Si la gauche manque ontologiquement d’humour, elle a au moins une qualité : celle de nous donner l’occasion de rigoler au moins une fois par jour. Prenez Sandrine Rousseau, par exemple. Vous ne la connaissez pas, et c’est justice, mais les écolos – ou plutôt ceux qui se prétendent tels – la connaissent très bien, car c’est une des candidates à la primaire EELV. Comment se distinguer dans cette rude compétition qui tient la France en haleine ? En adoptant, bien sûr le, « wokisme » le plus échevelé, toujours à la pointe de l’inclusivité et de la diversité…

Extrait de son programme en forme de camp de rééducation : « Une formation obligatoire sur l’inclusion et la diversité sera dispensée à toutes les personnes souhaitant ouvrir une entreprise. Elle sera également proposée à tou·tes les salarié·es et aux employeurs. » Ou encore « Soutenir les mouvements féministes et écoféministes [?] grâce à un fond (sic) dédié en partenariat avec l’AFD ». (On suppose qu’il ne s’agit pas d’Alternative für Deutschland, mais plutôt de l’Agence française de développement, tétine qui, avec votre agent, « accompagne et accélère les transitions vers un monde plus juste et durable ».)

Enfin, ce 20 août, mesmérisait les militants des Journées d’été écologistes à Poitiers pour défendre sa candidature à la primaire : « Tout notre système économique, et sociétal est fondé sur le triptyque : nous prenons, nous utilisons et nous jetons. Le corps des femmes, le corps des racisés. Nous ne voulons plus ça et c’est ça, la révolution que je vous propose. […] De la colère, j’en suis remplie. De la radicalité, j’en suis pétrie. » On n’ose pas dire « mâles paroles », ce serait mal vu, mais de pétrie à pétrin, il n’y a pas loin.

Parce qu’à force de naviguer dans les altitudes éthérées, on oublie les petits détails qui tuent et dans lesquels le Diable se niche, comme afficher fièrement la photo d’une équipe de campagne uniformément blanche ! Pas un(e) seul(e) racisé(e)… (Madame Rousseau ne doit pas regarder souvent les pubs à la télé.)

Peccamineuse omission qui n’a pas manqué de déchaîner, sur Twitter, les protestations de ceux qui, comme en 40 (« On bloque les comptes, et on compte les Bloch »), calculent compulsivement le taux de mélanodermie de tous les groupes humains au lieu de s’interroger sur ce qu’ils ont dans la tête. Comme Mehdi Aïfa, jeune militant LGBT connu sur les réseaux, tweetant : « Où sont les noirs et les arabes dans votre équipe de campagne ? Oh wait, ils vous servent votre quinoa et votre jus de pamplemousse bio équitable…» Ou comme Stella Kamnga, dans « Les Grandes Gueules », qui, dans un style moins direct, pointe le ridicule de ces précieuses modèle Rousseau confites en tartufferies antiracistes, et tentent maladroitement la danse du ventre dans l’espoir de séduire des victimes qu’elles fantasment. Quant au rapport de ces discours à la mode des campus américains avec la vraie écologie, on repassera…

23 août 2021

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