Selon une enquête, le RN est désormais le premier parti chez les fonctionnaires

Hôpital, Éducation nationale, fonctions régaliennes : ils sont les premiers témoins et, parfois, les premières victimes de l'affaiblissement de l'autorité de l'État.
Capture d'écran TF1
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En ce lendemain de 15 août, on imagine les stratèges du RN travailler sur les leviers (et les obstacles) de la campagne qui va s'ouvrir très vite à la rentrée. L'Opinion révèle la teneur d'une note confidentielle de Jean-Philippe Tanguy sur la question du second tour sur lequel plane l'ombre du « barragisme » et des manifestations du 1er Mai. Dans le cas d'une éventuelle alternance comme celle qui verrait Marine Le Pen l'emporter, il y a les circonstances de fin de campagne (ce 1er Mai, le débat, etc.) et puis il y a les mouvements de fond, plus anciens, plus profonds : les lents basculements de secteurs entiers de l'opinion, acquis plusieurs mois ou plusieurs années avant le jour J. Comme la gauche en 1981, l'ascension du RN est portée par de telles mutations. Ces dernières semaines, les observateurs, se fondant sur les enquêtes d'opinion et les résultats du RN aux législatives de 2024 et aux municipales de mars dernier, ont successivement mis au jour le basculement de pans massifs de l'électorat : les retraités, mais aussi un électorat très à droite et une « France glissante », décidée à faire un barrage inversé contre LFI. Et voilà qu'un nouveau bastion, naguère très anti-RN, serait en train de tomber : les fonctionnaires !

« Attraction puissante »

C'est Luc Rouban, chercheur du Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), qui l'affirme dans une note parue dans le numéro de juillet-août de la revue Actualité juridique des fonctions publiques (Lefebvre Dalloz) citée par Le Monde. Il se fonde sur l'analyse des données fournies par les dernières vagues de l’enquête électorale française menées en amont puis en aval des municipales de mars par Ipsos BVA-CESI École d’ingénieurs pour le CEVIPOF, la fondation Jean-Jaurès et Le Monde. Mieux qu'un sondage, puisque l’échantillon, large, est composé de 10.962 personnes, dont quelque 2.300 agents publics. Et les chiffres sont éloquents, indiquant une dynamique impressionnante, entre 2019 et 2024, dans toutes les catégories de fonctionnaires : « Chez les agents de la fonction publique d’État déclarant avoir une "proximité partisane", 24 % des sondés se disent ainsi proches du RN en 2026, contre 12 % en 2019. » Et la progression est encore plus spectaculaire « chez les agents de la territoriale et de l’hospitalière, où la proportion s’élève respectivement à 29 % et 28 % en 2026. Le double de celle observée en 2019, où "seuls" 14 % des agents de chacun de ces deux versants se déclaraient proches du RN. » La fonction publique rejoint le haut niveau d'adhésion du reste de l'opinion.

Gauche détrônée, macronisme disqualifié

Les raisons de ce basculement historique sont d'abord politiques : la gauche, qui régnait en maître sur cet électorat, avec les syndicats, a montré son incapacité à défendre le modèle national français, en particulier les fonctionnaires modestes, ouvriers et employés, lui préférant l'idéologie, le migrant et toutes les minorités possibles.

Quant au macronisme, qui avait pu représenter un espoir, il ne fut qu'un feu de paille : pour Luc Rouban, le basculement vers le RN est « l’expression sur le terrain politique d’un affaiblissement du statut social des fonctionnaires et de l’appareil d’État tout entier ». « C’est l’échec du macronisme dans sa volonté de mieux rémunérer le travail et de permettre une meilleure réussite sociale », ajoute-t-il, « les carrières sont difficiles dans la fonction publique, les problématiques financières, nombreuses, et le secteur public n’arrive plus à attirer. »

