[TRIBUNE] Le crépuscule du mythe antifa

Trois anciens présidents de la Cocarde étudiante évoquent les violences des antifascistes dont ils ont été témoins.
Manifestation antifa à Paris le 24 juin 2013. 
Capture écran BFMTV.
Manifestation antifa à Paris le 24 juin 2013. Capture écran BFMTV.

Autrefois mythe absolu, la mort de Quentin D., par les réactions politiques et médiatiques qu’elle a suscitées, sonne comme la première fissure dans le récit sacralisé de l’antifascisme.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la victoire sur le fascisme constitue le mythe fondateur sur lequel nos sociétés ont bâti leur consensus moral et social. Mais derrière cette façade, l’antifascisme apparaît, en tant qu’idéologie, bien éloigné d’un imaginaire véritablement démocratique.

Après chaque agression revendiquée par des antifas, on entend, dans une partie de la droite, que les antifas seraient « les vrais fascistes ». Certains accusent les gauchistes d’être eux-mêmes fascistes au motif qu’ils recourraient à la violence ou refuseraient le débat. Depuis le drame, on entend également à gauche que la Jeune Garde aurait dévoyé la cause par ses méthodes violentes. Des eurodéputées comme la macroniste Valérie Hayer ou la socialiste Chloé Ridel ont dénoncé l’usage de « méthodes fascistes ».

Cette rhétorique est logique dans la bouche de la gauche, mais elle constitue un but contre son camp lorsqu’elle est reprise par la droite. Elle procède d’un postulat simple : le mal absolu se situe à l’extrême droite, laquelle contaminerait toute la droite, et plus on s’en éloigne, plus l’air deviendrait respirable. C’est le principe de la « fenêtre d’Overton » : à la droite de la droite se trouverait le mal absolu et, par extension, le discours le plus acceptable serait celui qui se situe à son opposé.

Qui n'est pas antifasciste serait fasciste

Contre le fascisme, tout serait donc permis, parce que le fascisme incarnerait le mal. Et celui qui s’oppose aux méthodes antifascistes deviendrait, par glissement, un allié des fascistes, voire un fasciste lui-même. D’ailleurs, ce sont les antifas qui désignent le fasciste : leur référence intellectuelle, Jean-Paul Sartre, disait que c’est l’antisémite qui fait le Juif.

Mais cette rhétorique est en soi profondément biaisée. L’antifascisme ne serait pas une simple opposition à une idéologie qui n’est, en réalité, qu’un souvenir historique. Non, l’antifascisme est une idéologie à part entière, structurée comme une méthode d’activisme violent. Il puise ses racines simultanément dans le communisme et l’anarchisme, deux doctrines que l’on ne saurait qualifier de pacifistes.

Bien avant la mort de Quentin, l’antifascisme a été marqué par des attaques violentes, voire des attentats. L’Observatoire des violences politiques a notamment rappelé qu’en 1925, des antifas avaient attaqué, armes à la main, une réunion des Jeunesses patriotiques, tuant quatre personnes et en blessant une quarantaine.

Dans le reportage antifa Antifa, chasseurs de skins, les antifas racontent eux même comment, via SOS Racisme, le Parti socialiste finançait des bandes antifas pour faire des descentes nocturnes et tabasser ceux qu’ils auraient identifié comme « fascistes ».

D’ailleurs, définir que le fascisme est l’inventeur de la violence politique relève d’un contresens historique. La gauche possède sa tradition de violence : de la Terreur sous la Révolution française aux goulags soviétiques, que l’on ne saurait pourtant qualifier de fascistes.

La mort de Quentin, simple fait divers ?

Mais si la gauche accuse aujourd’hui son aile radicale de dévoyer l’antiracisme, ce qu’elle ne faisait pas lorsque des antifas tabassaient des militants de droite sans qu’il y ait de morts, les antifas, dans la pure tradition antifasciste, adopteraient une autre stratégie : déshumaniser l’ennemi.

La mort de Quentin ne serait pas, dans ce cadre, un événement politique majeur mais un simple fait divers : la mort d’un fasciste serait regrettable, du moins dans le discours public, mais ne constituerait qu’un détail dans la lutte contre la résurgence supposée du fascisme. Mediapart affirmerait ainsi qu’il était au C9M, en désignant un individu de dos, méconnaissable. Il deviendrait donc un néonazi ; sa mort ne serait plus un sujet. Pour Le Canard enchaîné, une vidéo tronquée aurait démontré qu’il s’agirait d’une attaque fasciste contre des antifas, lesquels auraient donc eu le droit de « se défendre » à vingt contre trois et de terminer un homme à terre à coups de pied.

Puisque la violence politique serait le propre du fascisme, il deviendrait logique que ceux qui auraient attaqué les antifas, lesquels se revendiquent évidemment de « l’autodéfense populaire », soient les « fascistes ».

Nous avions déjà subi ce procédé en 2018, à Tolbiac, lorsque quelques militants de la Cocarde s’étaient rendus à une assemblée générale pour voter contre le blocage de la faculté. Repérés par des antifas et en sous-nombre, les patriotes ont dû quitter les lieux sous les coups, tout en se défendant. Le lendemain, dans Mediapart, il aurait été question d’une « descente fasciste » pour le simple fait d’être venus et de s’être défendus. Même scénario à Nanterre : on reprocherait à notre camarade Pierre-Romain Thionnet, ancien secrétaire général et actuel député au Parlement européen, d’avoir été présent avec des militants lors d’élections étudiantes à Nanterre, lorsque des antifas seraient venus les attaquer. Se défendre face aux antifas deviendrait déjà, dans ce récit, une violence fasciste.

