Qui ne voit que les temps ont changé ? Le calcul des retraites avait été décidé à un moment où l’économie des pays occidentaux, vitaminée par la reconstruction de l’après-guerre mondiale et les révolutions scientifiques et technologiques, s’était crue éternelle. La génération du baby-boom en a largement profité. La part des revenus des « seniors » est supérieure à celle des actifs, du fait de pensions généreuses, et parce que certains ont pu assurer leurs lendemains par l’acquisition d’un patrimoine convenable. Faut-il rappeler que 50 % des acquéreurs de véhicules neufs ont plus de 56 ans, et seuls 11 % ont moins de 35 ans ?

Il ne s’agit pas de déplorer un fait, somme toute naturel, que la fin de la carrière est l’occasion d’être payé de ses efforts, d’autant plus que la consommation de personnes à revenus conséquents fortifie l’économie nationale. Toutefois, il n’est pas interdit d’adapter les mesures de justice, sans lesquelles il n’y a pas de nation soudée, à la nouvelle donne de la société telle qu’elle a été choisie, depuis plus de cinquante ans, par l’adoption d’habitudes de consommation, de mœurs hédonistes et « libres », comme le droit à la contraception et à l’avortement, qui ont contribué à dépeupler le pays et à placer la question du financement des retraites dans une impasse démographique, dont certains pompiers pyromanes cherchent la sortie en prônant une immigration massive et dévastatrice.

Le problème n’est donc pas seulement une question, certes vitale, d’approvisionnement des caisses de pensions, mais aussi d’équilibre. Autrement dit, comment accroître la population active, qui, dans un système de retraite par répartition, contribue à son financement ? Comment faire en sorte que ceux qui travaillent gagnent plus que les oisifs (car une société où les travailleurs sont floués est irrémédiablement perdue) ? Comment retrouver une économie forte, pourvoyeuse d’emploi ?

Il me semble que, si l’on est responsable, ce fameux système « à points » devrait être modulable, et dégressif en fonction de l’importance des pensions, les plus aisés des retraités devant faire des sacrifices ; que la natalité des natifs français doit être vigoureusement relancée ; que l’Éducation nationale, au lieu de produire certains jeunes attardés dans le cursus, jusqu’à 20 ans, et au-delà, au point qu’ils perdent leur temps et leur énergie, doit permettre une pré-professionnalisation dès la fin de la cinquième, de façon à former des apprentis, puis des ouvriers performants, tandis qu’elle pousserait, en leur donnant le sens patriotique, les élèves aptes à un travail intellectuel jusqu’au bout de leurs possibilités. De même faudrait-il concevoir un protectionnisme intelligent, rapatrier les industries qui avaient migré vers des terres propices à l’. On est loin, on le voit, de la démagogie syndicaliste.

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