Michael Bublé, le crooner du pape

Michael Bublé sortira, le 24 avril prochain, un double album enregistré en concert, Caught In The Act. Il ne serait pas chrétien de passer à côté.
Capture d'écran YT
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Il n’aura pas échappé, même au plus distrait de nos lecteurs, que la grande musique populaire n’est plus ce qu’elle fut. Certes, on peut toujours se consoler avec Céline Dion (chacun ses goûts, après tout). Mais ceux du nouveau pape semblent autrement plus sûrs, ayant invité, le 6 décembre dernier, le crooner Michael Bublé, à l’occasion du Concert pour les pauvres, destiné à mettre un peu de joie dans le cœur des plus nécessiteux. À l'en croire, « c’était le plus beau jour de ma carrière ! »

Certes, il n’était pas question que l’artiste interprète le Sex Machine de James Brown en une telle enceinte. On ne jette pas sa calotte sur scène comme les groupies leurs culottes ; un peu de tenue, que diable ! C’est pourquoi le successeur de saint Pierre a-t-il accordé une attention particulière aux chansons qui allaient être jouées, demandant que l’Ave Maria de Schubert soit de la partie. Exigence à laquelle Michael Bublé s’est aussitôt plié : « Je ne l’ai interprété qu’une seule fois, en studio, avec un orchestre à cordes. Alors, quand il l’a demandé, j’ai été un peu stressé ! Mais maintenant, il n’y a plus de peur, simplement de la joie. » Alléluia !

Le pape fan de Nat King Cole…

Et la divine mayonnaise prend, tel qu’en témoigne cette vidéo montrant le pape battre des doigts en mesure sur le L-O-V-E de Nat King Cole tout en en fredonnant les paroles. Il est vrai que pour ce pontife américain, le grand Cole fait partie intégrante de sa culture, avant même celle du séminaire et de son premier bréviaire. Tout comme l’Ave Maria en question, que Bublé interprète, manifestement pétri de trac, annonçant donc au troupeau et à son berger que c’est la seconde fois qu’il rend hommage à l’hymne marial, assurant qu’il y mettra le meilleur de lui-même. Et hop, direct dans le grand bain ! Michael Bublé chante les mains jointes. On sent bien qu’il n’a plus un poil de sec. Et là, ce n’est pas que son cœur, qu’il déballe sur scène, mais son âme aussi. La dernière note jouée, Léon XIV applaudit, tout sourire. Chapeau ! Il fallait le faire. Il l’a fait. Et le pape de rendre hommage à la magie de la musique, « ce don de Dieu qui fait le lien entre les hommes et Dieu, entre la Terre et le Ciel », devant un Michael Bublé aux yeux plus que mouillés.

 

Michael Bublé, un artiste d’exception…

Mais au fait, qui est ce drôle de paroissien ? Né le 9 septembre 1975 à Burnaby, au Canada, il est d’origine italienne, nationalité qu’il fait entièrement sienne en 2005. Ne cherchez pas côté vie privée, le crooner n’est pas le meilleur client de la presse people, étant marié depuis 2011 et élevant ses quatre enfants loin des feux de la rampe. Pas d’addictions, pas de maîtresses, réelles ou présumées, pas de frasques, pas de turpitudes et encore moins de déclarations politiques inconsidérées : bref, c’est Waterloo morne plaine, côté cour. Côté rue, en revanche, c’est du lourd. En effet, qui peut se permettre de reprendre du Frank Sinatra sans sombrer dans le ridicule ? Robbie Williams, le clown pathétique du boy’s band anglais Take That, s’y est risqué, le temps d’un album. Mais, manifestement, le chapeau de Frankie était un peu trop grand pour sa petite tête vide. Michael Bublé, lui, s’y est à plusieurs fois risqué avec succès. Et pourquoi cela fonctionne-t-il avec lui ? Tout simplement parce que la voix y est et que la crâne nonchalance de son illustre modèle se trouve au rendez-vous. Mieux : plutôt que de copier ces standards immortels, il les réinvente à sa sauce, se les approprie. Ce qui est vrai pour I’ve Got You Under My Skin ou I Get a Kick Out of You, immortalisés par le même Frank Sinatra, l’est aussi pour d’autres hymnes pop. : Heartache Tonight des Eagles, Can’t Buy Me Love des Beatles. Là est son talent : faire du neuf avec de l’ancien. Vu de la sorte, voilà qui semble simple, mais non.

Quand Léon XIV évoque « un don de Dieu », il parle d’or. En attendant, Michael Bublé sortira, le 24 avril prochain, un double album enregistré en concert, Caught in the Act. Il ne serait pas chrétien de passer à côté.

 

Et voilà l’intégralité du concert en question. Bande de petits veinards !

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Nicolas Gauthier
Journaliste à BV, écrivain

Vos commentaires

6 commentaires

  1. M. Gauthier, je vous trouve un peu sévère envers Robbie Williams, il a sorti il y a une douzaine d’années, un album de reprises de standards de la chanson jazz « Swing when you’re winning » de très bonne facture, où il reprend, notamment, Mack the knife, Have you met Mis Jones. Morceaux également repris par Michael Bublé au cours de ses tournées, et je suis bien en mal de dire lesquelles des versions je préfère. Le mérite est d’autant plus grand pour R. Williams que ce n’est pas son répertoire d’origine, au contraire de M. Bublé, crooner émérite. Vous l’aurez compris j’apprécie ces deux artistes.

  2. Une fois de plus, merci Nicolas Gauthier. Il y a déjà longtemps que Michael Bublé est entré dans le cercle très fermé des « très-grands ». Ce n’est pas ce sublime concert qui le poussera vers la sortie. Le pape n’y est pas pour grand-chose. mais c’est bien ainsi.

  3. Moi, je n(ai pas attendu qu’il chante pour le pape, pour apprécier Michael Bublé. Il est dommage que l’auteur de cet article se sente obligé de dire du mal d’un autre chanteur pour faire ressortir l’admiration qu’il porte au chanteur papal.

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