En effet, comment les fonctionnaires ne tireraient-ils pas les conséquences politiques d'un affaiblissement massif de l'autorité de l'État, eux qui, à l'hôpital, l'Éducation nationale et dans les fonctions régaliennes (police, pompiers, militaires, etc.), en sont les premiers témoins et, parfois, les premières victimes ? Le chercheur ne dit rien du poids de l'immigration et de l'islamisation dans ce basculement, tout comme bien des fonctionnaires ne peuvent non plus le dire ouvertement, mais les faits sont là. Faut-il rappeler les assassinats de Samuel Paty et de Dominique Bernard ? C'est ce décalage entre le vécu quotidien des agents face aux exigences communautaristes et à la délinquance et l'idéologie de leur hiérarchie qui explique en partie la « fracture interne » que perçoit Luc Rouban : « On l’a constaté dans les hôpitaux et à l’Éducation nationale et, plus récemment, chez les pompiers. Le terrain ne semble pas toujours suffisamment écouté, ses difficultés concrètes du quotidien peinent à être entendues. Cela peut nourrir un sentiment de mépris au sein même de l’appareil d’État. » Un mépris de plus à ajouter au lourd passif d'Emmanuel Macron.

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

163 commentaires

    • Vous avez certainement raison. Mais ils n’arriveront pas a rassembler assez pour gagner les élections. Refuser le RN, c’est se retrouver à la tête de l’Etat avec ceux là même qui ont largement contribué à la décadence du pays. Ca n’est que mon avis.

    • Vous avez certainement raison. Mais ils n’arriveront pas a rassembler assez pour gagner les élections. Refuser le RN, c’est se retrouver à la tête de l’Etat avec ceux là même qui ont largement contribué à la décadence du pays. Ca n’est que mon avis.

    • Visiblement vous n’avez jamais eu à diriger une entreprise, grande ou petite, pour proférer de telles âneries. Si on a abolit les frontières, c’est pour des raisons très concrètes. Passer de France en Allemagne est aujourd’hui aussi simple que passer de Bretagne en Vendée.
      Sortir de l’Europe c’est aussi sortir de l’Euro. Demandez-vous ce que vaudrait un « nouveau » Franc avec 3 500 milliards de dettes. Bonjour la dévaluation apocalyptique et l’inflation qui va avec ! Mais ça ni Philippot ni de Villiers n’en parlent ! Mais c’est surement par distraction, à moins que ça ne soit par incompétence crasse !

  1. Lors d’une manifestation à Paris, en mars, des représentants de partis politiques ont voulu s’y intégrer . Ils se sont fait renvoyer. Le collègue qui nous l’a dit était furieux.
    Il n’y a jamais eu de consigne de la part de ce syndicat à voter pour qui que ce soit, macron par exemple.
    Peut-être d’autres syndicats l’ont-ils fait. Mais il faut distinguer les dirigeants des adhérents qui ne sont pas obligé de faire ce qu’on leur dit de faire!

  2. Je ne suis pas d’accord avec vous Zonzon. D’abord il est difficile de le savoir car les enseignants ont un devoir de réserve. Selon un collègue, mais j’ignore ses sources, un tiers d’un syndicat enseignant dont je ne dirai pas le nom voterai rn. Je tiens à dire aussi que lors de réunions syndicales voire inter syndicales, nous avons d’autres choses à faire que de discuter pour qui voter.
    Je rappelle aussi que bon nombre d’enseignants dits de gauche ne font que subir des réformes qui leur ont été imposées.
    Depuis des décennies, la seule catégorie qui a en a peut-être tiré profit sont les anciens instituteurs, aujourd’hui professeurs des écoles. Un de leur syndicat a été nettement pro-réforme.
    Mais je ne critique pas le travail ni la compétence de ces collègues.
    Se rajoute bien sûr la réforme des concours, le manque de candidats …et les nouvelles formations que l’on leur donne dès le début!

