[TRIBUNE] Fibre Excellence : produire ou disparaître, la France à l’heure du choix
Par Julien Leonardelli, député RN au Parlement européen
Il est des actualités qui dépassent largement le cadre d’un territoire. Les difficultés rencontrées aujourd’hui par Fibre Excellence à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) ne concernent pas uniquement les salariés de cette entreprise, leurs familles ou les acteurs de la filière forêt-bois. Elles posent une question bien plus fondamentale : la France veut-elle encore demeurer une grande nation industrielle ou accepte-t-elle, année après année, de voir disparaître les outils qui fondent sa puissance économique et son indépendance ?
Depuis plus de trente ans, notre pays assiste à une lente érosion de son appareil productif. Les exemples sont malheureusement trop nombreux pour être ignorés. L’industrie textile, autrefois florissante dans des territoires comme l’Ariège, s’est progressivement effacée. Les hauts-fourneaux de Florange sont devenus le symbole des difficultés de notre sidérurgie. Ascoval, dans le Nord, a longtemps incarné les incertitudes qui frappent la filière de l’acier. Plus récemment, Vencorex, en Isère, a rappelé combien notre industrie chimique pouvait elle aussi vaciller. Aujourd’hui, c’est la filière forêt-bois qui se retrouve à son tour fragilisée avec Fibre Excellence. Derrière ces dossiers pourtant très différents se cache une même réalité : la France produit moins, transforme moins et dépend toujours davantage des importations pour satisfaire ses besoins les plus essentiels.
Perte d'emplois et de compétences
Aucune grande puissance n’a jamais bâti son avenir en renonçant à produire. À chaque usine qui ferme, la France perd bien davantage que des emplois : elle perd des compétences, des savoir-faire, des capacités d’innovation et, au fond, une part de sa liberté de décision.
Le cas de Fibre Excellence mérite d’être compris pour ce qu’il est réellement. L’usine de Saint-Gaudens ne fabrique pas un produit anecdotique. Elle produit près de 280.000 tonnes de pâte à papier par an, matière première indispensable à la fabrication des emballages en carton, des papiers d’impression, des produits d’hygiène et de nombreux articles du quotidien. Elle emploie près de 280 salariés et génère plus de 5.000 emplois indirects dans les secteurs du transport, de la sylviculture, de la logistique, de la maintenance et de l’exploitation forestière. Elle participe également à la valorisation de notre ressource forestière grâce à l’utilisation de bois issus principalement d’éclaircies et de sous-produits de scieries locales. Lorsqu’un site de cette importance vacille, ce n’est pas une entreprise isolée qui est menacée, c’est tout un écosystème économique qui se trouve fragilisé.
L’espoir suscité par la perspective d’une reprise doit naturellement être salué. Les salariés ont besoin de visibilité et notre territoire a besoin de stabilité. Pourtant, il serait illusoire de considérer cette affaire comme un simple accident industriel. Elle révèle les fragilités accumulées depuis plusieurs décennies : explosion des coûts de l’énergie, concurrence internationale souvent déloyale, inflation normative, insuffisance de vision industrielle et difficulté croissante à défendre nos intérêts stratégiques dans un contexte de mondialisation toujours plus brutale.
Les responsables publics ont évidemment le devoir de soutenir les salariés lorsque l’avenir d’un site industriel est menacé. Encore faut-il s’interroger sur les politiques conduites depuis des années. Ancien ministre du gouvernement de François Hollande puis présidente de la région Occitanie depuis près de dix ans, Carole Delga ne peut, aujourd’hui, se présenter comme une simple spectatrice de la désindustrialisation qui frappe notre territoire. Les communiqués de presse, les déplacements de circonstance et les appels adressés à l’État ne sauraient tenir lieu de politique industrielle.
Depuis près d’une décennie à la tête de la région, il était précisément de sa responsabilité de faire de l’industrie une priorité stratégique, d’anticiper les fragilités de nos filières et de défendre avec constance les intérêts économiques de notre territoire. Les salariés de Fibre Excellence n’ont pas seulement besoin d’une mobilisation lorsque leur usine est menacée ; ils avaient besoin, depuis longtemps déjà, d’une véritable vision industrielle.
