Anne Hidalgo est dans les choux et voudrait bien en sortir par le haut. Son appel à une primaire de gauche ne dupe personne : sa calamiteuse déconfiture est programmée et il est fort douteux qu’elle puisse atteindre les 5 % d’ici avril prochain. Pour autant, ses « amis » ont plus ou moins aimablement décliné l’offre.

En vérité, de l’insoumis Mélenchon au vert Jadot en passant par le communiste Roussel, c’est « ralliez vous à mon panache blanc, mais ne comptez pas que je me rallie au vôtre ». C’est ainsi que Yannick Jadot, invité sur BFM TV mardi soir, a fait une offre à la candidate socialiste : lui à l’Elysée, la prendre à Matignon comme « première ministre »… et, par là même, prendre les Français pour des truffes.

Dans un bel exercice de langue de bois, le candidat EELV a assuré vouloir « travailler avec les socialistes et tous les progressistes » (sic). Là encore, il faudra qu’un jour on nous explique en quoi ces gens-là représentent le progrès, mais passons. « Venez avec vos idées, avec votre histoire, avec vos propositions. Travaillons à un projet commun, à un contrat de gouvernement, travaillons sur le fond », a proposé Jadot-le-Généreux.

Le problème est qu’il n’y a pas de fond, juste un creux abyssal. Alors, par pure magouille électoraliste, on feint l’union de la gauche et propose d’offrir aux Français un gouvernement qui ne les représentent en rien. Voilà une jolie conception de la démocratie !

Notez bien, c’est à peu près à la hauteur des conceptions de la justice qu’affiche tout ce beau monde. Ainsi, quand Yannick Jadot déclare « Dans mon gouvernement, il n'y aura pas de ministre soupçonné de violences sexuelles » et précise « À partir du moment où vous avez des témoignages, vous avez des femmes qui parlent, le soupçon suffira », on est dans la ligne des procès staliniens, soit la phase préliminaire à l’épuration.

On l’a compris, Yannick Jadot donne des gages à la frange la plus radicale de son électorat, celle qui voulait amener Sandrine Rousseau à la candidature. C’est sans aucun doute ce qui l’amène aussi à défendre une « GPA éthique ». Il l’a dit sur France Info : « Vous pouvez organiser de la gestation pour autrui de façon absolument non marchande. Il arrive que des sœurs portent un enfant pour une sœur. » Il arrive, oui, sans doute. Il est arrivé aussi qu’on insémine une femme avec les gamètes de son époux décédé, ou que l’on maintienne une femme artificiellement en vie jusqu’à la maturité du fœtus… ou que les mêmes autorisent l’ quasiment jusqu’au terme. Tout peut arriver, en effet, y compris le pire dans un monde sans éthique qui se gargarise de bioéthique.

Le magazine Marianne s’est penché sur ce qu’il appelle « la posture très marketing » du candidat Jadot, celle qui « emprunte la rhétorique marketing des acteurs français des filières étrangères de gestation pour autrui ». Des gens qui pensent que la GPA est « une cause qui fait avancer la société » et, de ce fait, « doit être un business, sinon, cela ne marche pas ».

Pour 150 à 170.000 dollars, les clients de ces filières peuvent s’offrir la bonne conscience d’une GPA labellisée « éthique » dont la pub, déclinée par Sam Hyde, le président de l'agence américaine Circle Surrogacy & Egg Donation, dans une tribune sur Lepoint.fr, expliquait qu’« être femme porteuse et faire cet incroyable cadeau de porter un enfant pour d'autres exige des qualités exceptionnelles, car il s'agit de bien plus qu'une simple grossesse : grande empathie et désir d'aider à la création d'une famille, stabilité psychologique et financière, vie de famille épanouie, soutien de l'entourage et du conjoint, dossiers médicaux probants, condition d'âge, niveau de vie confortable, etc. Des critères rares pourtant essentiels. »

Le paradis, en somme.

 

15 décembre 2021

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