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Editoriaux - Politique - 16 janvier 2020

Ségolène Royal : c’est la faute à Voltaire !

C’était en 2017. L’ancien ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer de François Hollande passait alors son fauteuil à Nicolas Hulot.

Invitée, dans « C à vous » (France 5), à parler de ses projets, elle annonçait : « Mon sujet est de continuer ce pour quoi je me passionne parce que je crois que le combat climatique est le combat du siècle. Donc, en plus de l’ONG, je réfléchis à la création d’une entreprise. »

De fait, et là-dessus, au moins, elle ne s’est pas trompée, a continué de s’occuper de ce qui la passionne : elle-même. Sa personne, ses livres, sa promotion… Tenter de tenir encore et toujours le devant de la scène, c’est un travail à plein temps, et ce temps-là n’est pas à l’échelle du climat. C’est vrai, il faut la comprendre : il y aura bien encore quelques présidentielles à passer avant que la banquise n’ait fondu. Et ne veut pas laisser passer son tour. Alors, elle se tortille pour exister.

La comédie a enfin payé : la voilà virée de son poste d’ambassadrice des pôles. À force de bavasser et se répandre en propos critiques et méprisants sur ceux qui la nourrissent à nos frais, elle a obtenu ce qu’elle affectionne par-dessus tout : le rôle de la victime expiatoire, le martyre et la mise en scène du sacrifice. Et d’appeler à la rescousse.

Voltaire, c’est comme l’ami Ricoré : il vient toujours au bon moment pour se refaire une virginité morale. Mercredi, donc, à l’annonce de son limogeage, Ségolène Royal a tweeté : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. L’esprit voltairien ne nous manque t’il pas ? » La presse, ce jeudi matin, la reprend : la citation, bien que commode et galvaudée, n’est pas moins apocryphe.

Je vous le dis franchement, ce n’est pas ce qui me gêne le plus, dans le tweet de Mme Royal. Moi, c’est le « manque t’il » qui me chatouille. Je me permettrai donc une suggestion : Ségolène, puisque tu vas avoir un peu de temps libre, peut-être pourrais-tu t’offrir une petite remise à niveau en orthographe-grammaire-syntaxe etc. ?

La question qui s’inscrit en fond d’écran de tout ce cinéma est évidemment celle-ci : « Ségolène Royal : bonne candidate pour 2022 ? » Guillaume Roquette l’a posée à ses invités sur le plateau du « Figaro Live ».

De l’avis général, l’ex-dame du Poitou « s’auto-caricature » et il est évident que si elle est passée outre ce qu’on nomme « la jurisprudence Chevènement » (un ministre, ça démissionne ou ça ferme sa gueule), c’est à dessein. « Ségolène Royal veut susciter le désir », dit-on autour de la table.

Il y a là Richard Bouigue, premier adjoint PS à la mairie du XIIe. Guillaume Roquette lui demande si Ségolène Royal est toujours socialiste. La réponse est ferme : « Elle n’est plus socialiste. Je vous donnerai en off les dates exactes des dernières cotisations de Ségolène Royal et de son exclusion de fait du PS. » Voilà du factuel. Elle est aujourd’hui « démonétisée », dit le monsieur, rappelant au passage son score aux primaires du parti en 2017 : 5 % !

Reste que son analyse est intéressante et sans doute juste. « Je pense que le pouvoir, en ce moment, ne ferait pas autre chose s’il voulait en faire une candidate qui vienne agiter le camp de la gauche et créer un peu de cacophonie dans un camp qui n’en a pas davantage besoin », dit Richard Bouigue.

Qu’importe, Ségolène Royal « se vit comme un recours ». Ça s’appelle la mégalomanie, une maladie fort répandue chez les politiques.

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