Cette réflexion dépasse d’ailleurs le seul cadre national. Au Parlement européen, je constate chaque jour combien certaines décisions prises à Bruxelles influencent directement la compétitivité de nos entreprises. Le prix de l’énergie, le marché européen du carbone, les accords commerciaux, les normes environnementales ou encore les règles de concurrence ont des conséquences très concrètes pour nos industriels. Défendre l’environnement est indispensable. Organiser, volontairement ou non, le décrochage industriel de l’Europe serait une erreur historique. Une Europe qui ne produit plus finit toujours par dépendre de ceux qui produisent à sa place.
La souveraineté industrielle n’est pas un slogan
La souveraineté industrielle n’est pas un slogan. Elle conditionne notre capacité à fabriquer, à exporter, à innover et à conserver les compétences qui font la richesse d’un pays. Une nation qui renonce à produire son acier, sa chimie, son papier, son énergie ou ses composants stratégiques accepte progressivement de perdre la maîtrise de son destin.
Ce combat ne se mène pas uniquement dans les hémicycles. En Haute-Garonne, les élus municipaux et les responsables locaux du Rassemblement national restent pleinement mobilisés aux côtés des salariés, des représentants de la filière forêt-bois et des acteurs économiques concernés. Parce que la politique ne consiste pas seulement à commenter les crises, mais à être présent lorsque les territoires traversent l’épreuve, ils continueront à défendre cette industrie essentielle pour notre département.
Fibre Excellence est aujourd’hui une entreprise en difficulté. Elle ne doit pas devenir, demain, le symbole d’une résignation française. Car derrière cette usine se joue une question qui nous concerne tous : voulons-nous continuer à regarder notre industrie s’effacer ou décidons-nous enfin de lui redonner toute sa place ?
En 2027, les Français auront rendez-vous avec leur destin. Au-delà de l’alternance politique, ils devront choisir entre la poursuite d’un modèle qui accompagne depuis des décennies le déclin industriel de notre pays et un projet qui assume pleinement la reconquête de notre souveraineté économique. Avec Marine Le Pen à la présidence de la République et Jordan Bardella à Matignon, nous faisons le choix d’une France qui produit davantage, transforme ses ressources sur son sol, protège ses filières stratégiques, garantit une énergie compétitive et rétablit une concurrence loyale.
Car nous ne perdons jamais seulement des usines : à chaque site qui disparaît, c’est un peu de notre souveraineté qui s’efface. Une grande nation ne peut durablement vivre de ses importations ; elle vit de son travail, de son industrie et de son génie. L’avenir de Saint-Gaudens dépasse donc largement celui d’une seule entreprise. Il dit quelque chose de l’avenir que nous voulons bâtir pour la France.
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38 commentaires
» la France produit moins, transforme moins et dépend toujours davantage des importations pour satisfaire ses besoins les plus essentiels ». La répartition géographique des activités est le b-a ba du mondialisme, dans lequel la France est cantonnée à devenir terre d’accueil pour touristes.
Merci macron, et à tous les français qui ont voté pour lui…. pas 1 mais 2 FOIS….Car il faut bien le dire, il n’est pas arrivé là tout seul, une majorité de Français l’a bien aidé …. A bon entendeur
Vous savez, un certain nombre de gens ordinaires parfaitement respectables seraient prêts à remettre une pièce dans la machine à déconstruire. Le masochisme, la schizophrénie sont des pathologies qui parfois mettent de longues années à guérir. Après vous avez les européistes introvertis, comme les médias, quelques corporations opportunistes comme le monde de la culture qui elles tirent allègrement les marrons du feu, faut bien l’admettre.
Le choix a été fait : disparaître ! La production a été confiée à d’autres ce qui contribue à leur développement et à notre anéantissement et curieusement la pollution de la terre n’a pas diminuer voire le contraire ! Bravo à nos cerveaux musclés qui persistent dans leurs erreurs.
Je me souviens du ciel rougeoyant la nuit au-dessus des « hauts-fourneaux » qui ne devaient jamais s’éteindre et de ces noms de petites villes se terminant par ANGE…Il y avait du travail pour tous, les Polonais et Italiens étaient contents d’y venir TRAVAILLER.. Beaucoup ne sont jamais repartis. Mais ça c’était…Avant…
Comme disait Coluche : « Si voter servait à quelque chose, ce serait interdit »… À part Florian Philippot et Asselineau, je ne vois personne se battre POUR la France mais uniquement pour « arriver » à l’Élysée…Être « Président de la Ripoublique »…Tous pareils…
Deux chiffres : 75% de la consommation française sont importés. Plus de la moitié des entreprises qui subsistent sur le territoire français sont contrôlées par des capitaux étrangers (y compris TOTAL). Notre pays est désormais situé dans le tiers-monde du point de vue industriel.
