Quoi qu’en dise le pape François, vive les murs !

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« Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts » : reprenant, une fois encore, cette phrase, attribuée à Isaac Newton et à Saint-Exupéry, le pape François a déclaré, à Nicosie à Chypre, devant les migrants, souhaiter « une humanité sans murs de séparation avec non plus des étrangers mais seulement des citoyens ». Et le pape de promettre l’accueil prochain, à Rome, de cinquante citoyens du monde. Cette vision mondialiste a conforté celle d’Emmanuel Macron, venu lui rendre visite avant les élections. Qu’il soit permis de faire ici l’éloge du mur.

Pas de grandes civilisations sans murs. Murs cyclopéens, muraille de Chine, mur d’Hadrien, fortifications des châteaux forts, le mur a, pour vocation première, de protéger de l’ennemi. Ensuite, de délimiter un espace de liberté pour la vie en commun, avec ses maisons et ses édifices publics et religieux. Qu’est-ce qu’un « temple » sinon un espace sacré, séparé, enclos par des murs ? C’est ainsi que la France est reconnaissable à ses châteaux forts et à ses églises, et que les toits d’ardoise et de tuile romaines rendent visible le pays d’oïl et le pays d’oc. La frontière, enfin, cette limite virtuelle aux multiples sens, délimite l’espace de souveraineté d’un État, toujours lié à l’occupation, parfois controversée, d’un territoire, comme le montre le mur israélo-palestinien.

Certes, un mur peut être dressé, au propre et au figuré, contre la liberté : le mur de Berlin, le mur des cons. Celui de la haine. Mais c’est sur les murs que s’affichent, en premier, les appels à la liberté. A contrario, cette chenille de brouillard et de barbelés, à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne, prouve qu’à nier la réalité des peuples, on engendre la violence. L’absence des frontières fait, en effet, prospérer les réseaux mafieux du trafic et de la traite. Sans frontière, l’Europe se déchire.

Un pays, c’est donc une terre avec des frontières. Ce sont aussi des murs, intra-muros, avec du lierre et des passeroses. Un joli article de Catherine Stora, à lire sur Internet, passe en revue les expressions imagées du mot mur : au pied du mur, entre quatre murs, dos au mur. Si on peut être muré et raser les murs, on peut aussi faire le mur pour rejoindre sa belle. Sans frontières, les pays sont livrés aux flux migratoires et aux virus qui s’en jouent et, intra-muros, les esprits s’érodent, les courages s’affaissent, les âmes végètent. Connaissez-vous la restanque ? Ce mot provençal désigne un muret de retenue, dans le lit d’un torrent, pour lutter contre le glissement ou le déboisement des terres cultivées. Permettant l’atterrissement en amont, tout en laissant passer l’eau, la restanque rend une terre fertile.

Alors, pour bannir les barbelés mortifères, deux solutions : rétablir les frontières d’un État de droit où s’exerce la souveraineté d’un peuple et construire des restanques intérieures où pousseront les vignes d’un vin nouveau. La France est terre d’asile, non terrain de vagance. Le droit à migrer est une chimère dangereuse. Foin du royaume d’Utopie ! Vive les murs et les restanques !

Marie-Hélène Verdier
Marie-Hélène Verdier
Agrégée de Lettres Classiques

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