Ne chantez plus, tel Maurice Chevalier jadis : « Paris, reine du monde, Paris, c’est une blonde. » Déjà, parce que « reine du monde » n’est pas le compliment auquel on pense en premier en se risquant dans la capitale. Et surtout parce que « blonde » pourrait faire figure d’offense à la de la « ville inclusive » voulue par sa mairesse – ou marâtre, c’est selon – .

 

Certes, fluctuat nec mergitur, comme nous dit la devise de Paname. Mais à force de flotter dans le flou sans forcément couler pour de bon, ça commence néanmoins à sérieusement tanguer à l’hôtel de ville, tel qu’en témoigne la campagne menée sur les réseaux sociaux, intitulée #SaccageParis. Là, habitants et visiteurs sont conviés à mettre en ligne les plus jolies images de la ville autrefois si chère à Alphonse Boudard et Michel Audiard. Sans trop charger la barque, il faut reconnaître que le résultat est plus proche de Walking Dead, la fameuse zombiesque et post-apocalyptique, que de la carte postale à l’ancienne vantant les beautés de la Ville lumière.

 

Sans grande surprise, Anne Hidalgo dénonce une « campagne très orchestrée et alimentée par l’extrême  ». Cela posé, on pourrait aussi objecter que ces critiques sont fort injustes. Car ces amas de poubelles jamais ramassées pourraient aussi faire office « d’installations » à Beaubourg. À croire que ces badauds sont d’humeur bien chagrine : à chaque coin de rue, ils croisent un summum artistique, conceptuel, militant et trouvent encore le moyen de faire la fine gueule. Les ingrats…

 

Idem pour ces nids-de-poule rendant un peu de jovialité et de bonne humeur sur la voie publique. On propose aux derniers automobilistes de jouer à la marelle et ils trouvent encore matière à râler. De même, ces plots jaunes et autres parpaings de même couleur
ne participent-ils pas à faire ressembler les abords de l’Opéra Garnier à ceux du check-point Charlie berlinois, du temps de la guerre froide ? Le vintage n’est-il pas de retour ?

 

D’ailleurs, Paris, c’est Anne Hidalgo qui en parle encore le mieux, ce, avec la modestie qui est devenue, chez elle, sorte de marque de fabrique : « Nous avons su conjuguer ce et la modernité, nous avons su en même temps être cette ville qui prend soin de ce qu’on nous a légué dans l’ et qui est capable d’aller vers les pistes cyclables. » C’est beau comme du John Fitzgerald Kennedy ; à ce petit détail près que lui offrait pour « nouvelle frontière » d’aller marcher sur la Lune et non point de pédaler dans des couloirs à bicyclettes.

 

Mais au lieu de faire du mauvais esprit, allons plutôt à l’essentiel. Grâce à Anne Hidalgo, la biodiversité reprend du poil de la bête à Paris avec la réintroduction tant attendue des rats dans les jardins publics. Bel exploit, quand on sait la lenteur avec laquelle ours et loups tentent de réintégrer leur écosystème d’origine. Une fois de plus, c’est le Paris éclairé qui donne le tempo à suivre à la province arriérée.

 

Mieux encore : la possible candidate à la prochaine élection présidentielle démontre que la gauche a encore de l’avenir dans ce pays moisi, réalisant ainsi le rêve posthume du défunt Grand Timonier consistant à faire rouler tout à vélo et vêtu de vareuses « no logo » en tissu équitable. Avec Les Chinois à Paris, Jean Yanne en avait rêvé, le rêve devient aujourd’hui réalité. On notera, malheureusement, que la même Anne Hidalgo plafonne toujours dans les sondages. Les Français seraient, ainsi, tout juste 7 % à vouloir lui accorder leurs suffrages.

 

À part un nouveau complot de « l’extrême droite », on ne voit décidément pas d’explication plus plausible à ce dénigrement systématique ne reposant sur rien, si ce n’est le repli frileux de la haine de l’autre.

16 avril 2021

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