Le docteur Patrick Barriot fait le point sur la gestion « calamiteuse » de la crise du Covid-19 par les autorités et sur ses conséquences en France.

La France vit dans l’angoisse d’une seconde vague extrêmement virulente d’après certains. Est-ce le cas, selon vous ?

Le virus émergent SRAS-CoV-2, virus à tropisme respiratoire, a déclenché une pandémie en se répandant dans des populations naïves au point de vue immunologique. Les mesures de confinement associées aux gestes barrières ont eu pour seul effet de ralentir la diffusion du virus sur le territoire national et d’offrir un sursis (certainement pas une victoire), car seule l’immunité collective peut stopper la diffusion du virus. En l’absence de vaccin efficace, près de 60 % de la population doit être infectée pour que cette immunité collective mette un terme à l’épidémie. Nous allons donc devoir apprendre à vivre avec ce virus dans l’attente de l’immunité collective.

Le taux de létalité du SRAS-CoV-2 (nombre de décès par rapport au nombre de personnes infectées) est légèrement supérieur à celui de la grippe saisonnière (0,1-0,2 %) mais bien inférieur à 1 %, les personnes les plus à risque de mourir étant âgées de plus de 65 ans et porteuses de comorbidités. Depuis le début, les autorités de notre pays ont orchestré la dramatisation de l’épidémie (références à une guerre, discours churchilliens, décompte quotidien des morts…) et entretenu une angoisse disproportionnée parmi la population. Nous sommes dans une situation de crise sanitaire mal gérée mais certainement pas dans une situation de guerre ni de catastrophe. Le virus SRAS-CoV-2 menace bien plus nos libertés et notre économie que notre santé.

Cette crise sanitaire est-elle abordée sur le plan médical ou est-ce le politique qui a pris la main ?

La santé publique, c’est 80 % de politique et 20 % de médecine. Depuis le début de cette crise, nous avons été soumis aux idéologies et aux dogmes de bureaucrates et non pas éclairés par des connaissances scientifiques validées. Il n’y a, notamment, pas de consensus scientifique sur l’efficacité du confinement généralisé, les données disponibles étant contradictoires et le taux de contamination étant plus élevé chez les gens confinés. Quant au port du masque, s’il est indispensable pour le personnel soignant pouvant être exposé à des charges virales élevées dans l’exercice de ses fonctions ainsi que pour les personnes fragiles, rien ne permet d’affirmer que l’obligation du port généralisé du masque dans des espaces ouverts est d’une quelconque utilité. L’obligation de porter le masque est, par ailleurs, un facteur de stress et de tension sociale. En revanche, la détection précoce des cas au moyen de tests fiables (sensibilité et spécificité) et l’isolement de ces cas, dont l’efficacité est incontestable, n’ont pas été mis en place en temps utile du fait de l’impéritie des autorités qui n’ont fait qu’appliquer le précepte de Georges Clemenceau : « Quand les événements nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs. »

Ne nous voilons pas la face, le pire est devant nous. La gestion calamiteuse de cette crise sanitaire aura pour conséquence, dans les mois à venir, une crise sociale et économique sans précédent. Et lorsque la colère populaire éclatera, nos dirigeants diront certainement : « Certes, vous êtes ruinés, certes, vous êtes sans emploi, mais grâce aux mesures éclairées et salvatrices que nous avons eu le courage de prendre, vous êtes vivants, n’en demandez pas plus et ne vous avisez pas de descendre dans la rue car c’est interdit par le Comité de salut public ! »

En sait-on davantage, aujourd’hui, sur ce virus?

Les principales leçons que nous devons tirer de cette crise sanitaire sont la vulnérabilité de nos sociétés face au risque biologique et l’impéritie de nos bureaucrates dans la gestion d’une telle situation. Dans le futur, nous serons à la merci d’agents infectieux émergents, naturels ou manipulés, qui pourraient être bien plus virulents et létaux que le SRAS-CoV-2.

26 août 2020

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