Donc, nous sommes 8 milliards sur Terre… Une excellente nouvelle : voilà des marchés qui s’ouvrent, des bouches à nourrir, des bras qui s’offrent, des cerveaux qui pensent, des vies aussi, tout simplement. Quoi de plus joyeux pour un pays ? D’ailleurs, sur France Inter, le chroniqueur politique Yaël Goosz, ce 15 novembre, en convient : « Depuis 1945, il y a ce consensus, rarement discuté, pour dire que la vitalité d’un pays se mesure à sa vitalité démographique. […] L’injonction, c’est d’encourager encore et toujours les naissances. »

C’est en effet une vieille loi de l’humanité. La Chine est puissante d’abord par le nombre de Chinois. L’Inde suit la même route. Appuyés sur une population jeune et de mieux en mieux formée, ces deux pays-continents menacent l'économie de l’Europe. Les périodes où la France fut prospère ont été aussi dynamiques au plan démographique : la révolution industrielle, le tournant du siècle avant la guerre de 14, l’après-guerre du baby-boom. Zemmour cite souvent à raison ce mot d’Auguste Comte : « La démographie, c’est le destin. » Sans dynamique démographique, il n’est pas de grand pays, de pays fort et fier, apte à relever les défis de l’avenir.

C’est à peu près le ton des députés RN qui aimeraient faire de la natalité la grande cause nationale de 2024. Ils ont déposé un projet de loi en ce sens, le 8 septembre dernier, sous la houlette de la députée Caroline Parmentier. « Entre 2010 et 2021, nous avons compté près de 100.000 naissances en moins – de 832.799 naissances, nous sommes passés à 738.000 naissances, soit une réduction de 93.201 naissances », expliquent-ils sur la base des chiffres de l’INSEE.

Le constat de la décrue des naissances en France est clair, mais les causes sont subtiles.

Inquiets, les Français craignent l’avenir économique et social. L'IVG (plus de 200 000 par an) obère évidemment lourdement le nombre des naissances. Le climat d’insécurité à tous égards installé par une longue série de gouvernements aveugles et donneurs de leçons pèse lui aussi sur la natalité. La preuve ? « Le désir d’enfant est estimé à 2,39 par femme alors que l’indicateur conjoncturel de fécondité est de 1,87 », assure une étude du groupe Kantar réalisée pour l’UNAF et citée par le RN. Favoriser les naissances ?

Bien sûr, le chroniqueur de France Inter veut convaincre que cette politique de bon sens est impossible. « On se leurre si on croit que le politique a un pouvoir sur les ventres, assène-t-il. Aucun pays sauf Israël n’a réussi à remonter suffisamment sa natalité. »

Pourtant, bien des pays dépassent ce fameux taux de renouvellement : Israël, c’est vrai, mais aussi l’Argentine, l’Inde, l’Indonésie, l’Afrique du Sud ou l’Arabie saoudite. D’autres (la Turquie, le Mexique...) approchent de cette fameuse barre des 2,1 enfants par femme. D’autres encore, comme la Hongrie, tentent tout pour redresser ce thermomètre vital pour une nation. L’arme des fausses fatalités reprend du service. Fausse fatalité, la décrue des naissances. Fausse fatalité, le vieillissement. Fausse fatalité, l’immigration fleuve. Ce fatalisme cache évidemment un projet politique assumé, notamment par Emmanuel Macron, de submersion migratoire irréversible.

Mais pourquoi reproche-t-on aux Occidentaux d'avoir encore trop d’enfants quand ils en ont bien moins que les pays d’origine de nos migrants ? Le chroniqueur de France Inter répond clairement : « En 1974, René Dumont s’inquiétait du risque de surpopulation mondiale, explique-t-il. Si on est dans un monde fini et qui se réchauffe, à quoi bon pousser à la natalité ? Aujourd’hui, des militants prennent les devants et se stérilisent ou se vasectomisent. Faut-il s’interdire de procréer parce qu’un petit Français pollue autant que dix Cambodgiens ? » Ce discours parfaitement malthusianiste est, pour lui, « scientifiquement juste et difficilement audible ». En gros, c’est vrai mais il ne faut pas le dire. « Il faut décrisper le sujet migratoire », assure le chroniqueur d’Inter. L’immigration ? « Pour la vieille Europe, cela fera partie de la solution », explique-t-il. Du reste, que l’Europe subisse, car l’Europe est coupable, forcément coupable, martèle Sandrine Rousseau qui entend bien la faire expier. C’est un projet de destruction, de démolition méthodique de la France millénaire et de son peuple qui apparaît désormais au grand jour.

 

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15 novembre 2022

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28 commentaires

  1. Nous sommes huit milliards et bientôt dix milliards, et puis quoi ? Abattre des forêts pour élever du bétail de boucherie pour nourrir tout ce monde ? Il conviendrait d’obliger tous les pays à exécuter un contrôle des naissances strict et émettre des amendes salées aux contrevenants, exemple: 2 enfants par couple, s’il y en a de trop dans un pays, interdire les naissances pour un temps défini. Nous n’avons pas besoin de musulmans dans l’UE ou ailleurs, qu’ils restent chez eux et se débrouillent entre eux. Il y en a déjà de trop.

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