TikTok : comment la pieuvre chinoise tente de s’imposer dans le monde entier

TikTok

TikTok est « une menace pour notre Sécurité nationale », a déclaré le conseiller à la Sécurité nationale américain Jake Sullivan. Alors que la France vient d’interdire l’application chinoise sur des appareils gouvernementaux, les États-Unis s’inquiètent depuis bien longtemps du phénomène numérique. Troisième application la plus téléchargée au pays de la malbouffe, sa popularité inquiète. Qui se cache réellement derrière cette application ? Le Parti communiste chinois a-t-il une quelconque mainmise sur les données des utilisateurs étrangers ? Autant de questions auxquelles Shou Chew, patron de TikTok, a dû répondre devant le Congrès américain, ce vendredi 24 mars.

Chine/États-Unis : l’interminable bras de fer

« Laissez-moi le déclarer sans équivoque : ByteDance [société mère de TikTok, NDLR] n'est pas un agent de la Chine ou d'un autre pays » a, d’emblée, souhaité clarifier l’homme d’affaires chinois. Malgré une présentation soignée et un ton affable, aucun représentant ne lui a fait de concessions. « TikTok nous surveille tous et le Parti communiste chinois peut l'utiliser pour manipuler toute l'Amérique. Nous n'avons aucune confiance dans le fait que TikTok puisse un jour embrasser les valeurs américaines. Votre plate-forme devrait être bannie », a dénoncé Cathy McMorris Rodgers, présidente de la commission. La menace d’une interdiction loin d’être hypothétique.

« Le gouvernement communiste chinois peut forcer des entreprises basées à Pékin, comme TikTok, à partager des données avec le gouvernement communiste à travers des lois, ou la contrainte », a soutenu Franck Pallone, démocrate du New Jersey. « Comment TikTok peut-il convaincre le Congrès des États-Unis qu'il peut s'en libérer ? Pourquoi le gouvernement chinois ferait-il une exception à sa loi nationale, en termes de données d'utilisateurs ? » a demandé Anna Eshoo, démocrate de Californie, en référence à une loi imposant aux entreprises chinoises de fournir les données requises par le Parti.

TikTok et la menace de vol de données

Contacté par Boulevard Voltaire, un consultant spécialiste en cybersécurité est formel : « La menace principale que fait peser TikTok, c’est le vol de données numériques. » Et de préciser : « TikTok envoie les données des utilisateurs occidentaux vers la Chine. Or, on ignore ce que celles-ci deviennent, ni à quoi servent ces données. Sachant que le pouvoir chinois est très doué pour utiliser les données contre sa propre population, on peut se douter qu’il en fait de même pour espionner les Occidentaux. » L’application qui plaît tant aux jeunes serait donc un vaste cheval de Troie numérique.

« Aux États-Unis, les Américains ont obtenu le traitement des données des utilisateurs américains au Texas, sur des serveurs américains. Si la question semble réglée, cela ne les empêche pas de vouloir interdire TikTok sur leur sol », précise l’expert, avant d’ajouter : « L’interdiction de TikTok du territoire américain serait une réponse au blocage de tous leurs réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Twitter) en Chine. C’est une politique du donnant-donnant. »

Enfin, si l’application assume son origine chinoise, il n’en reste pas moins qu’elle est totalement absente du marché de l’empire du Milieu. En Chine, « TikTok est largement utilisée pour diffuser et promouvoir la propagande d’État et son algorithme met en avant des contenus culturels ou scientifiques et son utilisation est limitée pour les plus jeunes, ce qui est loin d’être le cas dans le reste du monde. » Impénétrable, l’algorithme de TikTok est entouré de mystères. Comment fonctionne-t-il ? Quelles données utilise-t-il ? Comment fait-il le tri ? Très chronophage, l’application a, plusieurs fois, été épinglée pour son mode de fonctionnement (proposition infinie de contenus). « L’application a indéniablement un effet très négatif sur la population occidentale. On soupçonne l’algorithme destiné aux pays occidentaux d’être fait pour abrutir les gens », conclut-il. La prise de conscience des élites occidentales semble encore balbutiante concernant ses effets délétères sur le jeune public. Le temps du grand bond en avant n’est pas encore pour demain.

Julien Tellier
Julien Tellier
Journaliste stagiaire à BV

Vos commentaires

20 commentaires

  1. En quoi les réseaux US seraient ils moins dangereux ?
    En quoi les USA sont-ils mieux intentionnés que la Chine à l’égard de la France ?
    Vous vous rappelez l’affaire ORPEA?

  2. En parlant de propagande du côté de notre Dite Démocratie de la France, nous on n’est pas en reste….Il ne faut pas trop regarder la T.V. surtout les infos ou débats pour savoir l’essentiel de ce qui se passe dans le monde, et savoir la vérité….Heureusement qu’il y a les réseaux sociaux afin de pouvoir faire le tri, mais il est évident que cela n’arrange pas le Pouvoir en place du côté de chez Biden U.S. et V D L et Macron….C’est pourquoi ils avaient coupé Tweeter à Trump. Ce qui prouve que les U.S. voudrait être les seuls sans concurrence….

  3. Sans vouloir être immodestie ni vouloir faire la leçon à quiconque, j’estime que l’attitude la plus raisonnable est la mienne : aucun abonnement à quelque réseau social que ce soit.

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