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Editoriaux - Politique - Social - 15 janvier 2020

Réforme des retraites : le PS et le PCF refusent la motion de censure de Mélenchon !

, le chef de file de La France insoumise, a proposé aux socialistes et aux communistes le dépôt d’une motion de censure commune contre le gouvernement, pour s’opposer au projet de réforme des retraites. Mais le PS et le PCF ont décliné sa proposition : le PS ne veut pas « [signer] à ce stade une motion de censure alors que le débat n’a pas commencé », selon le propos d’Olivier Faure, tandis que Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, préfère « être dans la mobilisation avec les salariés pour demander le retrait de la réforme Macron ».

C’est une caractéristique des sophistes, depuis l’Antiquité, de soutenir, avec autant de conviction, le pour et le contre, en fonction de leurs intérêts. Olivier Faure et Fabien Roussel, avec moins de talent, ont le même travers. Ils auraient pu tout aussi bien appuyer la démarche du député de La France insoumise, mais ils n’ont pas jugé le moment opportun. Pour rendre leur combat contre la réforme plus efficace ou pour affirmer leur poids au sein de la gauche ?

Olivier Faure, qui n’exclut pas une motion de censure si le gouvernement n’entend rien, veut « faire dans ce débat la démonstration, y compris auprès de la majorité, que cette réforme est une réforme improvisée et qui va être la cause d’immenses régressions ». Fabien Roussel espère toujours « que le gouvernement va retirer son texte de loi, et qu’il ne le présentera pas au Parlement », appelant les Français à se mobiliser, ajoutant qu’« il sera temps d’étudier ce type de procédure si jamais le texte de loi venait au Parlement, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui ».

On peut sans doute, avec beaucoup d’imagination, trouver quelque justification à leur argumentation, mais qui ne voit qu’elle est principalement dictée par leur refus commun de faire la courte échelle à Jean-Luc Mélenchon ? Le PS et le PCF sont chacun pour l’union de la gauche, à condition que le rassemblement s’effectue autour de leur propre parti. Pas question de jouer les vedettes américaines et de laisser Mélenchon faire figure de star dans ce spectacle politicien.

Car il s’agit bien d’un spectacle, quel qu’en soit le metteur en scène. Il paraît évident que la majorité parlementaire, à quelques exceptions près, défendra la position du gouvernement sur la réforme des retraites. Il n’y a qu’à entendre comment, sur les plateaux de télévision, ses représentants répètent, plus ou moins adroitement, les éléments de langage qu’on leur a indiqués. Il est non moins évident qu’une motion de censure déposée par la gauche n’aurait aucune chance d’aboutir. Débats ou motion de censure ne modifieront en rien le dénouement prévisible de cette comédie.

Et pourtant, ce projet de réforme des retraites est loin d’être un modèle de justice, d’équité et de simplicité, comme le prétendent ses promoteurs. Il y aura peut-être quelques gagnants, mais le nouveau mode de calcul réduira obligatoirement les pensions de la plupart des futurs retraités. Le gouvernement fait des promesses, catégorie par catégorie, pour essayer d’apaiser les inquiétudes, mais son objectif reste de passer en force. Ce n’est pas à l’Assemblée nationale, majoritairement acquise au projet, qu’une telle réforme peut être repoussée ou qu’il peut être décidé de mettre en œuvre une autre réforme.

C’est en changeant le système de représentation, c’est en changeant de gouvernement, c’est en changeant de président de la République qu’on peut espérer une politique différente. L’opposition de gauche et de droite qui, en 2017, a prêté main-forte au candidat Macron se laissera-t-elle piéger une seconde fois ?

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