J’entends de plus en plus de personnalités s’extasier, dans les médias, de l’efficacité du régime chinois : Raffarin, Laurent Alexandre et d’autres sont devenus des laudateurs compulsifs de Xi et du PCC. Curieux, pour des gens qui se prétendent par ailleurs libéraux. Car c’est vrai que le régime chinois est efficace, la crise du Covid-19 l’a démontré. Mais je doute que ce soit son « libéralisme » qui le rende ainsi…

La preuve par cette nouvelle croisade menée par le président chinois Xi en personne contre le gaspillage alimentaire. Selon Le Point, Xi vient de lancer l’opération « assiette vide », s’est déclaré choqué du gaspillage alimentaire, a rappelé que chaque grain de riz était le produit d’un effort humain et qu’il fallait cesser de dilapider les aliments en pure perte dans les poubelles. Cette initiative s’inscrit dans la foulée d’inondations importantes qui ont ruiné des récoltes, pour un pays immense et peuplé d’un milliard et trois cents millions d’âmes, dont la sécurité alimentaire est un enjeu stratégique. Surtout en cette période de forte tension avec les États Unis et l’Occident en général : la dépendance alimentaire peut être une faiblesse majeure pour la qui importe, par exemple, 30 % des céréales nécessaires à sa population. La Chine a, d’ailleurs, tenté de limiter cette dépendance en investissant dans des terres agricoles qu’elle exploite en Afrique de l’Est, notamment.

Désormais, Xi juge que le gaspillage alimentaire est un enjeu majeur, un luxe que son pays ne peut se permettre, qui est de nature à affaiblir sa stratégie face aux puissances adverses. Aussitôt dit, et la Chine s’exécute, presque comme un seul homme. De nombreux restaurateurs ont réduit derechef de moitié les portions servies aux clients et ont prévu des boîtes spéciales pour emporter les restes des repas. La population tout entière semble suivre les consignes du Parti et réduire ses achats alimentaires.

Sur un simple mot d’ordre, Xi parvient à mettre son pays entier au régime sec : quand notre pays souffre d’un rejet massif de toute autorité, la Chine fait montre d’une discipline de fer. Une discipline largement suivie par le durcissement du régime, le renforcement de moyens de contrôle aussi intrusifs et répressifs que le système de reconnaissance faciale systématique et généralisé. Le PCC a décrété la mobilisation de son peuple, tout entier en ordre de bataille, dans le bras de fer qui s’installe avec le monde occidental. Les mois qui arrivent risquent de voir de gros nuages noirs venus d’Orient planer au-dessus de nos têtes d’Occidentaux égotistes et indisciplinés…

13 août 2020

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