Dans mon billet intitulé « Climat : quand les experts se contredisent », paru en juin sur Boulevard Voltaire, je vous faisais part de la sortie de l’article du géophysicien Pascal Richet, dans la revue History of Geo- and Space Sciences (HGSS), dans lequel il démontre à partir de carottes de glace prélevées à Vostok que ce sont les cycles astronomiques dits de Milankovitch qui sont à l’origine des variations de température de l’atmosphère, les teneurs en gaz CO2 et CH4 n’exerçant qu’une action mineure sur ces températures, contrairement à ce que l’on nous raconte tous les jours.

Mon billet se terminait par un post-scriptum indiquant que l’article avait été revu et approuvé par des pairs (quatre au total) selon la procédure en vigueur pour les publications scientifiques, accepté le 11 avril et publié le 26 mai, mais que, faits exceptionnels, l’éditeur Copernicus venait d’en interdire l’accès et décidait de procéder à un examen post-publication. Ces faits faisaient suite à de fortes pressions pour le faire censurer.

En d’autres temps, les contradicteurs auraient proposé un article pour réfuter les arguments de Pascal Richet. Mais cela semble impossible à nos « climatologues officiels », démontrant ainsi le triste état de leur science. Ceux-ci ont, en effet, court-circuité le rédacteur en chef de HGSS pour protester énergiquement auprès du directeur administratif de Copernicus en exigeant même la communication des rapports des relecteurs de l’article, qui sont en réalité confidentiels, et en accusant l’auteur et le rédacteur associé d’être des climate-denialiste, l’utilisation de « négationniste » étant désormais condamnable.

Chose incroyable, il est alors apparu que le même groupe était parvenu à bloquer la publication d’une version plus courte de cet article précédemment soumise à la revue Chemical Geology, en intervenant de la même façon auprès de son directeur administratif, cette fois-ci au cours du processus d’évaluation.

La réputation de Copernicus a même fait l’objet de menaces voilées. Toujours est-il qu’un réexamen de l’article par six autres scientifiques a été très vite lancé. Près de trois mois après, les résultats n’en ont toujours pas été communiqués. Entre-temps l’article a été affublé d’un avertissement afin que personne ne se brûle les yeux en le lisant !

Pascal Richet a dû se faire aider d’un avocat afin de faire valoir son droit de réponse à des critiques passablement surprenantes : l’une d’entre elles implique, par exemple, que nul travail ne pourrait être effectué en climatologie en dehors de quelques laboratoires habilités à cet effet…

L’ironie de l’histoire est que la procédure en cours n’a pas empêché cet article d’être largement diffusé et, selon Gary Couples, professeur de géomécanique à l’ Heriot-Watt d’Edinburgh, il représente « une publication qui sera citée pendant longtemps comme un événement majeur en science ».

 

Référence: https://hgss.copernicus.org/articles/12/97/2021/

3 septembre 2021

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