Quentin : l’impartialité du Syndicat de la magistrature en question

Nahel et Quentin : l’approche de l’organisation professionnelle dans ces deux affaires est bien différente.
justice

« Je jure de remplir mes fonctions avec indépendance, impartialité et humanité, de me comporter en tout comme un magistrat digne, intègre et loyal et de respecter le secret professionnel et celui des délibérations. » Tous les magistrats, lorsqu’ils prennent leur premier poste, prêtent serment en ces termes. Phrase cardinale qu'il convient de garder à l'esprit avant d'aller plus loin.

Ce mardi 24 février, le Syndicat de la magistrature a publié l'un de ses communiqués dont il a le secret. L’organisation professionnelle, qui s’était déjà illustrée dans l’affaire du mur des cons, se fait à nouveau remarquer, au lendemain de la mort de Quentin Deranque. Tout d’abord, le syndicat critique le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, qui « s’est à nouveau permis de s’exprimer dans une affaire en cours alors que sa fonction lui impose le silence ». Puis c’est au tour de Laurent Nuñez d’en prendre pour son grade, car il « s’est autorisé à établir des responsabilités, avant même la prise de parole du procureur de la République de Lyon, en violation du secret des investigations alors en cours ».

Incohérence

Si l’un et l’autre sont allés un peu vite en besogne, pourquoi ne pas le faire remarquer ? Ce ne sont pas ces deux rappels à l’ordre qui méritent notre attention, mais bien le fait que le Syndicat de la magistrature, qui appelle à l’exemplarité, ne semble pas lui-même exemplaire. En effet, alors que « les circonstances de cet événement d’une violence intolérable sont encore à déterminer par le travail d’enquête, sous la direction des juges d’instruction », l’union professionnelle ne prend pas le moindre gant lorsqu’il s’agit de traiter Quentin de « militant lié à l’extrême droite ». Il ne prend pas non plus de précautions lorsqu’il affirme que le jeune homme de 23 ans « est décédé à la suite d’un affrontement ».

Le syndicat, soit trahit le secret de l’instruction, soit livre une version des faits à l’emporte-pièce, passant sous silence l'odieux lynchage dont Quentin a été victime (six contre un !).

La suite du communiqué montre, en outre, que le Syndicat de la magistrature ne se contente pas de rendre justice mais fait de la politique, puisqu’il se pose en rempart contre « l’extrême droite ». Cela pose, d’ailleurs, la question de l’impartialité de ses membres dans cette affaire, précisément, puisque la victime est, selon le syndicat, liée à cette mouvance politique. Faut-il que les juges et autres membres du tribunal, qui auront la lourde tâche de statuer sur l’affaire Quentin Deranque, soient révoqués s’ils sont membres du Syndicat de la magistrature ?

Autre élément qui interroge sur l’impartialité des magistrats de cette organisation professionnelle : la différence de traitement accordée aux affaires Nahel et Quentin. Le 30 juin 2023, soit trois jours après la mort du jeune homme de 17 ans, le Syndicat de la magistrature, si prudent en ce début d’année 2026, publiait un communiqué dans lequel il dénonçait « cette rhétorique du "respect du travail de la justice", servie ad nauseam par le gouvernement, le chef de l’État, certains syndicats de police et tous les détracteurs habituels de l’indépendance de la justice [qui] ne sert qu’un objectif : celui de ne pas regarder en face la question systémique que soulève, une fois encore, la mort d’un adolescent d’un quartier populaire sous les balles de la police ».

Inconstance

Il posait ensuite la question suivante : « Comment ne pas analyser cette soudaine déférence à l’égard de la justice comme une instrumentalisation et une lamentable dérobade ? » Le deux poids deux mesures est flagrant et peut être encore plus à la lecture de cette dernière phrase à propos de la justice : « Elle doit combattre – et non se laisser emporter – ce réflexe de criminalisation des victimes complaisamment relayé par certains médias. » Dans un cas, il ne faut pas criminaliser la victime. Dans l’autre, cela ne semble pas poser de problème.

Enfin, en conclusion de ce communiqué de l’été 2023, le Syndicat de la magistrature appelait à entreprendre « des réformes profondes dans les pratiques policières et judiciaires, seule voie pour restaurer la confiance des citoyens dans leur police et leur justice ». Comment les citoyens pourraient-ils avoir confiance en la justice quand certains de ses membres sont à ce point militants ?

Vos commentaires

49 commentaires

  1. Avec cette justice qui aurait fait son travail comme il le devrai et qui vie sur l’argent public, Nahel serait encore en vie et le policier en toute liberté comme il le devrait être encore a présent. Nahel serait en vie en prison mais en vie, la justice devrait rester un peut plus discrète.
    Le chef d’état qui donne les responsabilités quelques heures après ce drame porte une fois de plus une grande responsabilité, la justice semble l’oublier.
    Le syndicat de la justice bien connu par ses idées politiques se pose en rempart contre l’extrême droite, heureusement dans un sens car la majorité de la population est bien connu pour être de droite mal appelé extrême.
    Quentin: d’extrême droite, l’association Mélisis: d’extrême droite on attend toujours la moindre preuve, la justice et la gauche nous l’assurent, Ah bon alors … laissez nous en douter.
    Un jour ils risque d’en prendre les conséquences.

