Sébastien Meurant : “Il y a un lien entre immigration et délinquance”

Rapporteur spécial au Sénat du projet de loi Asile et Immigration, Sébastien Meurant, sénateur LR du Val-d’Oise, est revenu sur la politique française en matière d’immigration et d’asile.

Que pensez-vous de la loi Asile et Immigration ?

La loi qui a été votée n’est pas du tout à la hauteur des enjeux.
Or, ce sont des enjeux majeurs pour l’avenir de la France et de l’Europe. Nous l’avons vu, récemment, avec les élections successives. Ce qui s’est passé en Italie est également très intéressant. C’est un enjeu qui risque de faire éclater l’Europe.
Avant tout, si on se place du point de vue français, qui m’intéresse en premier lieu, c’est un enjeu civilisationnel. Sur un certain nombre de territoires, la France et les lois de la République ne sont plus respectées. Cet état de fait est directement lié à l’immigration.
Le texte voté ne répondra à rien de tout cela. Pire : il élargit le regroupement familial. Cette loi favorisera l’envoi de mineurs qui seront exploités. On subventionne tout un tas d’associations dont le fonds de commerce est cette misère humaine. Nous sommes donc, aujourd’hui, complices du trafic d’êtres humains. C’est dramatique et tragique.
L’État français est complice de cela. Nous savons très bien qu’en envoyant des signaux forts, comme le disait l’Italie ou comme l’avait proposé un général italien, en une semaine, les flux irréguliers en Méditerranée sont réglés.
La France, qui a une politique ambiguë, est complice de cela. On ne veut pas accueillir l’Aquarius, mais on va accueillir les personnes qui sont dans l’Aquarius et qui veulent quitter l’Espagne pour venir en France. Et c’est bien normal qu’ils le veuillent, puisque notre modèle social, qui prend l’eau de toutes parts, est une pompe aspirante énorme. C’est humainement compréhensible. En revanche, politiquement, c’est suicidaire.
Demain, l’Afrique doublera sa population. Que fait-on ?
Devons-nous continuer à nous voiler la face en mettant de l’argent et des moyens qui sont évidemment insuffisants, car la misère dans le monde est grande ? Nous jouissons, en France, d’un modèle extrêmement généreux. Or, ce modèle-là est déficitaire et la perpétuation de ce système se fait à l’encontre des Français, car il y a un appauvrissement généralisé.
Ce refus de voir la réalité est politiquement terrible. Je suis allé voir France terre d’asile. Cette association de 35 personnes, en 1997, est aujourd’hui à plus de 900 personnes. Ce sont des fonds publics. Le rôle des parlementaires est d’aller voir comment sont utilisés les fonds publics, notamment en matière migratoire.
La réalité est que l’immigration conduit à un appauvrissement du pays et à une augmentation de la délinquance. Évidemment, l’immigration n’est pas gratuite. Lorsqu’on supprime des classes dans certaines zones rurales, on en crée dans certaines zones périphériques. Évidemment, lorsque aucun parent ne parle français, c’est plus difficile pour les enseignants. Il faut donc mettre des moyens mais, malheureusement, nous n’avons plus ces moyens actuellement.

Faites-vous un lien entre immigration et délinquance ?

Il suffit d’ouvrir les yeux et les oreilles et de visiter les prisons. Évidemment, on peut faire un lien entre immigration, délinquance et pauvreté. On peut également faire un lien avec les attentats terroristes islamistes. Évidemment qu’il y a un lien. Je rappelle simplement ce que monsieur Valls avait déclaré en octobre 2015. Il déclarait que nous ne faisions pas de tri entre migrants. Et, peu de temps après, en novembre, il déclarait que des terroristes s’étaient glissés parmi les migrants.
La réalité, qui n’est autre que celle-ci, même si elle déplaît à certaines personnes. Croyez-vous que cela va s’améliorer si on ne change rien ?
Cette question-là est majeure pour l’Europe, un continent vieillissant qui subit une immigration de masse. Ce qui se passe en Italie et en Allemagne est très intéressant.
L’échec de Merkel en 2015, et de l’Europe, est d’avoir annoncé que nous allions accueillir un million de personnes sans demander aux pays membres. Or, une fois entrées dans l’espace Schengen, ces personnes vont où elles veulent. Et, actuellement, l’Europe n’assure pas la sécurité des peuples européens. Nous avons confié à la Turquie l’essence même de ce que peut faire l’Europe – la sécurité – avec six milliards d’euros pour assurer la gestion des flux.
La raison d’être de l’État est d’assurer la sécurité intérieure et extérieure du pays. Les deux sont liées. On voit que des personnes venant de l’extérieur peuvent perpétrer des meurtres de masse. Il suffit de revenir vingt ou trente ans en arrière : c’était inenvisageable. On ne peut pas continuer comme cela. On ne peut pas continuer à accueillir, comme cela, des gens de l’extérieur qui veulent nous imposer leur façon de vivre, avec une vision de la femme incroyable et une religion qui, pour certains, est une religion du pré-Moyen Âge.
Les questions de l’identité, de la religion, de la sécurité sont des questions majeures et essentielles.
La loi Immigration qui vient d’être votée ne changera rien. Elle peut apparaître, avec la complicité des médias et de la gauche, comme trop restrictive alors qu’en réalité, elle est plus permissive que ce qui existe. On est dans la communication et le “en même temps”. On essaie de séduire un peu la gauche et un peu la droite. Il ne faut pas prendre les Français pour des gogos.

Est-ce que vous avez pu avoir des réponses sur des questions importantes comme le coût de l’immigration, le lien entre délinquance et immigration ?

Cette mission est seulement dotée d’1,4 milliard. Il s’agit donc, évidemment, d’un budget insincère. On ne peut pas traiter dans la même mission asile, immigration et intégration. Je suis, pour ma part, pour le modèle français qui a fonctionné, qui est d’intégrer et d’assimiler des individus et non pas des peuples.
Le coût de l’immigration reste un grand mystère. Pourtant, de grands spécialistes se sont penchés sur cette question, des articles ont été publiés, y compris dans Le Monde, et des ouvrages pas si anciens existent sur la question.
L’immigration est une question fondamentale que se posaient des gens comme Alain Poniatowski dans les années 90, ou comme messieurs Griotteray et Poperen dès le début des années 80, un président de la République socialiste qui parlait de seuil de tolérance, monsieur Fabius qui considérait que le Front national posait de bonnes questions mais n’apportait pas les bonnes réponses.
Les dirigeants qui se sont succédé n’ont pas pris la mesure des enjeux.
Je vais essayer, au Sénat, de travailler sur un coût consolidé de l’immigration.
Il y a, évidemment, des côtés positifs à l’immigration. Quelques sénateurs font remarquer que la moitié de la Silicon Valley est composée d’étrangers. Voilà le genre de remarques qu’on peut avoir ici. Mais il y a aussi de mauvais côtés. Je suis sûr qu’étant donné les problèmes de sécurité, notamment, je pense que l’immigration coûte plus qu’elle ne rapporte aujourd’hui.

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