Le ministre de l'Éducation nationale a décidé, en octobre 2022, de publier l'indice de position sociale (IPS) des établissements scolaires. Jusque-là tenu secret, cet indice, mis en place à la demande du personnel du ministère, sert à calculer les origines socio-professionnelles des foyers qui envoient leurs enfants dans un établissement scolaire, avec un (discutable) système de points. On y découvre - en fait, on ne le découvre pas tant que ça - que les familles aisées choisissent plus volontiers le privé sous contrat.
Devant cette incroyable surprise, Pap Ndiaye vient d'annoncer que sa main ne tremblerait pas. Évidemment, il ne peut pas obliger les enfants de bonne famille à s'inscrire dans un quelconque collège Adama-Traoré, en bout de ligne de RER. Ce qu'il peut faire, en revanche, c'est le contraire : imposer aux « bons » collèges et lycées d'accueillir des quotas. « Il y aura bien des objectifs chiffrés progressifs », dit le ministre. Des objectifs chiffrés ? Mais de quoi ?
En effet, les écoles sous contrat, catholiques, ou dites catholiques, dans leur majorité, accueillent déjà des enfants pauvres ou handicapés ainsi que des boursiers. Alors, quels quotas ? Pap Ndiaye ne veut pas, comme on dit dans la jeunesse, « dire les termes ». Il s'agit, en réalité, d'un plan machiavélique qui a deux implications. D'abord, ces objectifs chiffrés - puisqu'on ne peut plus arrêter, semble-t-il, la descente aux enfers des établissements publics - consistent à tirer vers le bas les établissements publics. À la façon du lit de Procuste, l'Éducation nationale mutile tout le monde pour qu'advienne la bienheureuse égalité.
Le deuxième temps de la question est directement lié à ce qui est en train de se passer dans notre pays, mais que l'on n'a surtout pas le droit d'appeler « Grand Remplacement » - car, au fond, Pap Ndiaye semble vouloir autant de mixité sociale que de métissage ethnique. La question n'est pas de savoir si c'est bien ou mal : il faut, déjà, que le ministre le dise. Or, le point commun entre toutes ces banlieues que l'on cherche à relier aux établissements privés est non seulement une forte délinquance et un faible niveau scolaire, mais aussi la présence, souvent en majorité, de ce que l'on nomme la diversité.
Alors, que feront les parents ? La plupart fuiront vers le privé hors contrat. Personne n'aura envie de payer pour un enseignement aussi nul que dans le public (gratuit, lui). Alors, l'enseignement hors contrat sera le prochain bastion de la réaction, la prochaine cible à détruire. Les enfants intelligents seront déjà partis faire leurs études à l'étranger.
Une expérimentation très symbolique va se tenir à Nantes : le collège Rosa-Parks, implanté dans un « quartier sensible », sera fermé en 2024 et les élèves seront répartis dans quatre autres établissements pour atteindre cet « objectif de mixité ». Il faudra être attentif aux résultats...
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15 avril 2023 à 18:02

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40 commentaires

  1. Ce ministre est insupportable , formaté aux Etats Unis , il transpose leur système en France , et il est méprisant , il nivelle par le bas l’Education nationale (cause afflux migratoire) et il a ses enfants dans une école privée pour bourgeois aisés.
    il me fait penser à tous ces politiciens qui soutiennent sournoisement l’immigration sans contrôle , mais qui vivent dans des endroits ou ils n’ont pas à subir les conséquences de cette immigration .

  2. Ce n’est pas tout-à-fait une nouveauté. La procédure a déjà été appliquée, dans l’autre sens : fermeture du collège Georgesn Brassens dans le 19e, destiné à accueillir les classes à horaire aménagé pour les danseurs, musiciens principalement. Situé à proximité du Conservatoire national Sup. de mus. et de danse de Paris. Fermeture de l’établissement a été prononcée, et les classes redistribuées dans des établissements « défavorisés“. Même objectif, auquel Pap’ se soustrait en envoyant ses enfants à l’École alsacienne.

  3. Et si ce n’était pas toujours la même idéologie obtue qui ronge le cerveau de ces décideurs ?
    Sachant :
    – qu’un élève du privé coûte 1/4 de moins au con-tribuable que l’élève du public,
    – sachant que la réussite est supérieure dans l’école privée,
    – sachant que bien souvent l’école privée coûte moins cher aux parents que l’école publique, dans la mesure où la prise en charge des enfants en-dehors des heures de cours est assurée par l’établissement, sans coût supplémentaire (pas de périscolaire à payer …)
    un cerveau normalement constitué ne devrai-il pas encourager et soutenir l’école privé ?
    Un responsable politique impartial, intelligent et accessoirement honnête, ne devrait-il pas soutenir et développer cette même école privée qui semble beaucoup plus performante et efficace pour la réussite de nos enfants et tout ça pour un coût moindre que l’école publique ?
    Au fait, dans quelle école ce ministre placera t’il ses enfants lorsqu’il aura réussi à abaisser le niveau de l’école privé au niveau de l’école publique, cette même école pour laquelle il est mandaté (et payé) afin d’y améliorer la qualité de l’enseignement ?

