Allô, ? Êtes-vous là ? En vacances ? En visite dans le commissariat d’une lointaine province à porter la bonne parole et votre volonté de « kärcheriser » racailles et autres délinquants ?

Permettez que je me pose la question, car je viens de voir une vidéo qui en dit long sur l’incapacité du pouvoir à régler certains problèmes qui polluent la vie de nos concitoyens.

Oh ! la vidéo ne dure que 24 petites secondes, mais aussi courte qu’elle est, elle démontre ce qu’une partie de la France est devenue : un magasin de drogues. Et quand je dis un magasin, je devrais préciser un magasin super protégé, non par un rideau de fer, mais par des guerriers puissamment armés avec du matériel lourd, kalachnikov et fusil à pompe, casqués et protégés par un gilet pare-balles. Telle est la scène filmée à une date inconnue dans le quartier Mistral-Bachelard à Grenoble et diffusée par le Twitter « marocain » et partagée de multiples fois.

Il paraît que ces zones de non-droit n’existent pas. Qu’elles sont les affabulations de l’extrême droite. Mais alors, où sont les forces de l’ordre, les LBD, les gaz lacrymo pour arrêter ces trafiquants qui ont pignon sur rue. La scène se passe donc à Grenoble, ville verte devenue, selon le syndicat de police Alliance, le « Chicago français ». Entre fin juin et juillet, on comptait pas moins de sept fusillades, trois morts et quatre blessés dus, selon la police, non pas à une guerre des gangs, mais bien à des règlements de comptes sur fond de trafic de drogue.

Jeudi dernier, à la cité du Moulin, à Ivry-sur-Seine, le pauvre Gérald Darmanin avait pu montrer les dents en promettant : « Ce sont les trafiquants de drogue qui vont arrêter de dormir, et qui vont laisser dormir les honnêtes gens. » Nous ne lâcherons rien, telle semble être la volonté du ministre. Proposition est faite d’équiper les banlieues de caméras de surveillance. Ah, aurait-il oublié qu’à peine installées, ces caméras sont souvent systématiquement détruites ? Proposition est faite de dresser une amende forfaitaire de 200 euros aux consommateurs de cannabis. Pense-t-il ainsi en réduire l’achat de personnes droguées ?

Et puis, ces menaces de style du « Kärcher™ » de Nicolas Sarkozy font doucement rigoler ces trafiquants suréquipés en armement. De timides amendes face aux balles ? Comment un tel ministre peut-il être sérieux avec ses mesurettes dans un combat que quarante ans de laxisme ont laissé se développer.

Un combat qui semble être sans issue. Les trafiquants semblent avoir encore de belles années devant eux. À moins de nettoyer les zones de non-droit (au nombre de 700, selon certains). Il faudra alors parler de guerre en impliquant l’armée. Mais nous pourrions alors entrer dans une phase de guerre civile tant redoutée.

 

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