Repas vegan : la CEDH s’invite jusque dans les assiettes des prisons suisses
Après les expulsions, les frontières ou les conditions de détention, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) ouvre un nouveau front : le contenu des assiettes. Dans un arrêt rendu mi-juillet, la juridiction de Strasbourg a condamné la Suisse pour ne pas avoir proposé de repas entièrement vegan à deux militants antispécistes privés de liberté. Une décision qui, au-delà de la seule alimentation carcérale, relance le débat sur les priorités de la Justice européenne.
La Suisse condamnée par la CEDH pour ne pas avoir fourni de régime végan à deux hommes en détention
➡️ https://t.co/HlUy1hDOjp pic.twitter.com/KV5dvtlSSL— LCI (@LCI) July 20, 2026
Les deux requérants ne sont pas de simples consommateurs soucieux de leur alimentation. Frères et militants de la cause animale, ils avaient multiplié les actions coup de poing contre des boucheries et un abattoir. L'un avait été placé en détention provisoire pour des dégradations, tandis que l'autre était interné dans un établissement psychiatrique. Tous deux réclamaient un régime strictement végétalien, conforme à leurs convictions philosophiques. Les autorités suisses avaient refusé, estimant que les repas végétariens proposés répondaient à leurs besoins nutritionnels.
Pour la CEDH, le problème ne réside pas dans le contenu du menu mais dans le fait que les autorités helvétiques n'aient pas suffisamment pris en considération leurs convictions éthiques. Les juges estiment que le véganisme peut relever de la liberté de pensée et de conscience protégée par l'article 9 de la Convention européenne des droits de l'homme.
La prison est une punition
Ancien conseiller national suisse, chargé de la police, de la justice et du système pénitentiaire, Oskar Freysinger regarde cette décision avec une certaine perplexité. « La prison est une punition. Si on commence à faire de la prison un hôtel cinq étoiles, j'ai comme l'impression que la notion de punition disparaît », explique-t-il à Boulevard Voltaire.
Pour celui qui a administré les établissements pénitentiaires suisses, cette décision marque une rupture avec la pratique qui prévalait lorsqu'il était aux responsabilités. « On n'allait quand même pas commencer à faire un menu différencié pour chacun de ces malfrats. Tout le monde avait la même nourriture, point », rappelle-t-il. Selon lui, un détenu refusant certains aliments pouvait simplement ne pas les consommer, sans que l'administration ait à élaborer des repas spécifiques.
« Une avancée pour la dignité animale »
Pour les défenseurs de la cause animale, en revanche, cette décision constitue une victoire symbolique. Dans le journal Le Matin, Me Gaspard Genton, avocat de l'un des deux requérants, s'est réjoui d'« une avancée pour la dignité animale ».
Une formule qui résume à elle seule la portée de l'arrêt. Au-delà des plateaux-repas servis en prison, c'est bien la reconnaissance du véganisme comme conviction philosophique digne d'une protection particulière qui progresse. La CEDH ne crée certes pas un droit absolu au menu vegan, mais elle impose désormais aux États d'examiner sérieusement ce type de demandes formulées par les personnes privées de liberté.
La boîte de Pandore est ouverte
Cette évolution de la jurisprudence inquiète davantage les élus souverainistes. Interrogée par Boulevard Voltaire, l'eurodéputée RN Virginie Joron estime que « la boîte de Pandore est ouverte ». Selon elle, « la Cour de Strasbourg exige désormais un accommodement sérieux des convictions éthiques, même en milieu carcéral ».
Pour l'élue, le contraste est saisissant. « Au moment où de nombreux citoyens européens peinent à se nourrir correctement face à l'inflation alimentaire, l'obligation faite à l'État d'adapter finement les menus de détenus militants peut sembler décalée », juge-t-elle. Les repas en prison étant financés par le contribuable, cette décision risque, selon elle, « de nourrir le sentiment d'une Justice européenne loin des préoccupations quotidiennes du plus grand nombre ».
