Lorsque les se réunissent pour leurs traditionnelles journées d’été, le journaliste chargé d’en rendre compte est un héros. Le jargon progressiste foisonne, les guillemets pleuvent, des petits points s’intercalent, ici des anglicismes abscons, là-bas des mots surgis de nulle part. Après deux antidépresseurs et une nuit réparatrice, l’observateur de ces réunions extraterrestres peut reprendre une vie normale.

La tragédie se déroule cette année à Poitiers, ville détenue par l’« avianophobe » Léonore Moncond’huy. Tous les prétendants au métier de président de la République se pressent devant l’objectif : Yannick Jadot, Delphine Batho, Sandrine Rousseau, Jean-Marc Governatori, conseiller municipal de Nice, et Éric Piolle, maire de Grenoble, ville apaisée en proie à de régulières fusillades amicales.

Tout un fatras de sous-partis plus ou moins écologistes égayent la rencontre. Il ne saurait y avoir de bonnes journées d’été sans un méli-mélo politicien indescriptible. En joker, est invité à titre de poseur de points professionnel. Génération.s est un échantillon de ce que son laboratoire peut proposer.

Dès le premier jour, un concentré de charabia s’abat sur la réunion. Un « boot camp écoféministe » consacré à « l’empouvoirement » des femmes est proposé aux participants. Le choc est rude. Quatre guillemets, un anglicisme et un mot bizarroïde en une seule phrase : les organisateurs ont décidé de frapper fort. Les initiés traduisent en langage des signes. Le tout est baptisé « activité » comme le serait un concours de tir à l’arc ou une initiation à la poterie.

Un sac de nœuds n’arrivant jamais seul, il est annoncé que ladite activité se déroulera en « mixité choisie ». Trois points d’interrogation à la clé. Selon la définition glanée sur Internet, il s’agit d’exclure « de fait la participation ou la présence de personnes qui feraient partie des groupes dominants et/ou oppressifs ». Il a été raconté qu’après examen psychologique complet, pas une seule personne n’avait été admise à entrer dans la salle. Un tel purisme honore EELV.

À peine sortis de la salle où ils n’avaient pu entrer, les participants étaient invités à un autre atelier intitulé « Le temps des nouvelles stigmatisations ». Une séance de lamentations destinée à se plaindre des accusations d’« islamogauchisme, séparatisme, racialisme, indigénisme, décolonialisme et autres féminismes anti-hommes ». De nombreuses larmes et quelques hululements témoignaient de la souffrance des écologistes face à ces qualifications injustifiées. Comment pouvait-on ? Une marche aux côtés d’islamistes et voilà qu’on vous traite d’islamo-machin-chose. Révoltant.

D’autres ateliers et conférences suivront. Au programme : déconstructions diverses et variées, résistance face aux dynamique « nationalistes, antieuropéennes, racistes, islamophobes, antisémites ou encore virilistes », stand pêche au canard, atelier confiture et autres curiosités. Unanimes, les héros-journalistes présents ont salué l’intégrité d’ qui, une fois encore, a su résister à la tentation de s’égarer sur le thème de l’écologie.

19 août 2021

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