  4. Tous égaux dans la misère intellectuelle. L’école publique déjà détruite, l’école privée sous contrat bientôt détruite.
    Fuite de ceux dont les parents ont les moyens vers les écoles privées hors contrat. Quand ces écoles seront à leur tour visée et démantelées, fuite à l’étranger des étudiants qui pour la plupart resteront à l’étranger en voyant la France se décomposer sous leurs yeux. Ce pauvre pays sera donc privé de ses ingénieurs, chercheurs, médecins, des meilleurs éléments, ce qui accentuera son entrée dans le tiers-monde. Car l’école est l’avenir d’un pays.
    On dit « merci qui ? »…

  5. …et je ne vous parle pas des fuites des enseignants à la recherche eux aussi des « classes de niveau »…

  6. Ce que désire notre bienheureux ministre de l’EN n’est pas nouveau: dans les années 70 (il avait 5 ans), on débattait déjà sur les questions de niveau scolaire entre établissements suivant la « carte scolaire »; des parents, des enseignants, réclamaient à grands cris un mélange social pour favoriser « l’égalité » (« des chances » a été ajouté plus récemment par la Gauche).
    Pendant que des chefs d’établissement sélectionnaient en douce les bons élèves pour former des « classes de niveau », en créant des cours bilingues et/ou sportifs!

  7. Attendez, quelque chose m’échappe: selon, vous, « Pap Ndiaye semble vouloir autant de mixité sociale que de métissage ethnique ». Je croyais que la statistique en matière de race (ce terme parait-il devenu inexistant au regard des instances dirigeantes) était interdit. Comment voulez-vous comptabiliser ce qui est devenu « invisible »?

  8. « La plupart fuiront vers le privé hors contrat » ou à l’étranger. »
    Eh oui. C’est ainsi, puisque l’école à la maison est en train, petit à petit d’être interdite.
    Ceci dit, déjà il y a plus bientôt 40 ans , une instit (communiste, il est vrai) m’avait dit à propos de l’un de mes enfants dit « précoce » (il est toujours « précoce » et est parti bosser à l’étranger où il a fait sa vie) qui s’ennuyait en cours (il avait pourtant déjà un an d’avance) : « il attendra que les autres en soient à son niveau. »
    Du coup, on l’a mis en privé!
    Cette bêtise n’est donc pas nouvelle!

  9. Les mots manquent pour qualifier l’insondable bêtise dans laquelle on fait méthodiquement sombrer ce Pays. Faudra t-il comme jadis engager des précepteurs pour instruire correctement nos enfants ? Mais n’est-ce pas déjà le cas avec toutes ces officines qui proposent à grand frais des cours complémentaires pour palier à la nullité de l’enseignement public ?
    Débarrassons nous de ces clowns. Et vite.

  10. eh bien, qu’il commence par mettre ses enfants dan sun établissement public en seine saint denis par exemple, après on tendra l’oreille.

  11. Les établissements privés sous contrat reçoivent déjà beaucoup d’enfants d’autres cultures ou en difficulté ;;il semble que le déconstructeur ne soit pas du tout au courant …

  12. Lionel Jospin (le bac à toute une génération) – Haby (la réforme des Collèges) – en vrac Jack Lang, Mélenchon, Peillon, Hamon, Vallaud-Belkacem, Blanquer enfin. Citer (presque) tous ces anciens Ministres de l’Education Nationale, en y ajoutant l’actuel N’Diaye, c’est, en quelque sorte, dessiner la vertigineuse dégringolade du système éducatif français. Sommes-nous arrivés au fond du gouffre ? On ne peut même pas le présumer, il reste du chemin à parcourir.On va s’en occuper. Même les Inuits, ou les Patagons, offrent infiniment mieux à leurs jeunes. L’école publique n’est désormais plus qu’un immense terrain de jeu laissé à la discrétion des « pédagogistes ». On y apprend … ? Rien ! Ni à lire, ni à écrire (sauf « bjr » « lol » « cool » sur écran de téléphone ou sur tablette, encore moins à réfléchir, à penser. Et les français qui s’en désolent n’ont d’autre choix que de placer leurs enfants dans des écoles privées (bonjour les budgets, parfois, mais il peut y avoir des bourses, les trajets, les gardes d’enfants, les horaires décalés, etc). Voilà-t-y pas que N’Diaye veut en quelque sorte faire de l’école privée une école publique-bis (sauf évidemment pour sa propre progéniture). Ah, mais ! On ne peut pas laisser l’écart continuer de se creuser entre la « bonne » et la « mauvaise » école. Comment comprendre que dans vingt ans on apprendra (peut-être !) l’arabe à l’école publique et qu’on pourrait y échapper dans le privé ?

  13. Tous les pays qui ont un bon système éducatif pratiquent la mixité sociale. Elle est indispensable, mais insuffisante pour redresser le système français. Il s’agit également de mettre un terme au collège unique, rétablir l’autorité des enseignants, élaborer des pratiques et des pédagogies efficaces. Cela passe par la fin du modèle jacobin de l’éducation nationale.

    1. « Tous les pays qui ont un bon système éducatif pratiquent la mixité sociale. »
      Euh non! Et mes petits enfants sont en privé (non confessionnel) dans un autre pays que la France, afin d’échapper à la mixité sociale et ainsi garder notre culture. Culture qui vaut ce qu’elle vaut mais est et restera la nôtre.

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