Trump fonce dans la brèche migratoire

Traditionnellement, le « Mexicain illégal » arrivant aux États-Unis était un homme jeune et seul cherchant du travail. Ce dernier, entre les déportations, finissait par réussir à entrer, alimentant un réservoir de résidents « illégaux » qui oscille entre 10 et 20 millions selon les estimations (le nouveau recensement ne permet pas de le savoir), charge à eux de se faire rétroactivement « valider » et, ainsi, faire venir famille et enfants, le cas échéant.

Le même scénario se répète depuis Reagan, Bush, et Obama : une amnistie rétroactive accordée en échange d’une promesse du Congrès de « réparer le système ». La promesse ne se réalisant jamais car tout le monde y trouve son compte…

En premier lieu, les chambres de commerce se satisfont d’une main-d’œuvre taillable et corvéable, et les économistes, dont le milliardaire Steve Forbes, ne manquent pas de répéter que « l’économie latino », fondée sur une nuée de microentreprises familiales, représente un revenu national qui la placerait au 7e rang mondial (soit plus de 2.000 milliards de dollars, selon ses chiffres, repris par le journaliste de la chaîne RT America, Rick Sanchez – à noter que le Mexique, avec la moitié, est au 15e rang).

En second lieu, les démocrates jouent la carte du Grand Remplacement, croyant accumuler ainsi une clientèle captive. Depuis quelques années, certains craignent que, dans de nombreux États (le plus souvent démocrates), l’accolage des listes électorales au fichier des permis de conduire ne soit une faille délibérée facilitant le vote « illégal » (la mission donnée par Trump à son vice-président de vérifier les listes électorales du pays a capoté, faute de coopération des États).

S’ajoute, en troisième lieu, l’intérêt du Mexique, dont les revenus liés à l’émigration au nord (estimés à plus de 20 milliards de dollars) se situent entre ses exportations de drogue et de pétrole.

Bref, jusqu’à Trump, tout le monde fermait les yeux. Si l’on oublie le style outrancier du président, force est de constater qu’il a « vu » le premier que la nature du phénomène migratoire a changé. Car le Mexique et ses voisins d’Amérique centrale (Honduras, Guatemala, Nicaragua, etc.), qui ressemblent de plus en plus à des « narcocraties », facilitent ou organisent massivement les migrations tout en se faisant subventionner par Washington pour contenir ledit flux migratoire.

Surgit ainsi le drame des « caravanes » à répétition, dont on ignore encore exactement qui les finance et dans quel but. L’on sait, toutefois, au rythme de 100.000 interpellations mensuelles, qu’une tentative de débordement du système est en cours grâce à l’abus d’utilisation de la loi sur le droit d’asile, invoquée aux frontières par nombre de fausses familles aux enfants loués : la présence d’un enfant garantit de jure le maintien sur le sol américain, en attente d’un rendez-vous avec un juge. Les « familles » disparaissent avant et rejoignent le réservoir de l’immigration illégale.

Trump, excédé par la résistance passive de la bureaucratie du Homeland Security (Sécurité intérieure), vient de limoger sa responsable. Et il vient de confier à un membre de son cabinet aux méthodes « netanyahiennes » (Steve Miller) la supervision de sa guérilla contre les juges. Car c’est de cela qu’il s’agit. Faute d’une modification des lois par le Congrès, les juges activistes ne cesseront de bloquer les initiatives de Trump, qui visent – au prix de crises calculées (par exemple, la menace de fermeture de la frontière sud) – à contrer l’alliance objective « trafic humain et frontières ouvertes ». Les Latinos semblent se convertir à Trump dans un récent sondage (Marist), et bien plus vite que les WASP ! Comme quoi…

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