Québec : ouverture de la chasse à l’extrême droite ?

Mine de rien, c’est qu’il s’en passe de belles, dans la province du même nom. Au pouvoir depuis 2003, le Parti libéral du Québec, de centre gauche, commencerait-il à douter ? Certes, il a dû brièvement céder la conduite des affaires durant quelques mois, en 2012-2013, à son traditionnel rival, le Parti québécois, de centre droit ; mais là, il semble y avoir péril en la cabane en rondins.

La preuve en est que Philippe Couillard, patron du Parti libéral du Québec, et Premier ministre de l’une des plus importantes provinces du Canada, en appelle à la mobilisation générale devant « l’extrême droite ». Quelle imagination ! « L’extrême droite » en question, c’est le CAQ, pour Coalition Avenir Québec, dirigée par François Legault. De son côté, Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de Québec solidaire, mouvement d’extrême gauche, n’hésite pas à stigmatiser « l’exagération » de Philippe Couillard. Bref, un caribou n’y retrouverait pas ses petits, sachant que Coalition Avenir Québec se situe juste à la droite du centre droit du Parti québécois.

Ce qui n’empêche pas le même Philippe Couillard de s’alarmer au moins de deux dangers majeurs. Le premier consiste en ces sondages qui donneraient le CAQ vainqueur aux élections de l’automne prochain. Le second ? Une telle victoire « ternirait l’image du Québec à l’étranger ». Tabernacle !

Plus sérieusement, voilà qui résume cet actuel syndrome à cause duquel l’antiracisme d’État finit par aboutir à une société de plus en plus racialiste, puisque se mordant la queue en racisant tous les problèmes et en affirmant en même temps que les races n’existent pas. Si la part faite aux minorités ethniques est plus que belle, l’électorat de souche est encore majoritaire ; jusqu’en 2033, à en croire certaines projections démographiques. Une sorte de mal nécessaire, en quelque sorte. Et c’est précisément cet électorat que les Libéraux sont en train de s’aliéner, à force d’accorder ses largesses à ces mêmes minorités étrangères. Pour autant, la Coalition Avenir Québec ne propose rien de très révolutionnaire, se contentant seulement de vouloir réguler une immigration devenue massive afin « de mieux l’intégrer ».

D’ailleurs, on notera qu’en 2016, lors de sa visite au Canada, Marine Le Pen avait été snobée par l’ensemble de la classe politique, élus du CAQ y compris. D’où cette déclaration de la candidate à l’élection présidentielle : « Je suis en quelque sorte le symbole de tout ce à quoi ils se sont soumis, de tout ce qu’ils ont renié dans le combat pour l’identité, pour la souveraineté. Alors, ils n’aiment pas beaucoup être mis face à ce miroir, à cette réalité. C’est peut-être pour ça qu’ils cherchent à me fuir. »

Assez logiquement, c’est aujourd’hui au tour de The Economist, journal américain, sorte de bible des milieux d’affaires, d’entrer dans la danse, tel que révélé par la journaliste Denise Bombardier, du Journal de Montréal : « Ce magazine, fleuron du journalisme économique conservateur et mondialiste, range François Legault dans le camp des leaders populistes à la Marine Le Pen en France, Viktor Orban en Hongrie. »

Et “la référence absolue des mondialistes et de la haute finance internationale” de s’inviter donc de force dans la campagne, toujours à en croire la même source : “The Economist apporte sur un plateau d’argent des arguments au PLQ dans la campagne électorale qui s’amorce. Car la CAQ s’appuie sur le nationalisme culturel, ce qui suppose un retour au passé.” Ce que The Economist appelle “le nativisme”, qu’il définit comme « la défense des intérêts nationaux, des revendications identitaires des Québécois et la primauté des droits de la majorité francophone, éléments clés du nationalisme de François Legault, sont diabolisées par tous les multiculturalistes de la planète ».

Vive le Québec libre ?

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