L'antifasciste, un mythe qui s’effrite

Mais aujourd’hui, le mythe s’effrite. La mort de Quentin aura montré, aux yeux de nombreux Français, ce qu’est réellement l’antifascisme : un mythe désuet, un instrument politique, un récit mobilisateur au service d’une bourgeoisie de gauche. La minute de silence à l’Assemblée nationale a démontré qu’il ne sera plus aussi simple de désigner un opposant à la vindicte en le qualifiant de fasciste. Le nouvel écosystème médiatique de droite a également contribué à cette évolution.

À nous, désormais, de rendre hommage à Quentin, de montrer ce qu’est réellement la mouvance antifasciste, de contester sa légitimité et de la diaboliser.

 

Par Luc Lahalle, Quentin Limongi et Vianney Vonderscher, anciens présidents de la Cocarde étudiante

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 28/02/2026 à 23:55.

Vos commentaires

14 commentaires

  1. Déclaration de Churchill (qu’on ne peut accuser d’avoir été fasciste), je cite : « Les fascistes de demain s’appelleront eux-mêmes antifascistes ».

  2. « ..un récit mobilisateur au service d’une bourgeoisie de gauche ».
    Sont-ce les enfants de S Royale, des maires de Lyon, Bordeaux et Nantes ou Souchon etc etc etc???

  3. C’est quant même intolérable d’entendre les médiats publiques alliés à l’extrême gauche ensemble qui traitant les drames humains comme celle de Quentin Demanque sans oublier les multiples assassinats de horribles de lola en passant par le meurtre de Philippine et tant d’autres comme le professeur Paty et Dominique Bernard comme simple fait divers.

    • @Olaf

      En faisant passer les crimes que vous avez cités pour des faits divers, la gauche ne veut pas que soient remises en questions les politiques qui ont abouti à ces crimes. Ces crimes sont des « dommages » collatéraux devant être acceptés ou considéré comme inévitables… Tout être rationnel finit par s’interroger sur le pourquoi du comment. Les idéologues en sont incapables ou refusent de le faire et diabolisent ceux qui posent des questions et font part de leur réflexion.

  4. Les soi-disant antifas ne seraient rien sans leurs relais dans les médias. L’extrême gauche a toujours défendue des intérêts étrangers, ils sont instrumentalisés par nos ennemis.

  5. Entre la dangerosité des brutes d’extrême droite et celle des brutes d’extrême gauche il y a autant de différence qu’il y a entre un brochet et un requin! Quand Aubry et Panot disent qu’il y a des antifas c’est parce qu’il y a des fachos, et que tant qu’il y aura des fachos il y aura des antifas, la boucle est bouclée. Car s’il n’y a plus de « fachos » les antifas perdraient leur raison d’être… Pour justifier leur raison d’être et lzeurs exactions à venir, les « antfas » ont besoin de « fachos »… Certains rares pompiers aiment tellement combattre les incendies, qu’ils en allument pour avoir l’éteindre. les « antifas » d’opérette sont tellement endoctrinés qu’ils sont en roue libre.

    • Indéniablement le requin de gauche est infiniment plus dangereux et parfois mortel pour l’homme que ne peut l’être le brochet pour le gardon de nos rivières. Comparer nos gauchistes à ces magnifiques prédateurs me semble insultant pour le monde animal.

  6. Les sections d’assaut du gourou de la secte LFI , bénéficient du privilège rouge , le pouvoir et les juges regardent ailleurs , ils cherchent les groupuscules d’extrême droite avec une loupe ou un microscope , et à la moindre banderole déployée par quelques personnes , foncent dessus avec la maréchaussée républicaine .

  7. « Contre le fascisme, tout serait donc permis, parce que le fascisme incarnerait le mal. » Non ! Le fascisme « n’incarnerait » pas le mal car le fascisme c’est le mal.
    Le problème c’est que la gauche prend prétexte de ce fait objectif pour dissimuler que fascisme et socialisme sont les deux faces d’une même pièce. Cette dissimulation lui permet de se faire passer depuis toujours comme le défenseur de la veuve et de l’orphelin et des opprimés de toutes sortes. Et comme il n’y a plus d’opprimés dans les pays démocratiques alors on en invente : les « immigrés » quand bien même seraient ils arrivés en France de manière illégale, les OQTF « victimes » du racisme « systémique » de l’Etat, les LGBT qui vivent leur vie de manière libre en Occident, mais qui seraient eux-aussi « opprimés », par qui on ne le sait pas.
    Ce que les jeunes gens qui ont écrit ce texte ne perçoivent pas, c’est que la gauche a besoin du « fascisme » pour exister. Et comme le fascisme réel a été écrasé le 8 mai 1945, la gauche ne cesse depuis d’en inventer de nouveaux ! Nouveaux étant à écrire au pluriel !

  8. Pour moi les parangons du fascisme étaient Hitler et Mussolini!
    Cesc apelletions sont aujourd’ui galvaudées et incomprises!
    s

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