Pour une raison que l’automobiliste ignore, l’équipe municipale de la capitale voue un véritable culte au vélo. L’objet est vénéré, élevé au rang de divinité écologique. ne peut passer devant un Vélib’ sans se signer : « Saint , protégez-moi du diesel. »

Dans ce contexte mystico-maniaque, les pistes cyclables ont été classées « lieux sacrés ». Une seule roue de voiture sur cet espace et ce sont trois bobos qui s’effondrent de chagrin. Des dépressions en chaîne (de vélo) et autres calamités. Pour éviter que de tels drames ne se reproduisent, il est apparu urgent, pour distinguer davantage ces couloirs du reste du monde, de les enduire d’une épaisse couche d’un produit de couleur verte (une pâte préparée dans un chaudron par Anne Hidalgo. Recette top secret).

À titre de test, des savants fous de l’asphalte vinrent étaler la mixture sur deux pistes cyclables qui n’avaient rien demandé. Et roulez bobos ! Quelques semaines plus tard, utilisateurs et décideurs constatent avec effroi que le revêtement présente déjà quelques signes de dégradation. La couleur verte tend à s’effacer. La prairie disparaît. À raison de 125.000 euros du kilomètre… ¡Caramba! Le nouvel adjoint en charge des transports à la mairie le concède : « Il faudra sans doute tester d’autres revêtements avant de trouver le plus résistant. » Retour aux fourneaux d’Anne Hidalgo. Tout repenser, touiller, mixer…

Par ailleurs, le produit choisi pour son « très bon niveau d’adhérence » s’avère « glissant lorsqu’il pleut », affirme un cycliste. Construire un toit ? Des cloisons ? Inaugurer une formule « tunnel à vélos » ? Non. La mairie étalera encore et encore diverses peintures avant de trouver LA formule magique qui tient sur la route et fait adhérer le bicycle… De la colle, peut-être ? Du guacamole ? Des alchimistes seront appelés à la rescousse si nécessaire.

Dans l’hypothèse d’un verdissement des 1.000 km de couloirs de l’agglomération, le coût de l’opération s’élèverait à 125 millions d’euros. Spectacle distrayant des essais de peinture offert gracieusement aux automobilistes. Comment se plaindre des bouchons, dans ces conditions ?

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