  2. Rebelote : ils sont censés juger au « nom du peule français », c’est de l’escroquerie!
    Ils jugent en leur nom propre, pas en mon nom.
    Dissolution (mode à la mode) de TOUS les syndicats de magistrats, éconocroques à la clef, fin des privilèges des petits seigneurs intouchables.

  3. L’irresponsabilité mène à toutes les dérives.
    Tout leur est permis puisque pas de sanction.

  4. Il y a bien longtemps que l’impartialité de la magistrature ne se pose même plus.
    L’affaire Sarkosy en fut le parfait exemple !
    Non contente d’avoir annulé les comptes de campagne de Sarko la justice s’est désespérément acharnée sur l’un de ses ministres Eric Woerth pour une vague histoire de vente de terrain de l’hippodrome de Compiègne… Après moults rebondissements l’affaire a fait pschitt lamentablement !
    A nouveau ce qui s’appelle la justice s’est acharnée des années sur Sarko, pour finir par le condamner et emprisonner sous le fallacieux prétexte d’ « association de malfaiteur » , celle là on ne nous l’avait jamais faite !
    S’il fallait emprisonner sous ce prétexte, c’est la moitié de la population marseillaise qu’il faudrait embastiller.
    L’affaire Le Pen aussi est un bon exemple, pour le même délit (et d’autres peut-être plus graves) le mou Bayrou a à peine été inquiété et sera probablement « oublié » dans quelques décennies.
    Que l’on arrête de nous bassiner avec ces fadaises d’impartialité de notre justice, si ce terme a encore un sens dans un pays où les racailles sur-condamnées se balladent en liberté alors que pour des peccadilles inventées on inculpe certains politiques du mauvais coté de l’échiquier…

  5. Problèmes ; Les magistrats sont des hommes et des femmes et pas des saints ou des saintes !!Alors Ils peuvent faire des serments mais ils restent des humains avec leurs faiblesses et travers !!

  6. Quand a eu connaissance du mur des cons, il fallait simplement virer quelques magistrats pour remettre les choses dans l’ordre si c’était possible.

  7. Un serment d’hypocrite, lorsque de futurs magistrats chauffés au rouge vif par leurs instructeurs, jurent la main droite posée moralement sur la harangue de Baudot. Comment peut on être impartial en adhérant à des idéologies extrêmes ? Les magistrats devraient être soumis aux mêmes règles de loyauté que les militaires.

  8. La quedtion ne se pose pas, le SM est partial. On le sait ouvertement depuis le mur des cons et à l’aune de toutes ses déclarations et appels à voter.
    La seule question qui se pose c’est pourquoi les magistrats ont-ils le droit d’être syndiqués ? Être syndiqué c’est avoir une lecture politique de son métier. C’est totalement aberrant.
    Donc 1ère réforme : supprimer le droit de syndicalisme des magistrats.

    • Tant que ce syndicat ssera composé de gauchiste aucune chance d’avoir en France une véritable justice.
      Imaginez Quentin exécuté par des membres du RN.
      Ces gens doivent êtres demis de leur fonction et on doit changer le système.
      Les futurs magistrats doivent être des élus du peuple et être sanctionnés en cas de défaillances et manque d’impartialité.
      Aujourd’hui, par leurs négligences, leur sectarisme, se sont des criminels en puissance

  9. Pour commencer, ce syndicat devrait être dissout et ses adhérents révoqués.
    Ensuite, les juges devraient être rendus responsables et condamnables en cas de jugements partiaux, notamment lorsqu’il est évident que leurs décisions sont de toute évidence influencées par leur sensibilités politiques.

  10. il faut dissoudre et interdire ce syndicat qui n’a rien a faire dans une fonction comme celle là (et tous les autres).
    ce n’est pas leur rôle et l’idéologie n’a rien a faire dans un tribunal ! il n’y a que la loi et rien que la loi et la même pour tous

  11. Il semble bien que ce serment prêté par les magistrats qui prennent leur fonction n’est plus le même sens aujourd’hui eu égard à ce syndicat de la magistrature rouge. Les militaires corporation à
    part, n’ont pas de syndicat, les magistrats corporation à part en ont un qui décolore les couleurs de leur robe de justice. Le chef d’œuvre de ce syndicat étant un mur des cons. Est ce bien sérieux ?

  12. Il faut instituer des jurys populaires dès la correctionnelle. Trop de crimes sont « requalifiés » en délits par une magistrature servile (statistiques obligent) et/ou une magistrature gauchiste qui veut pouvoir contrôler les jugements en laissant les seuls juges professionnels intervenir, chose que permet la correctionnelle mais que ne permettent pas les assises.
    Il faut également supprimer les magistrats professionnels des jurys. Ils profitent de leur expertise pour influencer, à la baisse, sur le quantum de peines qui auraient été bien plus sévères s’ils n’avaient pas été là.

  13. Des juges fonctionnaires et inamovibles, cela ne devrait pas exister en démocratie.
    Dans une vraie démocratie, les juges doivent être élus par le peuple qui apprécie ou non leur bilan à la fin de chaque mandat.

    • Quand on voit que Macron vient de nommer Amélie de Montchalin (40 ans) à la tête de la Cour des Comptes, poste inamovible (sic) qu’elle pourra occuper jusqu’à l’âge de 68 ans !!!!!!
      PS. (c’est le cas de le dire…. lol) Amélie présidente de la cour des comptes, contrôlera le budget de Montchalin ministre du budget…
      Et tout est comme ça en France ! Youpie !

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