Heureusement qu’ils pensent à tout et qu’ils font de la pé-da-go-gie. Vous ne savez plus, vous êtes perdus, avec cette affaire de port du masque : où, quand, comment, pourquoi moi ? Le docteur Véran vous dit tout. Patientez, il va vous recevoir dans son cabinet. En attendant, mettez-vous en slip et gardez votre masque, s'il vous plaît.

Donc, c’est pas compliqué : A, B, C, D. « A, c’est quand on est A risque. Quand on est ÂGÉ […] B, c’est quand on est dans un lieu BONDÉ. […] C, c’est pour les endroits qui sont CLOS, quand vous êtes en intérieur avec d’autres personnes. […] D, c’est quand la DISTANCE est impossible à gérer. »

C’est le b.a.-ba exposé par le ministre de la au JT de , mercredi soir. Il semble, d’ailleurs, très fier de sa trouvaille, puisqu’il l'a reprise comme un slogan électoral sur son compte Twitter. Et c’est vrai, comment n’y a-t-on pas pensé plus tôt ! Succès immédiat, et les de parler de « technique », voire de « méthode ABCD ». On devrait même dire « méthode Véran ». Mieux : la « méthode du docteur Véran » qui rejoindrait ainsi une liste déjà longue de méthodes en tout genre : de la méthode Ogino à la méthode Coué, en passant par la méthode globale, il y en a pour toutes les circonstances. Cette règle de l’ABCD vient, d’ailleurs, compléter celle des 3 M, déjà édictée par la Direction générale de la santé : Mètre, Mains, Masques. Mais ne compliquons pas les choses.

Sur les réseaux sociaux, la bataille fait rage autour des propos du ministre. Il y a ceux qui hurlent à l’infantilisation : « Ils sont vraiment obligés de nous parler comme si on avait cinq ans et demi ? » C’est pas impossible, vous savez... Il existe une délicieuse chanson de Chantal Goya qui s’intitule « A B C D ». À quelques semaines de la rentrée, on pourrait même imaginer un clip gouvernemental qui reprendrait l’air avec des paroles adaptées à la situation. Il y a aussi les messieurs Jourdain qui faisaient du Véran sans le savoir jusqu’à maintenant : « ABCD, c’est très bien trouvé, de plus facile à comprendre. C’est la règle des 4 que j’applique depuis le déconfinement sans le savoir. » Et puis, il y a ceux pour qui c’est trop simple : « Message malheureusement jamais clair. Faudrait préciser qu’il s’agit d’un “ou” et pas d’un “et” entre A-B-C-D. » On a dit, ne compliquons pas les choses.

Tout cela est pourtant si simple. Comme bonjour. On pourrait même en rester à la seule lettre A. A, comme AVANT. Avant, il ne fallait pas porter le masque. Mais Aussi A, comme AUJOURD’HUI : aujourd’hui, il faut porter le masque. Avec cette règle du A, on n'aura même plus besoin de connaître son alphabet : une manière de lutter contre les discriminations.

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13 août 2020

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