[L’ÉTÉ BV] Toujours plus de taxes : la France s’attaque désormais aux serres de jardin

C'est une des « 303 taxes et impôts, 89 cotisations et 46 contributions » recensés par la fondation iFRAP.
serre botanique, cultiver maraîchage
Photo de Vitaly Garievsur Unsplash
Cet article vous avait peut-être échappé. Nous vous proposons de le lire ou de le relire.
Cet article a été publié le 14/05/2026.

Loin de BV l'idée de vouloir gâcher les vacances de ses lecteurs. La rentrée est encore loin mais, l'automne venu, arriveront les feuilles mortes et les feuilles d'impôt, notamment l'avis de la taxe foncière pour les propriétaires et l'avis de la taxe d'habitation pour les propriétaires d'une résidence secondaire. Des taxes, des taxes, toujours des taxes... Même les serres n'y échappent pas !

 

La France est championne en matière d’impôts. Quand il s’agit de ponctionner les Français, elle n’a pas son pareil. Après avoir déniché, à l’aide de drones, les abris de jardin et les piscines non déclarés, le fisc va désormais s’attaquer aux détenteurs de serres.

Comme le rapportent nos confrères de Marie France, la Direction générale des finances publiques (DGFiP) va désormais faire la traque à ce nouvel aménagement de jardin qui tend à se démocratiser. La facture s’annonce très lourde pour ceux qui auraient omis de déclarer une telle construction ou qui songent à en faire installer une.

En effet, le montant de la taxe d’aménagement a été actualisé en 2026 et il est pour le moins dissuasif. Le site service-public.gouv indique : « Hors Île-de-France, la valeur annuelle par m² est de 892 euros ; en Île-de-France, la valeur annuelle par m² est de 1 011 euros. » Cela concerne « toute création de surface de plancher close et couverte dont la superficie est supérieure à 5 m² et d’une hauteur de plafond supérieure ou égale à 1,80 mètre ». S'il y a eu oubli de déclaration, l'amende infligée pourrait aller de 1.200 à 6.000 euros par mètre carré et être assortie d'une obligation de démolition.

Glaneur d’euros

Le service des impôts considère qu’« une nouvelle construction augmente la valeur locative qui sert à calculer la taxe foncière et la taxe d’habitation sur les résidences secondaires » et, par conséquent, la valeur du bien. Si vous avez envie de faire pousser vos salades et vos tomates sous serre, pour ne pas avoir à les acheter à prix d’or au supermarché ou parce que vous voulez savoir ce que vous mettez dans votre assiette, c’est forcément que vous êtes plus riche et, si vous êtes plus riche, votre maison vaut nécessairement plus : vous devez donc payer plus. À noter, également, qu’à cette taxe d’aménagement peut s’ajouter une taxe d’archéologie préventive, si vous avez le malheur de faire des fondations. Cela n’a évidemment aucun sens, mais quand il s’agit de faire raquer les Français, le gouvernement trouve des logiques à tout.

Pour faire passer la pilule, le fisc précise : « Cet impôt sert principalement à financer les équipements publics (voiries, écoles, transports, etc.) nécessaires aux futures constructions et aménagements. » Comment s’y opposer, dans ce cas ?

Tout ce qui est imposable est évidemment inopposable. Résultat : les Français payent à peu près pour tout. Les piscines et les abris de jardin, comme évoqué précédemment, sont taxés, mais également les petits colis, les ordures ménagères, le tabac, l’alcool, l’énergie, les voitures lourdes, les services numériques, les séjours, le ski de fond, l’ouverture des caveaux… Des taxes en tout genre auxquelles s’ajoutent des éco-contributions par-ci et des éco-participations par-là.

Semeur d'impôts

En tout et pour tout, la fondation iFRAP a recensé « 303 taxes et impôts, 89 cotisations et 46 contributions », pour un total de 438 possibilités pour l’État de se servir dans la poche des Français. Avec un nombre aussi important, c’est à se demander ce qui n’est pas encore taxé. Côté jardin, les barbecues en dur semblent pour le moment avoir échappé à la vigilance de la DGFiP, comme les terrains de boules particuliers. Il n’y a pas encore, non plus, d’impôt sur le mobilier de jardin ou les feuilles des arbres qui tombent à l’automne, mais ne crions pas victoire trop tôt.

Les Français sont étranglés par les prélèvements obligatoires, ce n’est plus un secret. Chose moins connue : pour collecter toutes ces sommes, l’État français dépense des milliards d'euros - 6,7, plus exactement, en additionnant les coûts de collecte de la DGFiP, de l’URSSAF et des douanes. Le serpent se mord la queue.

Vos commentaires

222 commentaires

  1. Il est assez divertissant de voir comment l’état pop la branche sur laquelle il est assis. On sait depuis Lafay que trop d’impôt tue l’impôt. Mais nos têtes pensâtes ne le savent pas. Plus nous payons d’impôts et taxes plus la dette augmente. Personne en haut lieu n’est capable d’en tirer une conclusion intelligente ?

  2. Décidément, tous ces hauts fonctionnaires nantis, grâcement payer à nous pourrir la vie, ne manquent pas d’imagination, je suis surpris qu’ils n’ont pas encore taxés la niche du chien et la boîte à litière du chat

  3. Avec Tant de taxes, tant d’argent prélevé sur le travail des Français, ce pays devrait être le royaume de cocagne. Il l’est effectivement pour la caste qui le dirige, celle qui se goberge en oubliant hôpitaux, écoles, recherche, etc.

  4. On n’a pas encore tout vu. Comme je me suis occupé de mobilité je sais que les escrolos pointent ceux qui prennent le bus pour deux-trois arrêts. Ca semble poser problème dans certains cerveaux verts. Une taxe pour dissuader…

  5. Si depuis Giscard, le mouton imbécile et anesthésié n’avait eu de cesse de voter pour des gredins, on en serait pas là … toutes ces lois ont été émises par les voyous mis au pouvoir par la masse … on en voit le résultat et ce n’est pas le hasard …

    • Le problème de la France tient en trois lettre ENA… une école sensée produire une élite qui s avère juste bonne à produire une caste attirée par le pouvoir et qui ignore… ou oublie… qu’il existe une autre France que l’entre soi parisien.

  6. Les crânes d’oeuf de Bercy ont une imagination illimitée pour inventer impôts et taxes mais lorqu’il s’agit de baisser les dépenses on fait face à un vide sidéral des politiques.
    Eh oui, car baisser les dépenses nécessite de l’intelligence et du courage, il faut faire des choix, décider, expliquer, contrôler, et résister aux protestations des copains.
    Mais les concours d’entrée à l’ENA et Sciences Po n’ont jamais sélectionné sur le courage, il semblerait même que la lâcheté y ait un gros coeff.

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