Editoriaux - International - Internet - Médias - 17 décembre 2017

Ronaldinho prendrait le maillot patriote : et les gradins médiatiques de s’affoler…

L’ancien joueur de football – qui participa activement à la victoire du lors de la Coupe du monde de 2002 – aurait, selon le quotidien brésilien O Globo, rallié l’extrême droite brésilienne : “L’ancienne gloire du PSG et du FC Barcelone se présenterait aux prochaines élections sénatoriales brésiliennes sous les couleurs de Patriota, un parti d’extrême droite incarné par le très controversé Jair Bolsonaro” (Le Parisien).

Information toutefois démentie par Patriota : ““Il n’y a aucun accord entre le parti et Ronaldinho pour le lancement d’une éventuelle candidature de ce dernier au Sénat” pour les élections générales d’octobre, a indiqué le parti dans un communiqué” (L’Équipe).

En effet, Adilson Barroso, président de Patriota, “a expliqué que des contacts avec Ronaldinho avaient pu être noués par des membres du parti “au niveau local”, sans confirmer un quelconque accord. “Il n’est pas membre de notre parti, mais la porte est ouverte, ce serait un honneur de l’avoir parmi nous”, a-t-il ajouté” (Le Parisien).

Comme souvent, à l’ère d’Internet, il y a donc eu un emballement à la suite de la publication d’une photo montrant Ronaldinho exhibant un livre de Jair Bolsonaro, député du parti Patriota, surnommé le « Donald Trump brésilien ». La comparaison est un peu hasardeuse car le président américain ne franchit pas certaines limites qui ne posent aucun problème à Jair Bolsonaro, dont son homophobie obsessionnelle. Je crois, pour ma part, que l’on peut être patriote et défendre les valeurs de la famille traditionnelle sans verser dans la caricature, tant attendue par nos détracteurs.

Maintenant, les outrances de ce député ne sont sans doute pas toutes infondées, notamment sur les questions de sécurité. Ainsi, parmi le classement des villes les plus dangereuses au monde, quinze sont brésiliennes, dont Maceió (6e), João Pessoa (10e), Manaus (11e), Fortaleza (13e) (selon fr.express.live).

Rappelons aussi que les deux derniers présidents brésiliens, Lula – condamné en juillet 2017 pour corruption passive et blanchiment d’argent – et Dilma Rousseff – destituée par le Sénat à la suite de scandales de corruption, et qui avait nommé son prédécesseur ministre d’État et chef de cabinet du président de la République pour lui éviter la prison – n’ont pas peu contribué à fragiliser une démocratie – à l’économie vacillante – par leur comportement.

Oublié par les progressistes, le peuple se tourne vers les patriotes, dont Ronaldinho, issu d’une famille modeste et ayant réussi par la force de sa volonté sans avoir recours à la délinquance. Ce dernier s’inquiète légitimement de l’état de son pays et choisit peut-être de se tourner vers un parti qui se propose de redonner un cadre moral à une nation qui va à vau-l’eau.

Enfin, notons que ces médias, si prompts à accuser la réinfosphère de désinformation, se sont presque tous engouffrés dans la brèche en affirmant des faits sans prendre le soin de vérifier. On appelle ça l’arroseur arrosé !

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