Oskar Freysinger y voit, lui aussi, le symptôme d'une évolution plus profonde. « La CEDH dépasse largement les prérogatives qui lui étaient assignées au départ [...] On s'érige en instance morale, et l'Europe s'occupe désormais de tout, y compris de ce qu'il y a dans les plats des prisonniers », déplore l'ancien ministre valaisan.
Au-delà du cas de ces deux militants antispécistes, l'arrêt de Strasbourg pose une question plus large : jusqu'où les juges européens peuvent-ils imposer leur interprétation des libertés fondamentales aux États ? Après les politiques migratoires, les expulsions ou les conditions de détention, la CEDH s'invite désormais jusque dans les cuisines des prisons. Pour les uns, c'est une nouvelle garantie offerte aux droits individuels. Pour les autres, le symbole d'une institution qui semble parfois plus attentive aux revendications particulières qu'aux préoccupations du plus grand nombre.
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62 commentaires
Je ne savais que la Suisse – que je croyais sincèrement démocratique – a eu la volonté de se soumettre à une instance supranationale et donc, par nature, antidémocratique.
Très curieux. Par moment et de plus en plus souvent, j’ai l’impression de vivre sur une autre planète, celle des Shadocks.
Qu’on se rassure chez nous il y a longtemps que dans les restaurants du personnel des hôpitaux il n’y a plus de porc , le chef cuisinier m’a dit que c’était trop cher …et moi je suis le grand père de Napoléon !
Commençons par balayer devant notre porte .
Ils se croient où, ces détenus ? En vacances dans un hôtel 4 étoiles all inclusive qu’ils n’auraient pas pu se payer? On se moque de qui?
Au Salvador, c’est un repas par jour ! De quoi se plaignent-ils, ils ont droit à deux repas + petit déjeuner financés par les citoyens !
Il faut sortir de la CEDH !
Il est temps que la Suisse rattrape son retard en matière de droits de l’Homme.
Elle pourrait peut-être entrer dans l’union européenne avec l’Ukraine ?
Ils ne sont pas fous à ce point là. Heureusement.
Qu’on sorte tous de cette CEDH gouvernée par les gauchistes et qu’on retrouve notre souveraineté.
Que la suisse sort de la cedh .. Meloni avait cette idée, tout comme , la GB avec Reform UK
Je ne comprends pas car la Suisse ne fait pas partie de l’UE donc que cette CEDH aille se faire voir et qu’elle s’occupe des droits des Européens par rapport à la délinquance immigrationniste
Comme dirait ma voisin dans son bau patois: « S’ils crèverotent bien de faim, ils mangerotent comme nous, c’est des maladies de riches »…
Ces deux militants doivent être condamnés à aller faire un stage avec les marmottes ! …
Ils faut les « mettre » sur la ligne de production des tablettes de chocolat … à l’emballage ! …
la Suisse, l’UE …
que je sache, la Suisse n’est pas membre ..
rassurez moi la CEDH veut copier les ricains, extraterritorialité, qu’y disent, ces colonialistes …
Bonne remarque
Bien qu’hors UE,la Suisse est contrainte aux mêmes obligations que les pays officiellement soumis à UVDL
La Suisse n’a plus la main sur de nombreux sujets..dont l’immigration..le mercosur..et depuis hier Genève à retoqué l’interdiction du burkini dans les piscines publiques « grâce » à la CEDH
Cordialement
La CEDH est une émanation du Conseil de l’Europe dont la Suisse est membre.
La déliquescence de la societe occidentale… quand on en est à se préoccuper des repas des détenus c’est qu’il n’y a vraiment plus rien de grave….. on est en totale débandade …
Il est urgent de dénoncer la convention européenne des droits de l’homme ! La convention le prévoit expressément.
Effectivement, une dénonciation par un courrier 2 mois d’avance
Je plussoie ET je confirme !!!
Je crois savoir qu’il n’est pas du tout difficile cde sortir de la CEDH. Alors, au lieu de se lamenter, partons…
Certains doivent y trouver de juteux avantages….
Du pain sec et de l’eau………………
effectivement c’est vegan
Et 5 fruits et légumes quand même.
Et pourquoi pas une barre chocolatée aussi non ? Pfff…