Découvrez les surprises de la sélection du Loto du Patrimoine 2026

Des édifices royaux et chrétiens aux sites les plus inattendus, cette promotion 2026 réserve bien des surprises.
Le couvent Saint-François d'Orezza en Corse (capture d'écran X)
Le couvent Saint-François d'Orezza en Corse (capture d'écran X)

La Fondation du patrimoine et la Mission Patrimoine portée par Stéphane Bern ont dévoilé le 14 avril les 18 sites emblématiques retenus pour la neuvième édition du Loto du patrimoine. Comme chaque année, un monument par région de métropole et d’outre-mer bénéficie d’une mise en avant afin qu’une aide financière lui soit octroyée pour sa sauvegarde. L’édition 2026 illustre toutefois la diversité des héritages qui composent la France d’aujourd’hui, allant du château médiéval à l’usine sucrière, du fort maritime à la synagogue en passant même par la mosquée.

Châteaux et forts

Parmi l’ensemble des monuments sélectionnés, une place majeure a été accordée à d’anciennes places fortes défensives et seigneuriales. Parmi eux figurent ainsi le château royal de Senlis, dans l’Oise, où Hugues Capet fut élu roi de France par les Grands du royaume en 987, ou encore le château de Paley, en Seine-et-Marne, bâti sur des fondations remontant à l’Antiquité même. Plus loin, en Normandie, le château de Médavy, élevé au XVIIIe siècle, n’a pas volé sa place dans cette liste en raison du terrible incendie dont il a été victime en septembre 2025, obligeant à des travaux de restauration vertigineux.

 

Dans les Alpes, se dresse le Fort Queyras, renforcé par Vauban au XVIIe siècle et dominant depuis des siècles les vallées des Hautes-Alpes. Enfin, le Fort Boyard, fragilisé par la mer et le temps, fait déjà l’objet d’un vaste chantier estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros, mais a encore besoin d’un appui supplémentaire afin de sauvegarder ce site voulu par Napoléon Ier.

Églises et couvents en danger

Le patrimoine chrétien reste également fortement représenté dans cette sélection, et non sans raison. En effet, en Bretagne, la chapelle Notre-Dame du Kreisker à Saint-Pol-de-Léon, dont la flèche culmine à près de 78 mètres de hauteur, souffre de l’humidité qui ronge ses voûtes séculaires. En Corse, les ruines du couvent Saint-François d’Orezza, fondé au XVe siècle et abandonné à la Libération, nécessitent elles aussi des travaux afin de protéger ce site remarquable caché dans les montagnes par une nature plutôt envahissante.

 

De l’autre côté de l’océan Atlantique, en Martinique, l’église Notre-Dame-de-la-Visitation du Gros-Morne, construite en 1743, est fermée depuis 2016 et nécessite également une restauration lourde après avoir été fragilisé par un séisme en 2009.

Une mosquée et une synagogue

L’un des faits marquants de la promotion 2026 est la présence d’une mosquée. Cette dernière, dite d’Antana-Bé, est située à Chirongui, à Mayotte, et témoigne de l’histoire des habitants de l’île, appartenant autrefois à un sultanat musulman fondé au XVe siècle. D’apparence plus que modeste, cette mosquée date pourtant de 1930 et a souffert du cyclone Chido en 2024, qui a ravagé Mayotte.

À ses côtés, un autre édifice religieux, autre témoin de la présence des trois grandes religions monothéistes en France, rejoint cette liste : la synagogue de Phalsbourg, en Moselle. Construite en 1857, elle est inoccupée depuis plusieurs années et fait l’objet d’un chantier de près de 3,5 millions d’euros qui devrait s’achever en 2027.

Des trésors insolites

Plusieurs autres sites montrent que notre héritage ne se résume pas seulement à de grandes demeures et à des édifices aux flèches montant vers le ciel comme des prières. En effet, on retrouve dans la sélection de la Mission Bern, quelques trésors insolites de notre passé, tel que la mystérieuse source de la Fosse Dionne à Tonnerre, dans l’Yonne, connue depuis l’Antiquité et entourée d’un magnifique lavoir du XVIIIe siècle. Un autre édifice lié à l’eau, les Grands Thermes de Châtel-Guyon, rappelant l’âge d’or du thermalisme, est également présent en raison de ses dégradations depuis sa fermeture en 2004

Le patrimoine industriel, agricole et artisanal n’est pas en reste avec la présence du corps de ferme du château de la Valette, en Mayenne, ou encore de la Manufacture royale de Montolieu, dans l’Aude, construite en 1734 et ayant fourni maints tissus à l’Ancien Régime puis à l’Empire. Cette mémoire remise en valeur est également présente outre-mer avec l’usine de Beaufonds à Saint-Benoît, à La Réunion, et le moulin de l’habitation Loyola en Guyane, témoins de l’histoire économique de nos territoires. Cette dernière est parfois racontée par des historiens, dont les anciennes demeures méritent également d’être sauvegardées, comme celle de l’historien Lacour à Basse-Terre en Guadeloupe.

Enfin, comment mieux rendre hommage à notre culture qu’en restaurant l’une de ses maisons, située à Bourges et voulue par André Malraux, qui incarne au passage le patrimoine architectural du XXe siècle.

 

Ainsi, des pierres silencieuses des édifices royaux aux salles parfois sans toit de nos anciennes manufactures, des sanctuaires chrétiens de la France aux édifices les plus inattendus, cette liste 2026 dessine une France qui continue à honorer son passé en préservant son héritage patrimonial.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur à BV, licence d'histoire-patrimoine, master d'histoire de l'art

Vos commentaires

2 commentaires

  1. Mieux vaut financer ce patrimoine.
    Que de jetter le pognon par la fenêtre via l’agence française pour le développement.
    Qui dépense 200.000 pour rénover le palais du roi éthiopien a Addis-Abeba.
    Palais qui n’intéresse pas les français.
    Vu que l’Éthiopie fut une colonie italienne

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