Le PIB de la France figure encore parmi les premiers du monde malgré un importante baisse relative. Mais la comptabilité nationale y intègre les salaires des fonctionnaires ainsi que l’amortissement des installations des services publics. Le nombre de nos fonctionnaires rapporté à 1000 habitants est plus important que celui de nos compétiteurs. C’est à dire qu’à mission comparable (par exemple l’éducation nationale), l’inefficacité comparée vient gonfler le PIB de notre pays. Idem pour les services sociaux. Il n’y a finalement plus qu’un chiffre qui ait une véritable signification économique : celui de la dette publique. Nous le connaissons tous. Ceci est le résultat de 45 ans de gestion socialo-centriste, le résultat des choix des électeurs français.
Concernant l’usine de TARASCON, il me semble qu’à force d’innovations et d’investissements (de l’état…), elle est depuis 2-3 ans, autosuffisante en termes d’énergies. Du coup je ne comprends pas pourquoi on liquide cette entreprise. Encore une perte sèche pour le contribuable Français
oui mais une bonne part de l’energie produite etait revendue a enedis mais le prix du kw racheté ayant ete fortement revu a la baisse par enedis la situation s’est inversée et provoque un déficit chez fibre excellence,voila ce que c’est que de faire confiance aveuglement a une entreprise qui prend ses ordres a l’élysée.
Dans le passé récent, l’Etat a, certes, financé inutilement des canards boiteux et des supercheries. Mais, je rejoins l’auteur du présent article. Lorsqu’il s’agit de soutenir, de maintenir, des sites présentant un caractère névralgique, on le soutient. La Chine ne fait pas autre chose. Elle développe un industrie de pointe et robotisée tout en soutenant son industrie traditionnelle. Pour la Chine industrialiser se révèle beaucoup plus simple que de réindustrialiser.
La macrono gauchie aura vraiment tout détruit en France afin qu’elle disparaisse à n’être plus qu’un département du futur empire européen /allemand !!!
Toutes ces remarques sont excellentes, mais comment comptez-vous y remédier en restant dans l’UE et ses contraintes ?
excellente remarque !!
Il faudrait ficher la paix aux entreprises au lieu de les écraser de règlements et de charges . On tue la poule aux œufs d’or .
Le constat, nous le faisons toutes et tous, nos campagnes et autres sont couvertes de friches industrielles anciennes ou récentes et de rideaux baissés. Moi je veux du concret, des chiffres, des propositions objectives et réalistes, j’invite donc les partis qui en ont la volonté ou les capacités a arrêter de nous abreuver de constatations et de jolis discours, particulièrement celui envers qui je nourris beaucoup d’espoir, à se proposer sur la sauvegarde de notre nation et d’arrêter de nous balader, parfois de nous prendre pour des enfants, et je reste poli.
Employer l’argent honteusement gaspiller vers l’étranger et soutenir nos entreprises écrasées de charges.
Je suis vieux et j’ai connu les 30 glorieuses , époque où nous exportions dans le monde entier notre savoir faire et nos technologies !! J’ai eu cette chance !! Et de voir aujourd’hui notre pays se dirigeant vers « le dépôt de bilan » m’attriste et me rend malheureux pour nos jeunes !!
cet article serait intéressant si il etait complet et je suis très deçu venant de la part d’un député européen rn,car le plus grave dans l’affaire de fibre excellence concerne surtout l’unité de production de Tarascon dans les bouches du rhone car c’est cette usine quasiment de la meme importance que saint gaudens qui est déclarée en liquidation pure est simple.je rappele que la ville de Tarascon est une ville rn depuis les dernieres elections.le jugement etant prononcé par le tribunal de toulouse on comprend mieux le choix qui a été fait.d’ailleurs on aimerait entendre mr muselier a ce sujet.je plains sincèrement la nouvelle municipalité de Tarascon car c’est vraiment un coup de poignard dans le dos.