme suit son cours. Et Washington vaut bien une messe : celle de Davos. Fort habilement, le président Trump rentre dans le rang tout en prétendant poursuivre sa révolution contre l’establishment. À Davos, il était censé entrer dans la cage aux lions. Il a été reçu comme une star par l’Allemand Klaus Schwab, fondateur du Forum , lequel a effrontément affirmé que Trump était victime d’interprétations biaisées de la part des médias, se faisant derechef chahuter par son propre public, le même qui a ensuite applaudi Trump. Écume des vagues…

Le New York Times observe que Trump a marqué des points. Les déréglementations et la réforme fiscale lancées par son équipe en 2017 ont relancé l’optimisme des entrepreneurs et la croissance américaine, en parfaite synchronie avec une relance mondiale. Et, finement orchestrées, les stratégies récentes de réinvestissement aux États-Unis de grandes entreprises (chaque jour plus nombreuses à annoncer des gratifications exceptionnelles pour leurs employés) démontrent amplement que l’équipe 100 % establishment qui cornaque Trump a repris les choses en main… à 100 %.

Leur stratégie était simple : relancer l’économie pour sortir Trump en souplesse de ses engagements « populistes ». Pari tenu : l’économie va mieux et permet d’espérer un revirement en souplesse sur l’ et le commerce international.

Avant son départ à Davos, Trump a ainsi proposé de légaliser près de deux millions d’enfants d’immigrants illégaux, soit un million de plus que la semaine précédente, en échange du renforcement des frontières et de la suppression du regroupement familial élargi (après résolution des cas actuels en souffrance, donc dans cinq à sept ans, donc peut-être jamais), accompagnée d’une réforme (et non plus une suppression) des loteries de visas. Et à Davos, Trump a surpris en annonçant sa nette ouverture à une nouvelle discussion sur le Partenariat transpacifique. Il rejoint donc le pack.

Bref, les initiés et voyants de Davos ont compris que le Trump version 2018 n’a rien à voir avec le Trump 2016, ce que les voyeurs et seconds couteaux qui font la claque ont des difficultés à saisir, aveuglés par leur partisanerie : Trump est bien parti pour devenir un « authentique président américain », tout comme le fut Reagan, qui lui aussi avait subi la vindicte de l’establishment avant de fusionner avec lui, réduisant les impôts, surinvestissant militairement, légalisant des millions d’immigrés illégaux en échange d’une réforme de l’ qui ne s’est jamais matérialisée, sous la pression de l’ des chambres de commerce en quête de bas salaires.

La « romanisation » des États-Unis va donc se poursuivre, avec ou sans Trump. L’empire, dont les légions quadrillent la planète, assistées de multiples troupes auxiliaires locales, poursuivra donc son modèle d’affaire. Celui d’une métropole peuplée majoritairement d’un prolétariat acheté par les politiques, qui fera payer tribut à de toujours plus nombreux territoires. Un système Ponzi, en somme, sous le masque de la coopération mondialiste. D’où la réalisation actuelle que l’ et la Russie, insignifiants économiquement mais compétiteurs énergétiques sérieux, n’ont qu’un destin possible : une vassalisation à la saoudienne.

De Davos à Délos, il n’y a qu’un pas…

27 janvier 2018

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