  3. Au premier ou au second tour ? Car je n’ai jamais compris ceux qui votent à droite au premier tour pour montrer leur insatisfaction soit disant et a gauche au second après avoir céder au diktat du « fameux front républicain » nous verrons bien cette fois-ci si les Français sont cohérents avec eux même ou si une fois encore ils cèdent pas aux injonctions des cassandres de la bien pensance entre le premier et le second tour. Mais aussi aux législatives qui vont etre execivement important si le partis arrive en tête veut mener une réel politique de redressement.

  4. il suffit d’écouter les quelques vacanciers aisés qui ont pû partir à l’étranger et qui en reviennent .Ils disent tous ! »mais la France est devenue le tiers monde par rapport à nos voisins » .Toute la France s’est appauvrie

  5. Info ou intox ?
    La guerre des mots (et des maux) ne fait que commencer.
    Nous avons 9 mois (une gestation), devant nous, de grands déballages.
    Les mensonges vont pleuvoir, surtout en provenance des petits rameurs à la barque chargée.

  6. TOUS les fonctionnaires au contact des réalités du Pays, à l’école, dans la rue, à l’hôpital, dans les Mairies, dans les services sociaux voient ce qu’ils voient et subissent ce qu’ils subissent pour le salaire qu’ils reçoivent. Et Ceux qui sont chez Madame Ernotte et consorts leurs disent que tout va bien. Et ceux qui sont dans les bureaux derrière leurs écrans leur expliquent qu’ils ne respectent pas suffisamment les normes, qu’ils ne font pas suffisamment attention aux questions de genre et qu’ils doivent mieux se former à l’inclusion et au vivre ensemble. Quant aux policiers, aux gendarmes …. attention Garde à vue !

  7. D’après les sondages les intentions de vote en faveur du RN se situent autour de 35%! ce qui en fait nettement le 1er parti de France. Il n’y a rien de surprenant qu’avec de telles intentions de vote le RN arrive en tête de nombre de catégories socio-professionnelles. Et cela inclut aussi des catégories socio professionnelles dans lesquelles les votes en sa faveur était à la « traîne » il y a quelques années encore… Qu’un nombre conséquent de fonctionnaires aient rejoint les rangs de ceux qui votaient RN est tout à fait logique. Seuls ceux qui sont soit aveugles, soit dans leur tour d’ivoire, soit qu’ils profitent largement de ce système décadent ou qu’ils soient dans le déni absolu du réel restent réfractaires au vote RN ou au vote national… Mais à mesure que ma situation de la France se dégrade, et cela va de plus en plus vite, le nombre des votants en faveur du RN ou de Reconquête! continuera d’augmenter….

    • Je me sens plus proche de Reconquête que du RN mais Philippot n’est pas inintéressant non plus, car j’en ai tellement marre de cette Europe qui finira pas disparaître un jour
      Aux pPays-Bas, le peuple avec leurs paysans ont manifesté en masse ! Et nous c’est quand le réveil ?

      • Moi, vous le savez, je suis plus proche de Philippot que de reconquête, car je suis chrétienne. Aussi, je voterai sans doute Philippot au premier tour et suivant les candidats qui s’affronteront au second tour, un candidat de droite, sauf si c’est le chef (ou la chef) de reconquête, au quel cas, j’aurais piscine.

      • Je suis adhérent de RECONQUETE et je voterai RN sans la MOINDRE HESITATION au second tour, a fortiori si c’est Mélenchon qui est en face.
        Pour l’heure, je comprends très bien les raisons qui sous tendent le succès dans l’opinion et les intentions de vote du RN. je comprends très bien que ce succès le place en position d’être élu et de présider au DESTIN du Pays.
        Alors, s’il doit gagner il est IMPERATIF qu’il réussisse, dans la durée, et il faut l’y aider. Et la meilleure façon, de mon point de vue, c’est de tout faire pour qu’il ouvre les yeux en grand sur l’Economie et les Finances : le nerf de la guerre ! S’il échoue sur CE terrain, il compromettra TOUT LE RESTE.
        Il faut impérativement remettre la France et TOUS les Français -je dis tous parce qu’il y a des gens, beaucoup même, qui travaillent beaucoup- AU TRAVAIL. Dès l’école.

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