À force d’être en manque de candidats pour la prochaine élection présidentielle, Les Républicains pourraient bien connaître le trop-plein, tel qu’en témoigne l’arrivée en lice de .

En juillet, l’ancien garde des Sceaux affirmait déjà, au Parisien, entendre « jouer un rôle » en . Certes, ajoutait-elle, « ce sera à ma famille politique de choisir un candidat », mais en assurant « participer à cet engagement majeur ». C’est-à-dire que même si elle se trouvait défaite, au moins faudrait-il faire avec elle.

Avec l’entretien récemment accordé au quotidien anglais The Times, Rachida Dati prend encore moins de gants : « Je me suis toujours battue pour notre modèle républicain. Aujourd’hui, il n’est pas en danger, il est en train d’exploser. Et beaucoup regardent ailleurs. Ce combat, je le mènerai quoi qu’il arrive. » Et pan sur le bec d’un François Baroin qui se fait désirer et d’un Xavier Bertrand qui, lui, aurait tendance à se faire attendre ; même si, concède-t-elle, c’est ce dernier qui « a le plus faim ».

Et d’en remettre une couche à propos des deux timides en question : « À la présidentielle, il n’y a pas de place pour les hésitations. » Il est vrai que Rachida Dati – la question est l’objet d’un large consensus – n’est pas du genre à « hésiter ». Chez elle, c’est même devenu une marque de fabrique.

Citée par Le Figaro de ce lundi 28 septembre, une de ses proches se charge ainsi de clarifier plus encore les choses à destination de ceux qui seraient passablement lents à la comprenette : « Rachida Dati voit l’état d’une France à terre, un pays avec un pouvoir toujours plus confisqué par les élites. C’est l’histoire de sa vie d’avoir fait sauter les plafonds et les déterminismes. »

Son positionnement politique sera donc populiste juste ce qu’il faut, visant à demeurer lepéno-compatible, le cas échéant ; tandis que l’exemple édifiant de sa vie et de son irrésistible ascension devraient, à l’entendre, faire le reste. Après tout, pourquoi pas : c’est bien la seule qui a pu tenir tête à Anne Hidalgo – peut-être elle aussi future candidate à l’Élysée – aux dernières élections municipales à .

Bref, dans la capitale, comme dans son parti, Rachida Dati est en passe de devenir incontournable. Contre vents et marées, elle a démontré sa constance ; au contraire, par exemple, d’une Nathalie Kosciusko-Morizet, naguère chouchoute des médias, mais qui a raccroché les gants à la première contrariété.

Selon elle, sa possible candidature inquiéterait le « système ». La preuve par les noises que vient lui chercher la Justice dans une affaire dont, on imagine, elle se serait bien passée. Car à propos de « pouvoir confisqué par les élites », les 900.000 euros que lui aurait versés, depuis 2010, la filiale néerlandaise de Renault-Nissan font un peu désordre dans le « storytelling » de la valeureuse enfant des cités s’étant hissée aux plus hautes fonctions à la seule force conjointe du poignet et de la volonté.

Pis : à en croire Le Monde, qui a levé le lièvre, « les juges soupçonnent un emploi de complaisance et des faits pouvant relever du trafic d’influence et de la corruption passive ». Sans aller jusqu’à crier au « complot », Rachida Dati estime que le ministère de l’Intérieur pourrait « peut-être » se trouver à l’initiative de cette mise en cause tout en clamant son innocence, ce qui n’engage jamais à grand-chose.

À propos de Paris, Anne Hidalgo promet qu’on pourra se baigner dans la Seine d’ici 2024. Qu’on puisse faire de même dans le marigot politique paraît déjà nettement moins probable.

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