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Autrefois, on avait les tubes de l’été : la lambada, la macarena, chihuahua et compagnie. Le Covid-19 étant passé par là, pas question, cette année, de se trémousser sous les lasers ou les boules à facettes vintage. Les Français doivent trouver mieux pour s’occuper et d’autres idoles à vénérer.

, rusé renard, a mis son confinement à profit pour reparler de lui : je, me, moi, les autres et ma présidence. Il a eu raison : les Français aiment la politique et plus encore les livres politiques. Surtout, ils adorent les confidences de leurs anciens Présidents, quand bien même ils les ont haïs, hués et sortis par la fente des urnes au premier tournant. L’autre avantage est que les Français n’ont pas de mémoire : on peut leur raconter ce qu’on veut. Par exemple, que Chirac fut un grand Président, Jack Lang un grand ministre de la Culture, François Mitterrand un honnête homme, que sais-je encore…

Bref, tombant à point nommé pour nous changer les idées et nous sortir le nez du , Nicolas Sarkozy vient nous compter le bel hier… et passe en tête des ventes de livres devant Guillaume Musso ! Un record. Encore un peu et Le Temps des tempêtes (c’est son titre) va devancer Les Leçons du pouvoir de François Hollande. Il s’en vend, depuis deux semaines, 5.000 à 6.000 exemplaires chaque jour et l’on fait la queue en plein cagnard et en suant sous le masque pour avoir son exemplaire dédicacé : « Pour Jojo, Nico ».

Toutefois, contrairement à son prédécesseur qui n’intéressait guère que les déçus de la gauche en mal de représentation, il semble que le lectorat de Nicolas Sarkozy « dépasse largement son électorat », dit France Inter : « Avec un style direct, un récit à la première personne, rythmé entre coulisses, vie privée et histoires politiques, il se présente en personnage de roman, presque amusant, et de moins en moins clivant. » En somme, une bonne définition de la politique-fiction. D’ailleurs, tel qu’en lui-même il le reconnaît : « J’ai tout fait dans ma vie pour qu’on me remarque » (p. 27), il continue donc ce qui lui a toujours réussi, cela au grand dam de ses anciens, présents et même futurs amis.

En tournée dans le Var, il signe des deux mains. On tend le micro aux adorateurs du grand homme : « Il a une pêche d’enfer, il faut le faire revenir ! » C’est « une demande persistante qui touche forcément le principal intéressé », dit LCI. Nicolas Sarkozy fait sa chattemite, répond avec un air modeste : « Je trouve ça gentil, sympathique, c’est l’expression d’une inquiétude et d’une fidélité. » « Ça ne vous fait pas changer d’avis ? » demande l’autre. « Non », répond l’ex-Présiden, avec un petit sourire en coin.

Un non loin de convaincre sa famille politique… Ainsi ce jeune élu LR qui se lâche : « Ras le bol de la Sarkomania », ou cet autre vieux briscard qui confie, à France Inter : « Il veut toujours prouver qu’à droite, personne ne lui arrive à la cheville. » Il va pourtant falloir qu’ils s’habituent à le voir occuper l’espace – vacant, il faut bien le reconnaître – puisqu’« un deuxième tome sur la suite de son quinquennat est paraît-il programmé juste avant la campagne présidentielle », nous apprend LCI.

Malin, ce Sarko, surtout assez habile, quoi qu’il se passe, pour rester un caillou dans la chaussure de tous les politiques en course ! Bien qu’il ait promis de ne pas participer à la prochaine élection, ils sont de moins en moins nombreux à y croire…

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