« Passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est une volupté de fin gourmet. » Il est donc fort probable que les associations sachent gré à ce blog d’extrême gauche de se faire traiter d’« idéologiques » en raison de leur combat en faveur de l’inclusion des personnes handicapées et, avant cela, pour leur droit de naître. En cause, donc, le blog Bastamag qui publie, le 13 juillet, un papier intitulé « Derrière le Café Joyeux, la galaxie catholique réactionnaire ». Mis au pilori, des associations soutenues par le Fonds de dotation Émeraude Solidaire : Enfants du Mékong, la fondation Jérôme-Lejeune, la fondation Espérance Banlieues. Et c’est là que cela devient drôle de la part de ceux qui se battent contre les amalgames, on y lit que certains seraient même « proches » de la Manif pour Tous ou d’Alliance VITA… Or, « l’expression “proche de” n’explicite pas le rapport de proximité, c’est un mécanisme de diabolisation facile» nous enseigne la spécialiste du langage médiatique Ingrid Riocreux.

« La question spécifique du handicap n’est pas neutre chez les catholiques conservateurs », lit-on dans l’article. Le choix des mots non plus en écriture journalistique. La dignité de toute vie humaine est défendue par l’Église. L’usage du mot « conservateur » est tellement usuel lorsque l’on veut jeter l’opprobre sur son adversaire que cela en manquerait presque d’inventivité. Si cette journaliste semble devenue incollable sur les dangereux catholiques réactionnaires, peut-être aurait-elle pu pousser son enquête jusqu’à interroger des sages-femmes ou des obstétriciens ? Elle aurait sans doute appris que les couples refusant d’avorter un enfant porteur de handicap sont effectivement souvent animés de convictions religieuses, mais pas uniquement catholiques ! Dans le Coran, Allah demande de respecter la vie et précise que les enfants sont une bénédiction et que tout ce qui existe provient d’une volonté divine. Mais cela, l’islamo-gauchisme ne s’en vante pas. S’agit-il donc, pour Bastamag, de mener un vrai travail d’investigation journalistique ou de rédiger un papier à charge contre ceux dont il est tellement médiatiquement correct de critiquer les valeurs ?

Pourquoi cette journaliste écoféministe (l’écologie est tendance, sauf quand elle est intégrale, manifestement), ex-zadiste à Notre-Dame-des-Landes et qui se définit elle-même comme une « femme cisgenre blanche, éduquée et valide » pour marquer ses positions de domination, s’attaque-t-elle si farouchement aux catholiques en général et au en particulier ? Est-ce parce que Ouest-France titrait, à son sujet, « Un message de tolérance et de vivre ensemble » ? Est-ce là que le bât blesse ? L’extrême gauche aurait-elle peur que ses militants tombent sous le charme d’une belle initiative, mais pas portée par elle ?

En creusant un peu, l’on découvre que derrière cette dite enquête se cache le Collectif lutte et handicaps pour l’égalité et l’émancipation (CLHEE), à l’origine de ce sujet. Ce même collectif avertit « avant d’être en pâmoison devant ce d’initiatives et de donner notre argent à ces individus qui s’en servent ensuite pour communiquer et militer leur sexisme, leur racisme, leur homophobie, et autres valeurs réactionnaires crades ». L’on cherchera donc l’honnêteté intellectuelle de ces gens pour qui défendre la personne porteuse de handicap n’est pas compatible avec le combat en faveur des personnes les plus fragiles, lorsqu’il s’agit de dénoncer la traque des embryons anormaux ou la marchandisation du corps de la femme. S’opposer aux pratiques de gestation pour autrui étant assimilé à de l’homophobie, cela devient compliqué pour eux, on veut bien les croire !

Enfin, et c’est intéressant, le CLHEE revendique l’inscription de son militantisme dans l’ensemble des luttes d’émancipation : « Notre combat est par conséquent et nécessairement féministe, antiraciste, anticapitaliste, anti-impérialiste, anticolonialiste et internationaliste. »

Dites-donc, les amis, face à autant « d’anti », on vous le sert comment, votre café ? Joyeux ?

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