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Editoriaux - Justice - Politique - 16 février 2020

Surpopulation carcérale : les réalités et les solutions dont on ne vous parle jamais

Les prisons françaises sont une poudrière. Le constat n’est pas nouveau, et la situation s’aggrave d’année en année. En dépit d’une politique pénale jugée laxiste et de la multiplication des alternatives à l’incarcération, le nombre de détenus est passé de 50.000, en 1987, à plus de 70.000, en 2020. Alors que la population a augmenté, entre ces deux dates, de 17,5 %, la population carcérale a bondi de 40 %. Sachant qu’on incarcère plutôt moins et moins longtemps qu’il y a 35 ans, il faut s’interroger sur les causes de cette augmentation. Causes qui ne peuvent se deviner, faute de statistiques, que dans l’augmentation du taux de délinquance au sein d’une population qui vieillit et qui change. En clair, les « jeunes » sont de plus en plus délinquants. Comprenne qui pourra.

Selon l’Observatoire international des prisons, les crimes représentent 20,5 % des détenus. Les vols et violences près de la moitié du total (47,8 %) et les stupéfiants 18,6 %. Autant d’infractions qu’on peut considérer comme graves, étant ici observé que l’emprisonnement ferme est rarement prononcé avant deux ou trois condamnations préalables. Ce sont donc environ 50.000 détenus qui le sont pour des raisons sérieuses.

En revanche, le nombre de détenus pour infractions routières (autres que blessures ou homicides involontaires) laisse rêveur : 5.414 personnes ! Et que font, en prison, ceux qui n’ont pas payé une pension alimentaire, parfois pour y purger une peine d’une année ?

Ce qui frappe, dans ces chiffres, c’est la proportion de vols et de violences. Signe d’une société de plus en plus violente, qui ne sait pas lutter contre un phénomène lourd et ancien. Et propre à une population dont la délinquance est un mode de vie. Attention aux polémiques, d’autres en ont fait les frais. Mais un passage à l’audience correctionnelle est extrêmement instructif sur le profil des prévenus qui, il faut le dire, est assez homogène.

Ainsi, nos prisons débordent. À tel point que les conditions d’incarcération sont, depuis longtemps, indignes. Insalubrité, rats et cafards ici, matelas par terre là, absence d’espace minimal ailleurs, les détenus s’entassent. Et, corrélativement, deviennent de plus en plus violents et sensibles aux prêches venus d’ailleurs. La prison, immense école coranique ? Oui, hélas. Là encore, quelques heures devant l’entrée d’un établissement sont aussi instructives qu’une litanie statistique.

Il y a urgence absolue. En cas d’explosion, les conséquences en seront incontrôlables. Les surveillants pénitentiaires, en nombre insuffisant et mal payés, seront incapables de faire face et risqueront leur vie. Et comme il ne saurait être question de libérer des gens dangereux qui méritent leur peine, il faut trouver des solutions. À court terme, cela semble difficile, si ce n’est de libérer ceux qui n’ont rien à faire derrière les barreaux. À moyen terme, la réflexion devrait se porter sur trois axes. En premier lieu, libérer les prisons métropolitaines de tous les détenus islamistes dangereux pour les isoler loin d’ici, dans des conditions telles qu’aucune évasion n’est envisageable. En clair, sur une île. En second lieu, construire des établissements modernes et adaptés, ce qui coûte cher et prend du temps. Enfin, instituer pour tous ceux qui méritent une peine sans présenter de caractère de dangerosité avéré des sortes de colonies pénitentiaires où le travail d’intérêt général servira de sanction autant que d’éducation à une activité manuelle et physique.

Facile à dire ? Sans aucun doute. Mais le statu quo est intenable.

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