Porte-parole du gouvernement, star de la pandémie, icône de la boulette, reine du masque posé de travers, croule sous les titres honorifiques. Dès lors qu’un tintamarre de casseroles retentit, tous de s’écrier : « Tiens, voilà Sibeth ! » Pour se distraire, le Français confiné revisionne ses interventions. « Louis de Funès anti-dépresseur en temps de confinement », titrait France Info, en référence aux films diffusés à la télé… halte-là ! Louis de Funès ET Sibeth Ndiaye. Parité, parité !

Soyons juste et reconnaissons à ce sens de l’anticipation qui lui fit choisir une porte-parole en parfaite conformité avec l’amateurisme de toute l’équipe aux commandes de la crise. Du cousu main. Apparition dans une tenue empruntée à un enfant de douze ans, coiffure à l’explosif, propos à côté de la plaque débités sur le ton d’une lycéenne en pleine crise existentielle. La Macronie ne pouvait rêver personnage plus croquignolesque. Plus « aux limites du réel ». Plus inadapté à la fonction.

Ingratitude du public pour ses amuseurs, plaisanteries qui n’ont que trop duré. Force est de constater qu’à ce stade de son épopée médiatique, et malgré la sortie prochaine de ses déclarations dans la collection « Rire et Chansons », Sibeth Ndiaye n’a plus la cote. Du tout. Nulle part. Les journalistes les plus soumis sont à cran, les macroniens changent de trottoir, ses voisins déménagent. Qui pour sauver la soldatesque Sibeth ? Qu’en faire après la pandémie ? Situation délicate qui pourrait voir la seule citoyenne française entrer en confinement à compter du jour où il se termine pour l’ensemble de la population. Un chassé-croisé du type juillettistes-aoûtiens. Les uns reviennent, l’autre s’en va. Les vacances sont terminées. Un phénomène appelé « mise au placard », en jargon scientifique.

En attendant cette issue fatale, l’intermittente du spectacle politique assure le show. Son dernier sketch sur le thème des masques obligatoires pour tous, intitulé « Nous prendrons une décision quand il y aura un consensus scientifique », déclenche déjà les rires du public. Ces propos traduits du français normal « Nous prendrons cette décision lorsque nous aurons des masques » dénotent, une fois de plus, le sens de l’humour inné de ce prodige du divertissement. L’Académie de médecine s’est prononcée favorablement pour le port généralisé du masque, cette mesure a donné des résultats spectaculaires dans quelques pays d’Asie mais… oh là là, ne nous emballons pas. Il n’y a pas consensus franc et massif. Un médecin du Nord renâcle et un autre de la région Auvergne-Rhône-Alpes n’est pas d’accord. Comment faire, dans ces conditions ? Ne faudrait-il pas organiser une COP21 du masque, mettons… début septembre ?

Les prochaines apparitions de la porte-parole sont, désormais, attendues avec impatience. Après le costume, la coiffure et les propos, une prestation visuelle serait la bienvenue. Les décisions du gouvernement expliquées en direct d’une patinoire. Le tout commenté par Philippe Candeloro et Nelson Monfort. Enfin de la communication juste et belle. Et un avenir prometteur.

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